YVAN COLONNA/CORSE

La chose qui est certaine c'est qu'il n'y a eu aucune preuve de la culpabilité d'Yvan Colonna et qu'il croupit toujours en prison. Par contre, un grand nombre de voyous en col blanc ont été relaxés malgré les nombreux pots-de-vin qu'ils ont touchés et les preuves détenues. Et c'est là que l'on voit la différence de traitement avec la justice américaine. Aux Etats-Unis, par manque de preuve, Yvan aurait été libéré sous caution. Car là-bas, il faut que vous prouviez que vous êtes coupable. Ici, il faut prouver que vous êtes innocent ! C'est la pure vérité.




Procès Colonna : la Fidh accuse la justice française



La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme accuse la justice française d'avoir commis des "manquements à la présomption d'innocence" dans l'enquête qui a abouti à la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (Fidh) a accusé mardi 13 mai la justice française d'avoir commis des "manquements à la présomption d'innocence" dans l'enquête sur l'assassinat en février 1998 du préfet de Corse, Claude Erignac, puis lors du procès qui a abouti à la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna.
"L'observation de ce procès aura mis en lumière un ensemble de manquements dans les règles présidant au respect de la présomption d'innocence, des fautes ou des imprécisions dans l'instruction et la fragilité des éléments retenus à charge", écrit dans un rapport la Fidh, dont des observateurs ont assisté à ce procès qui s'est tenu à Paris du 12 novembre au 14 décembre 2007.
Sur le déroulement des audiences, la Fidh reconnaît que le président de la cour d'assises spéciale, Dominique Coujard, "a eu une attitude courtoise tant envers les témoins auditionnés qu'envers Yvan Colonna", l'invitant "à s'exprimer, ponctuellement, pendant toute la durée des débats, sans l'interrompre ou le censurer de quelque manière que ce soit".

"Convaincu de la culpabilité d'Yvan Colonna"

Cependant, affirme la fédération, cette courtoisie "s'est effacée parfois, durant l'audience, pour laisser la place à des commentaires ou à une attitude donnant à penser aux observateurs qu'il était, dès le départ, convaincu de la culpabilité d'Yvan Colonna".
La Fidh ne se satisfait pas non plus du déplacement sur les lieux de l'assassinat accordé par la cour : "la reconstitution demandée n'a donné lieu qu'à un transport sur place des parties au procès, ce qui n'était pas de nature à éclairer sérieusement les circonstances du crime, notamment en ce qui concernait le nombre réel des membres du commando", croit-elle pouvoir affirmer.
Sur la seule foi des témoignages en audience, elle dénonce aussi "les errements des enquêteurs (et) les manquements des juges d'instruction qui ont refusé tout acte à décharge et les contradictions contenues dans le dossier".
Contre la police, elle cite notamment "les 347 personnes en examen, dont 42 ont été incarcérées", sans charges retenues, ou les témoignages des épouses des suspects disant avoir subi des "pressions psychiques insoutenables".

"Uniquement à charge"


Quant aux trois magistrats instructeurs, ils ont mené ce dossier "uniquement à charge", affirme la Fidh, les accusant de n'avoir "jamais entrepris de vérifier si les accusations dont Yvan Colonna faisait l'objet étaient fondées...".
Sans aller jusqu'à critiquer ouvertement le verdict, ce qui est illégal en France, la Fidh relève que "si les témoignages fondant l'accusation ont été fluctuants, flous, voire ambigus pour certains d'entre eux, tel n'était pas le cas de celui des témoins oculaires qui, avec fermeté, même s'agissant d'un ami du préfet Erignac, ont affirmé qu'ils ne reconnaissaient pas Yvan Colonna comme étant le tireur".
Le fait que la condamnation à perpétuité, dont Colonna a fait appel, n'a pas été assortie d'une peine de sûreté exceptionnelle, contrairement à que réclamaient les avocats généraux, "a suscité un sentiment de malaise", assure la Fidh, estimant qu'un tel verdict "donne à penser que les juges eux-mêmes n'ont pas été convaincus qu'Yvan Colonna ait été le tireur (alors que) c'est bien en cette qualité qu'il avait été mis en cause par les membres du commando".

Sources  Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt


Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 18:47
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Au procès d'Yvan Colonna, récits morcelés d'une nuit sombre

par Pascale Robert-Diard

Il faisait froid, la nuit était tombée et la rue était sombre, ce 6 février 1998 à Ajaccio. Dans la rue Colonel-Colonna-d'Ornano, le préfet Claude Erignac se pressait pour rejoindre son épouse au concert. Sur le seuil du théâtre, l'un des organisateurs de la soirée guettait son arrivée pour l'accueillir. Au même instant, une femme et sa fille remontaient la rue en voiture pour se rendre chez une parente. Au restaurant d'en face, un couple s'était attablé près d'une fenêtre pour dîner. Non loin du théâtre, un jeune homme garait son scooter. Une dame rejoignait le lieu du concert. Un ancien commissaire des RG quittait à pied une réception amicale. Quelques paires d'yeux pour un assassinat.

