Alain Juppé : intelligence et raideur

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alain Juppé: intelligence et raideur

Alain Juppé, 61 ans, le surdoué de la droite française qui s'apprête à faire son retour en politique, est une intelligence brillante desservie par un excès de raideur.

En 2004, M. Juppé avait dû abandonner la présidence de l'UMP, puis démissionner de ses mandats de maire de Bordeaux et de député de la Gironde, en raison de sa condamnation à 14 mois de prison avec sursis et une année d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Celui qui était pressenti par le président Jacques Chirac pour être son héritier, est souvent qualifié de "technocrate", "apparatchik", "long, sec et froid": "Si telle est ma réputation, la réalité ne peut être pire que l'apparence!", écrivait cet agrégé de lettres en 1993 dans son livre "La tentation de Venise".

Interrogé en mai 2006 pour savoir s'il avait changé, il a répondu: "peut-être que j'ai pris un certain rythme, un peu canadien, un peu québécois, plus calme, moins impatient". M. Juppé a vécu, à partir de l'été 2005, à Montréal où il enseignait à l'Ecole nationale d'administration publique (ENAP).

Alain Juppé est né le 15 août 1945 à Mont-de-Marsan (Landes). Il est passé par l'Ecole normale supérieure et l'Ecole nationale d'administration (ENA).

En 1976, il est appelé par Jacques Chirac, alors Premier ministre pour entrer dans son cabinet. Ces deux hommes, aussi dissemblables que possible, entament un long compagnonnage politique, l'un au service de l'autre.

En 1978, M. Juppé échoue aux législatives dans sa propre région et l'année suivante aux élections locales. Il lui faudra attendre une circonscription sur mesure en 1986 à Paris pour être enfin député. En 1995, il sera élu maire de Bordeaux et en 1997 il est député de la Gironde.

Cela ne l'empêche pas de faire une carrière gouvernementale dans le sillage de Jacques Chirac, qui l'avait désigné comme "le meilleur d'entre nous": en 1986, il devient ministre du Budget, en 1993-95 ministre des Affaires étrangères (les deux années "les plus heureuses" de sa carrière, dira-t-il) et en 1995-97, après l'élection de Jacques Chirac à l'Elysée, Premier ministre.

A Matignon, il s'attaque d'emblée au délicat dossier de la réforme de la Sécurité Sociale et des régimes spéciaux de retraite. Présenté à l'automne 95 après le tournant de la rigueur annoncé par Jacques Chirac, son projet est contesté par les syndicats. Une immense vague de grèves et manifestations paralyse la France.

Alain Juppé avait déjà été confronté à l'affaire de son appartement de la mairie de Paris (il s'était alors dit "droit dans ses bottes") que la justice l'enjoint de quitter.

En avril 1997, la dissolution de l'Assemblée Nationale qu'il avait souhaitée est un échec cinglant pour la droite.

A l'automne 2002, il prend la présidence de l'UMP, parti voulu par M. Chirac pour rassembler la droite et une grande partie du centre.

Ses ennuis avec la justice concernent les années 1983-1995 quand il était adjoint aux finances du maire de Paris Jacques Chirac et secrétaire général du RPR. Il est accusé d'avoir couvert l'emploi, rémunéré par la ville dont il était adjoint aux Finances, de sept personnes travaillant quasi exclusivement pour le RPR. Lors de son procès, sa fidélité au président ne se dément pas.

Après la victoire du non au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne, M. Juppé avait plaidé pour un "changement profond", demande pouvant être interprétée comme le souhait de la nomination à Matignon de Nicolas Sarkozy.

Pendant son année au Canada, Alain Juppé est resté en contact avec le public via son blog, le blog politique probablement le plus lu de France, avec environ 140.000 visiteurs par mois.

Sources : AFP

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