Enquête sur les causes du crash de l'A330: le BEA "se rapproche du but"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alors ce qui est curieux dans cette histoire, c'est que le BEA a envoyé un médecin enquêteur et il n'a pas été autorisé à participer aux autopsies. On aimerait bien savoir pour quelle raison. Le constructeur est quand même le premier concerné, non ?





Enquête sur les causes du crash de l'A330: le BEA "se rapproche du but"



Les enquêteurs français chargés de découvrir les causes de l'accident de l'A330 d'Air France ont estimé mercredi qu'ils se rapprochaient du but, mais se sont refusés à esquisser pour l'instant le moindre scénario, mettant en garde contre les spéculations autour du crash.


Questionné sur les hypothèses évoquées dans la presse --notamment celles selon lesquelles les sondes Pitot, mesurant la vitesse en vol, pourraient être à l'origine de la catastrophe-- le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analayses (BEA), Paul-Louis Arslanian, a répliqué: "pour l'instant, nous ne pouvons pas vous dire et personne ne peut dire ce qui s'est passé".


"Si on avez conclu ou exclu quelque chose, on vous l'aurait dit", a-t-il insisté, en réponse à une question sur la thèse d'une explosion en vol, lors d'une conférence de presse organisée au siège du BEA au Bourget (Seine-Saint-Denis).


Le directeur du BEA s'est toutefois montré optimiste pour la suite. "Compte tenu de tout le travail qui a été fait et de tout ce qu'on a, je pense qu'on se rapproche peut-être effectivement un peu du but", a-il dit. Et "le but, c'est de comprendre ce qui s'est passé".


Mettant en garde "tout ceux qui bâtissent des explications et des scénarios et qui, en se trompant, risquent d'augmenter la confusion", il a souligné que "la règle internationale était que ceux qui mènent l'enquête communiquent". Il a rappelé qu'Air France et l'avionneur européen Airbus, fabricant de l'appareil accidenté, collaboraient à l'enquête.

Fort d'une soixantaine d'experts, le BEA est le seul en France à mener les enquêtes techniques pour déterminer les causes d'un accident d'avion, comme celui de l'Airbus d'Air France entre Rio et Paris, qui a fait 228 morts le 1er juin.


"Nous faisons de notre mieux, et c'est très difficile", a souligné M. Arslanian. "Le maximum est fait pour récupérer que ce soient les enregistreurs ou les corps et on ne peut pas dire aujourd'hui ce qui sera réussi".


"Il est quasiment certain que l'avion ne sera pas entièrement récupéré", a-t-il noté, alors que les recherches se poursuivent dans l'Atlantique. 400 débris ont pour l'instant été retrouvés.


Le BEA ne dispose pas non plus pour l'instant du résultat des autopsies pratiquées sur les corps retrouvés après l'accident, "sous la responsabilité des autorités brésiliennes".


"Nous avions un médecin enquêteur du BEA, il n'a pas été autorisé à participer aux autopsies", a-t-il relevé, avant de reconnaître un peu plus tard qu'il en était "mécontent".


Comme on lui demandait ensuite si les compagnies aériennes "s'étaient précipitées" en changeant leurs sondes Pitot depuis l'accident, il a appelé à ne pas mélanger l'enquête et "l'approche légitime d'entreprises qui ne veulent prendre aucun risque".


A la fin des investigations, "on pourra éventuellement dire, c'était nécessaire ou pas nécessaire. C'était utile ou pas utile. Nous sommes tous devant un problème complexe, on ne sait pas tout", a-t-il continué.


Peu après l'accident, le BEA avait fait état d'une "incohérence" dans les mesures de vitesse fournies par les sondes Pitot de l'AF447.


Les menaces de deux syndicats de pilotes de boycotter les avions non équipés de nouvelles sondes avait ensuite conduit Air France à accélérer son programme de remplacement des anciens exemplaires.


Lundi, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a déclaré qu'elle pourrait peut-être prendre une décision "en fin de semaine" sur les sondes Pitot.


Sources AFP
 

Publié dans EVENEMENTS

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