Parisot lance le débat sur l'âge de la retraite

Publié le par Adriana EVANGELIZT

On suppose que Parisot ne doit pas ahaner comme un mineur au fond d'une mine. Tout ce qui pourrait amener un plus au Peuple est forcément saqué. Travaillez Peuples, travaillez poiur payer le train de vie de ceux qui nous gouvernent. Imaginez un peu si plus personne ne travaillait de quoi vivraient-ils ? La colère est à son comble quant on voit le mépris avec lequel est traité l'Humanité. La prostitution des élites à Mammon n'est pas un vain mot.

 

Parisot lance le débat sur l'âge de la retraite

La présidente du Medef suggère de relever progressivement à 61 ou 62 ans l'âge légal de la retraite. Pour le ministre Xavier Bertrand, ce n'est pas la priorité.


DÈS L'OUVERTURE de l'université d'été du Medef hier à Jouy-en-Josas, et dans un entretien au Monde le même jour, Laurence Parisot a frappé fort. Préemptant le rendez-vous sur les retraites de 2008 prévu par la réforme Fillon, la présidente du Medef a jeté un petit pavé dans la mare. Il faudra, a-t-elle considéré, « relever progressivement l'âge de la retraite à 61 ans puis à 62 ans et allonger le nombre d'années de cotisations ».


Si le deuxième volet de la proposition est d'ores et déjà inscrit dans la loi de 2003, comme l'a rappelé François Fillon en juillet - le passage à 41 ans de cotisation en 2012 « n'est pas une option » -, jamais depuis 1983 et la réforme qui a abaissé de 65 à 60 ans l'âge légal de la retraite, aucun gouvernement n'a osé mettre en cause cet « avantage acquis ». Au contraire ! Tout a été fait pour essayer de prolonger l'activité sans toucher au sacro-saint principe de l'âge.


C'est ainsi que la réforme Balladur en 1993 a, pour les salariés du privé, accru d'un trimestre par an la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d'une pension à taux plein, portant celle-ci de 37,5 ans à 40 ans. La réforme Fillon de 2003 a fait de même en enrôlant les fonctionnaires dans le mouvement et en inscrivant la perspective de 41 ans pour tous en 2012 et près de 42 ans en 2020.


Mieux : si la dernière réforme a un peu effacé le seuil de 60 ans, c'est dans l'autre sens, pour permettre aux salariés ayant commencé à travailler très jeune de partir dès 56 ou 57 ans, avec 42 ans de cotisation. Un dispositif dit de « carrières longues » dont le succès a dépassé toutes les prévisions, creusant les déficits de la branche vieillesse de la Sécu depuis deux ans.


Le Conseil d'orientation des retraites (Cor) ne cesse de toute façon de le marteler : inutile de repousser la fin théorique de la carrière si, dans les faits, les salariés ne travaillent déjà plus au moment où ils partent officiellement en retraite. Chômage avec dispense de recherche d'emploi (400 000 personnes concernées !), préretraite publique ou « maison », dispositif « carrière longue », mise en retraite d'office... les moyens, volontaires ou non, de quitter le marché du travail avant la retraite ne manquent pas. Le Cor fixe donc pour priorité des priorités de tourner le dos à ces pratiques pour relever le taux d'activité des seniors, plus bas que partout ailleurs.


« Faire correspondre l'âge légal et l'âge réel »


Le gouvernement se fixe la même ligne directrice. « Plutôt que de parler de 61 ou 62 ans, il faudrait déjà que les Français partent réellement à 60 ans. Ce n'est pas le cas et le vrai enjeu du rendez-vous de 2008 est là : faire correspondre l'âge légal et l'âge réel », déclare Xavier Bertrand au Figaro. Le ministre du Travail dit n'avoir « aucun tabou » et être prêt à reparler notamment des dispositifs « carrières longues », que la CFDT avait arrachés en 2003, en échange de son soutien à la réforme. Mais aussi « des régimes spéciaux et des préretraites ». Et, sur ce dernier point, il renvoie à l'expéditeur. « Il faut changer les pratiques, donner aux seniors toute leur place dans l'entreprise. C'est la responsabilité de chacun, notamment des chefs d'entreprise. J'en parlerai avec les partenaires sociaux, dont Mme Parisot, à l'automne, et j'attends des propositions sur les préretraites d'entreprises. » Faute de quoi, le sujet pourrait être inscrit dans le prochain budget de la Sécu. Même chose pour les « mises en retraite » que les entreprises peuvent imposer aux salariés de plus de 60 ans ayant droit à une retraite pleine : l'an dernier, elles avaient failli disparaître, mais un sursis avait été obtenu par... le Medef.


Cette direction n'est, à vrai dire, pas une surprise. Le gouvernement sera « intraitable » et « mettra la pression sur les entreprises », avait prévenu début juin François Fillon sur RTL, menaçant « de mettre en place des obligations » et d'augmenter les cotisations pour la retraite « si les entreprises ne comprennent pas qu'il faut qu'elles changent leurs logiciels de ressources humaines et qu'elles gardent leurs salariés jusqu'à la retraite ». La lettre de mission adressée à Xavier Bertrand par Nicolas Sarkozy est encore plus explicite : « Vous mettrez fin aux dispositifs de préretraite », demande le chef de l'État.


Mais le changement des comportements auquel appelle le gouvernement n'est pas totalement sans lien avec les âges pivots de 60 ans (ouverture des droits à la retraite) et 65 ans (âge auquel la pension est de droit à taux plein), notait le dernier rapport du Conseil d'orientation : ces barrières peuvent « conduire entreprises et salariés à anticiper, dès la tranche d'âge précédente, la fin de la vie active ». À quoi bon, par exemple, dépenser du temps, de l'argent - pour les entreprises - et de l'énergie - pour les salariés - dans une formation aux derniers logiciels quand l'échéance de la retraite approche de façon inéluctable ?


Xavier Bertrand reconnaît en partie le problème. « Travailler plus longtemps doit être un choix. S'il y a une borne dont je veux bien parler, c'est celle des 65 ans. Quelqu'un qui veut et peut travailler plus longtemps, doit-on l'empêcher de le faire ? »


Sources Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

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