LE STYLE VILLEPIN

Publié le par Adriana EVANGELIZT

LE STYLE VILLEPIN

 

par Dominique Dhombres

 

 

L'impression laissée par la déclaration de politique générale de Dominique de Villepin se confirme. Pas de tirades enflammées ni de formules qui étincellent, pas de métaphores destinées à frapper les esprits, pas de lyrisme. Le premier ministre était, jeudi soir, interrogé par David Pujadas au cours du journal télévisé de France 2.
 

"Je comprends très bien qu'on puisse être sceptique" , disait-il à propos du catalogue de mesures qu'il a annoncées en faveur de l'emploi. Le ton était tranquille, le verbe délibérément modeste. Difficile, en effet, de prendre la pose dès lors qu'on énumère des réductions de charges sociales ou des primes destinées aux chômeurs qui recommencent à travailler. L'intéressé en oubliait presque la syntaxe. "Le style Villepin premier ministre, c'est : il y a des problèmes, il faut des solutions" , disait-il.

 

Peut-être pour animer un peu l'invité, un reportage sur Nicolas Sarkozy était intercalé au milieu de l'entretien. On y voyait le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, parler de l'immigration, le jour même, devant des militants de l'UMP. "Je veux que l'on reconnaisse au gouvernement et au Parlement le droit de fixer, catégorie par catégorie, le nombre de personnes admises à s'installer sur notre territoire" , disait Nicolas Sarkozy. Le mot "quota" n'était pas prononcé, mais c'était bien de cela qu'il s'agissait.

 

On sait que Dominique de Villepin comme Jacques Chirac sont opposés à de tels quotas en matière d'immigration, qu'ils jugent contraires à la tradition républicaine. Mais il en fallait plus pour sortir le premier ministre de sa placidité. "Nous disons la même chose" , affirmait-il à propos de Nicolas Sarkozy et de lui-même. Comprenne qui pourra. Ce n'est pas le moment de se fâcher avec son ministre de l'intérieur. "Chacun a sa place" au sein du gouvernement, affirmait-il encore.

 

Un peu plus tard dans la soirée, sur la même chaîne, Dominique Strauss-Kahn évoquait en termes bien différents l'étonnante position de Nicolas Sarkozy. "Quand j'entends un ministre dire : j'ai choisi de revenir au ministère de l'intérieur pour éviter qu'on puisse me faire des ennuis comme on m'en a fait dans le passé, je considère qu'on est très à la limite du fonctionnement de notre démocratie" , remarquait le dirigeant socialiste. M. Sarkozy ne serait-il revenu Place Beauvau que pour assurer sa sécurité personnelle ? Ce serait la face cachée du style Villepin.

 

Sources : LE MONDE

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-660628,0.html

 

Posté par Adriana EVANGELIZT

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