Les mesures de Dominique de Villepin

Publié le par Adriana EVANGELIZT

A 8 mois des élections, Villepin donne un coup de pouce

au pouvoir d'achat

A huit mois de l'élection présidentielle, Dominique de Villepin a annoncé lundi plusieurs mesures destinées à améliorer le pouvoir d'achat des Français, dont il a reconnu le "malaise" sur les revenus.

Trois jours avant sa conférence de presse mensuelle de rentrée à Troyes, où il dévoilera la troisième phase de son "plan pour l'emploi" axée sur les non qualifiés et les chômeurs de longue durée, le Premier ministre a promis un coup de pouce "substantiel" à la prime pour l'emploi (PPE) au 1er janvier 2007.

Il a également confirmé le lancement, au début de l'année prochaine, d'un chèque transport, financé pour moitié par l'Etat, une mesure réclamée par les syndicats et sur laquelle il s'était déjà engagé en octobre 2005. Mais, contrairement aux attentes syndicales, ce dispositif sera "facultatif" et non obligatoire.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a annoncé la tenue d'ici à la fin de l'année d'une Conférence sur les revenus et l'emploi.

Conscient que la reprise actuelle de l'économie française -"une croissance de plus de 2%"- va entraîner des revendications en termes de pouvoir d'achat et soucieux de ne pas laisser le seul PS occuper le terrain social, il a d'ailleurs reconnu qu'il existait un "malaise" chez "beaucoup de nos compatriotes sur le plan des revenus" alors que "certains très hauts salaires sont déconnectés de toute réalité".

Interrogé pour savoir s'il s'agissait de "disperser à tout vent parce que les élections arrivent" et sur le financement de ces mesures, M. de Villepin a souligné qu'il entendait "agir dans un esprit de responsabilité. Il ne s'agit pas de dilapider l'argent des Français", précisant que ces mesures seraient financées par des économies réalisées par le gouvernement.

Concrètement, pour la PPE, elle passera, au niveau du Smic, de 540 euros en 2005 (714 en 2006) à 940 euros au 1er janvier 2007, soit un peu moins que le "doublement" annoncé par le Premier ministre. Sans le coup de pouce supplémentaire accordé par le gouvernement -d'environ 130 euros au niveau du Smic-, le montant de la PPE se serait élevé à 809 euros en 2007.

"C'est presque un 13ème mois pour ceux qui sont au SMIC", a ajouté M. de Villepin.

S'agissant du chèque transport, il a expliqué que "là où il y a des transports collectifs, nous prendrons en charge, à travers le chèque transport, la moitié de l'abonnement, pour un montant qui sera de l'ordre approximativement de 200 euros".

"Là où il n'y a pas de transport collectif, c'est une compensation de la hausse du prix de l'essence, pour un montant de 100 euros", a-t-il précisé.

Sur le plan politique, M. de Villepin a souligné, à quelques jours de l'université d'été de l'UMP à Marseille, qu'il veillerait au "rassemblement" de son parti et qu'il resterait "dans l'action" à Matignon "jusqu'au dernier jour" d'ici à la présidentielle de 2007.

"Là où je suis, je ferai tout pour aller dans ce sens, à la fois avec l'esprit de rassemblement, de toute notre famille, mais aussi en menant l'action gouvernementale jusqu'à son terme, jusqu'au dernier jour. Etre dans l'action jusqu'au dernier jour, cela permettra aux Français d'éclairer leur choix en responsabilité", a-t-il ajouté en évitant soigneusement de préciser ses intentions personnelles vis-à-vis de la présidentielle.

Le PS a aussitôt qualifié les mesures sociales de M. de Villepin de "saupoudrage" et de "rideau de fumée". La CFDT a elle estimé que le relèvement de la PPE serait "favorable pour le pouvoir d'achat des plus bas salaires" mais que son impact sur l'emploi "reste à démontrer".

Sources : AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Candide 29/08/2006 10:55

Villepin la jouait modeste en annonçant les mesurettes censées rabibocher la droite avec les classes populaires. Toujours la même antienne : aller racoler sur les terres du voisin, comme si quelques miettes de (vil) pain allaient faire basculer le « peuple de gauche » dans le giron de l’UMP.
Villepin faisant du social, c’est Martine Aubry appelant les français à se remettre au travail : à contre emploi.
Ce n’est pas que les ménages modestes n’aient pas droit aux fruits de cette croissance dont on nous dit qu’elle crée des excédents et la sollicitation gouvernementale est de bonne guerre pour couper l’herbe sous le pied des socialistes dont les idées volées font l’essentiel des dispositions annoncées.
Mais à ce jeu de dupes on risque fort de ne plus reconnaître les siens. Sachant que le jour venu l’électeur préférera l’original à sa pale copie. Ce piratage électoral qu’il soit de droite ou de gauche n’est qu’un avatar déguisé de la démagogie.
Il serait temps de revenir aux fondamentaux : à la droite le travail et la responsabilité, à la gauche  le temps libre et la quête, et de le faire savoir.