La France rentre dans le rang au Sud Liban

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sud-Liban : la France rentre dans le rang

Par Marc SEMO
Jacques Chirac a annoncé hier un renfort de 1 600 soldats dans le cadre de la Finul.
Finalement, la France s'engage au Sud-Liban. Après plusieurs jours d'atermoiements, le président Jacques Chirac a annoncé hier soir que deux bataillons supplémentaires renforceront la Finul et que «l'ensemble du dispositif français sous Casques bleus atteindra 2 000 hommes». Paris estime en effet avoir obtenu de l'ONU les «clarifications» demandées, notamment par les militaires, et un renforcement des règles d'engagement pour cette mission à haut risque à laquelle participent déjà 400 hommes.
Explosive». La Finul est commandée depuis cinq ans par le général français Alain Pellegrini, dont le mandat s'achève en février. «La France est prête, si l'ONU le souhaite, à continuer à assumer le commandement», a précisé le chef de l'Etat, assurant que, «dans une situation dont chacun mesure la difficulté, elle assumera pleinement ses responsabilités au Liban». 
Les hésitations françaises avaient incité les Italiens à déclarer leur disponibilité pour la direction de cette force. Ils y joueront, en tout cas, un rôle majeur avec 2 000 à 3 000 hommes (lire ci-dessous) aux côtés de plusieurs autres pays européens. Aujourd'hui, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq se réunissent à Bruxelles avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour préciser les contributions de l'UE à la mission de paix, qui devrait regrouper jusqu'à 15 000 hommes au lieu de 2 000 actuellement. «Nous aimerions voir les premiers renforts arriver dans une semaine», a déclaré Erkki Tuomioja, le ministre finlandais des Affaires étrangères, dont le pays préside l'UE ce semestre. La chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, a insisté mercredi à Paris, et hier à Rome, sur l'urgence d'appliquer la résolution 1701, évoquant une situation «explosive» sur le terrain.
Cafouillage. L'engagement français arrive tard pour sauver la face après une semaine de cafouillage. Le 20 août, Jacques Chirac annonçait l'envoi de 200 hommes. Après le rôle diplomatique très actif joué par Paris dans la crise libanaise, cet engagement a minima avait été perçu comme une dérobade. Les autorités françaises répétaient qu'il s'agissait simplement d'obtenir un certain nombre de garanties sur «la mission de cette force, ses règles d'engagement et ses moyens», ainsi que sur sa composition, afin d'éviter qu'elle ne soit perçue comme «une force exclusivement occidentale». 
Bien que la France ait joué un rôle clé dans sa rédaction, la résolution 1701, fruit d'un laborieux compromis, ne place pas, comme le voulait Paris au début, la nouvelle force sous le chapitre VII de l'ONU, qui permet l'emploi de la force «en cas de menace contre la paix» ou d' «acte d'agression». Les militaires étaient les plus réticents à y aller. Ils n'ont pas oublié l'attentat du Drakkar en octobre 1983, à Beyrouth, où des terroristes chiites ont tué 58 parachutistes français. Ni l'enlisement en Bosnie avec un mandat inadapté. L'état-major faisait aussi valoir que les effectifs étaient «en flux tendu», avec déjà quelque 13 000 soldats déployés sur divers théâtres à travers le monde.
Après les négociations des derniers jours, l'ONU a précisé et «musclé» les règles d'engagement. Les Casques bleus auront le droit de faire feu pour se défendre et protéger les civils. Ils pourront dresser des points de contrôle et circuler librement. Mais ils n'auront pas pour mission de rechercher les armes du Hezbollah, et encore moins de désarmer le mouvement radical chiite libanais. Avec ces renforts et ces nouvelles règles, la Finul n'est plus dans l'impuissance qui était la sienne depuis 1978, mais sa mission reste d'autant plus hasardeuse qu'il y a simplement un arrêt des hostilités et non un véritable cessez-le-feu. Le Hezbollah a toujours l'arme au pied et Israël, compte bien continuer ses opérations «défensives».
 
• Dans l'article de Libération du 21 août, intitulé «Nasrallah nous a tous pris en otage», l'auteur d'un livre sur le Hezbollah avec Frédéric Domont s'appelle Walid Charara et non Waddah Charara, comme cela était écrit par erreur.
Sources : Libération

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