Israël annexe sournoisement des portions du territoire libanais

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alors qui met vraiment nos soldats en mauvaise posture et par ses provocations risquent de les mettre en danger ? L'Occupant bien sûr. Hier nous révélions que l'Occupant piquait l'eau, aujourd'hui nous révélons qu'il pique la terre en territoire libanais, la Palestine ne lui suffit plus. Que cherche l'Occupant au juste ? Il cherche à provoquer la Résistance qui ne riposte qu'en cas de violation... ainsi nos soldats se trouveraient entre les deux camps, les deux feux... pour comprendre le crime, il faut trouver le mobile !

Liban : Israël annexe sournoisement des portions du territoire

Par Laurent Zecchini

L’armée libanaise n’a nullement l’intention de désarmer les combattants du Hezbollah. Comme les responsables de la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (Finul) répètent que telle n’est pas leur mission, il y a lieu de croire que cet objectif, que la communauté internationale considère comme l’une des clés d’une stabilisation durable de la situation régionale, n’est pas prêt d’être atteint. Le général Saleh Hage Sleiman, directeur de l’orientation du ministère de la défense et porte-parole de l’armée libanaise, a expliqué, mercredi 13 septembre 2006, au Monde, qu’un tel objectif est hors de propos dans le contexte actuel, pour au moins deux raisons.

Le Parti de Dieu et ses combattants font partie intégrante du "peuple libanais", et l’armée du pays du Cèdre est bien incapable, seule, de résister aux coups de boutoir de l’armée israélienne. Les "combattants de la résistance", explique-t-il, sont "des ingénieurs, des médecins, des commerçants, des cultivateurs et des professeurs, qui font la guerre quand ils doivent la faire, et qui reviennent ensuite chez eux". Pas question donc de les éloigner de leurs lieux d’habitation, encore moins de les désarmer. Au contraire, l’armée doit "les protéger, puisqu’ils sont une partie de la nation". Lorsque l’armée aura les moyens de résister à Israël, la question des combattants armés du Hezbollah ne se posera plus, assure-t-il. Tant que ceux-ci n’ont pas les armes à la main, libre à eux de conserver leur arsenal chez eux. Le général (qui est chiite) ne se fait pas d’illusions. "Nous avons une expérience de vingt ans du Hezbollah : on n’a jamais vu leurs armes !", dit-il. Quant à la stratégie plus "douce" consistant à intégrer progressivement ses combattants au sein de l’armée, rien ne prouve qu’une telle solution a les faveurs de la direction du parti chiite : "S’ils veulent venir, ils sont les bienvenus, mais c’est à eux de décider", remarque diplomatiquement Saleh Hage Sleiman.

Mais l’urgence est ailleurs. Joignant le geste à la parole, le général étale une carte d’état-major du Liban sud sur son bureau. Avec un crayon noir, il colore les zones frontalières où les Israéliens ont conservé des troupes en territoire libanais, officiellement tant que les effectifs de la Finul n’ont pas atteint 5000 hommes. Il identifie successivement cinq "poches", situées dans la zone de Bint Jbeil, qui sera dans quelques jours sous la responsabilité des forces françaises de la Finul. Au nord de cette localité, l’armée israélienne a évacué le bourg de Qantara, en se repliant sur la "ligne bleue" (qui sert de frontière libano-israélienne), tout en profitant de ce mouvement pour en modifier le tracé dans la zone de Kfar Kila. Cette avancée s’étend sur 3 kilomètres, sur une profondeur variant de 15 à 200 mètres, assurent les militaires libanais. Des plaintes ont été adressées à la Finul, et celle-ci enquête, de même que sur les "tirs d’intimidation" auxquels se serait livrée la marine israélienne à l’encontre de pêcheurs libanais aux environs de Naqoura.

Les Israéliens prétendent qu’ils doivent disposer d’une marge de sécurité de "15 à 70 mètres", tempête le général Sleiman, "mais ils la prennent en territoire libanais, alors qu’elle devrait être de leur côté !". Ce n’est pas tout : à l’est de Kfar Kila, l’armée israélienne a purement annexé la partie libanaise de la localité de Ghajar, qui était coupée en deux par la "ligne bleue" : "Ils ont pris toute la ville, insiste le général Sleiman, et cela risque de pousser la résistance (le Hezbollah) à considérer que c’est une cause valable pour une libération par la force. Il faut trouver une solution rapide, parce que c’est une situation très dangereuse."

Les militaires libanais attendent avec impatience le déploiement de la "Finul renforcée". Ils savent que la présence de milliers de soldats étrangers sous la bannière de l’ONU devrait geler la situation militaire. De là à envisager la présence de 15000 casques bleus, il y a une marge : "Avec nos 15000 soldats qui sont déjà déployés dans le Sud, cela ferait presque un soldat pour 7 habitants ! 6000 casques bleus, ce serait bien suffisant", ajoute le porte-parole de l’armée. L’état-major libanais a une grande expérience de la Finul, et il envisage des relations "de coopération et d’appui" avec les casques bleus. Le général Sleiman remarque que les gens du Sud ont perdu leurs illusions quant à la volonté de la Finul de les protéger : "Il faudra du temps pour que la confiance revienne", insiste-t-il. Des officiers de liaison libanais seront présents dans les détachements onusiens, lesquels ne devront envisager l’usage de la force qu’en étroite concertation avec l’armée libanaise. Mais à chacun ses responsabilités : les militaires libanais n’envisagent ni patrouilles communes, ni contrôle en commun de check-points avec les casques bleus.

Sources : INTERET GENERAL

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