Les agriculteurs vont bloquer le réseau d'approvisionnement

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Voilà pourquoi il y a une pandémie inopinée et pourquoi une loi martiale va être instaurée dans tous les pays. La colère gronde dans le monde entier. Les gens sont acculés à la misère. Il y a des manifs aux Etats-Unis tous les jours parce que tous les jours des dizaines de milliers de personnes sont jetées à la rue. La France ne sera pas épargnée par cette onde de rébellion. On ne peut plus vivre. Point.  






Les exploitants agricoles à marges de revanche


Les agriculteurs vont bloquer le réseau d'approvisionnement des grandes surfaces pour dénoncer les marges de la grande distribution.

Depuis quelques jours dans l’Ouest, et depuis hier soir sur une trentaine de sites partout en France, les chariots de la colère s’amoncellent aux abords des plateformes d’approvisionnement de la grande distribution. A l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), les producteurs veulent frapper fort et dénoncer les marges réalisées par les grandes surfaces.


Promesse.


Cette marge nette, le bénéfice, c’est ce qu’il reste au distributeur après rétribution du fournisseur, paiement du personnel, sans parler des frais de structures, de logistique et de conditionnement des produits : 2 % seulement ? «On est sur des moyennes anonymes, sur des indicateurs de synthèse, regrette Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.
Il faut mettre les gendarmes de la concurrence dans les rayons de la grande distribution, demander des factures et relever les marges abusives produit par produit.»


Un rôle - normalement - dévolu à l’Observatoire des prix et des marges, mis en place début 2008, mais qui s’est limité jusqu’à présent à relever les prix en grandes surfaces. Et tente de détailler les différentes marges dans la filière porcine. Il en réunissait, hier, les différents acteurs pour la troisième fois. Pour un bilan encore très maigre : la promesse de se revoir.


«On a l’impression d’être trimbalé par la distribution,

regrette Jacques Lemaître, représentant des producteurs de porc. On est payé 1,30 euro/kilo à la production. Lorsqu’il sort de l’abattoir, le porc passe à 2,50 euros/kilo. Puis à 4,50 euros/kilo au sortir des transformateurs. Et se retrouve à 8 ou 10 euros dans les linéaires des supermarchés. La distribution se fait 40 % de marge brute. Et ils parlent de 2 % de marge nette ?» Pour prouver leur bonne foi, les distributeurs ont sorti les comptes du jambon à la découpe, pas en rayon. «Or, cela ne représente que 5 % à 6 % des volumes vendus, fustige Lemaître. On veut des chiffres sur les produits en libre-service.»


Représailles.

Des distributeurs qui ont leur propre centrale d’achat… «507 000 exploitations agricoles, 11 500 industries dont 90 % de PME, et, en face, seulement 7 centrales d’achat», relève un rapport du Conseil économique, social et environnemental. Des distributeurs, qui en rajoutent, dénonce Jean-Paul Charié, député UMP et président de la commission d’examen des pratiques commerciales : «Ils doublent leurs marges nettes en demandant entre 2 % et 5 % du chiffre d’affaires de leurs fournisseurs sur des comptes à l’étranger. Ils facturent des pénalités pour retard de livraison et imposent des exclusivités à leurs fournisseurs.»


Peu de plaintes en retour, de peur de représailles commerciales. Sauf exception.

Ainsi, en mai, la Fédération des producteurs de légumes (FNPL) a réussi à faire condamner la société Interdis (groupe Carrefour), qui «exigeait 1 % de ristourne supplémentaire à ses fournisseurs, sans aucune contrepartie, et sous peine de ne plus les référencer», rappelle Angélique Delahaye, présidente de la FNPL. En janvier, Auchan et sa plateforme Scofel ont, eux aussi, été condamnés : «Ils obligeaient 332 producteurs à se soumettre à des audits et à les payer», détaille Angélique Delahaye. Avant de conclure : «80 % de nos volumes passent par la grande distri. Nous n’acceptons pas ce type de diktat.»


Sources Libération

«Elles peuvent aller jusqu’à 60 % sur le jambon ou le steak haché, 37 % sur un litre de lait UHT ou 36 % à 50 % sur un kilo de pommes», énumère Dominique Barrau, de la FNSEA. Faux procès, répond la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui jure faire preuve de transparence. «La marge brute s’élève en moyenne à 25 % pour fondre à 2 % en marge net», se défend, à Libération, Jérôme Bédier, président de la FCD.

Publié dans Résistance

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