Devant la cour d'assises de Paris, du lundi 19 au mercredi 21 novembre, cette poignée de témoins est venue livrer ses souvenirs. Ils ont entendu plusieurs détonations, cinq le plus souvent, aperçu des hommes, deux, plus rarement trois. Grand ou de taille moyenne, brun ou blond, massif ou mince, jeune ou moins jeune. Chacun tient un bout de la scène du meurtre, mais la mémoire convoquée dans le prétoire n'est pas toujours la même que celle sollicitée dans l'instant. Une seule chose les rassemble : aucun d'entre eux n'a reconnu Yvan Colonna.

"JE PEUX MIMER LA SCÈNE"

De tous les témoins, Joseph Colombani est le seul à avoir assisté en direct à la mort du préfet. Claude Erignac était son ami, il l'attendait. "Si vous voulez, je peux mimer la scène", a-t-il dit. Dans le prétoire, il fait quelques pas, son corps vacille vers la droite, revient courbé en deux, titube, avance encore et fait mine de s'écrouler sur le sol. Joseph Colombani a vu deux hommes près du préfet, dont le tireur. Il était à 25 mètres. "Je ne peux pas mettre un nom sur les deux personnes que j'ai vues ce soir-là. J'ai vu Yvan Colonna pour la première fois le soir où il a parlé sur TF1 (juste avant sa cavale). Je l'ai bien regardé. Il n'y a pas eu le "tilt" que vous avez quand vous vous dites que vous avez déjà vu cette personne. Aujourd'hui, je le regarde et je n'éprouve pas ce déclic. Je le regrette."

Marie-Ange Coutard est un autre témoin clé. Elle aussi n'a aperçu que deux hommes, un brun et un blond. Cela fait neuf ans que l'on répète à cette belle jeune femme qui remontait la rue en voiture au côté de sa mère Noélie, qu'elle est la seule à avoir dévisagé le tireur. "Quand on est arrivées à sa hauteur, je l'ai vu tirer par terre. J'ai dit à ma mère : "Tiens, c'est bizarre", parce qu'en Corse, la coutume, c'est de tirer en l'air", explique-t-elle. De ces quelques secondes, il lui reste en mémoire "un regard et des gestes parce qu'il manipulait son arme et en même temps, il me regardait". Comme sa mère, elle est "formelle" : Yvan Colonna ne ressemble pas à l'homme qu'elle a vu ce soir-là. "A partir du moment où on m'a montré sa photo et que j'ai dit que ce n'était pas lui, j'ai eu l'impression qu'on ne me croyait plus, que j'avais dit quelque chose qui gênait", ajoute-t-elle.

Joseph Arrighi, ancien commissaire des RG, se souvient d'avoir entendu des tirs puis d'avoir été dépassé dans la rue par deux hommes qui avaient été rejoints par un troisième avant de disparaître. "Etes-vous en mesure de décrire ces trois hommes ? - Non, je les ai vus de dos." Sur les bancs de la défense, jour après jour, on accumule.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt


Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 16:01
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Procès Colonna :

un témoin clef met en cause l'attitude des enquêteurs

Une jeune femme, témoin clef du procès, laisse clairement entendre que les enquêteurs ont cessé d'accorder la moindre crédibilité à sa déposition dès lors qu'elle n'a pas reconnu l'accusé. Selon elle, le meurtrier serait un homme blond.

Une jeune femme, témoin clef du procès d'Yvan Colonna, a clairement laissé entendre aujourd’hui que les enquêteurs avaient privilégié à tout prix la piste de la culpabilité du berger corse, cessant d'accorder la moindre crédibilité à sa déposition dès lors qu'elle n'a pas reconnu l'accusé. Un nouveau rebondissement dans ce procès, alors que le préfet Bonnet, qui avait succédé à Claude Erignac affirme aujourd'hui n'avoir jamais eu le nom d'Yvan Colonna dans sa liste de suspects, et qu’un expert a mis en doute la culpabilité du berger corse, trop petit pour avoir été l'auteur du coup de feu selon lui.
Le soir du 6 février 1998, Marie-Ange Contart et sa mère remontent en voiture la rue d'Ajaccio où le préfet de Corse Claude Erignac est assassiné. La jeune femme, alors âgée de 23 ans, est alertée par ce qui lui semble être des tirs de pétards: elle voit deux hommes, l'un brun en bas de la rue et l'autre blond, à moitié caché derrière une voiture en stationnement, qui tire vers le sol et manipule son arme avec laquelle il paraît avoir des problèmes.

Pendant les dix ans de l'instruction, son témoignage capital, le plus précis, est maintes fois sollicité par les enquêteurs. Mais, affirme-t-elle à la barre, leur attitude a changé lorsqu'en 2001, elle n'a pas reconnu dans la photo d'Yvan Colonna l'homme qu'elle avait vu avec une arme.

«Le jour où j'ai dit : "Ce n'est pas lui," j'ai eu l'impression qu'on ne me croyait plus... J'ai eu l'impression de dire tout à coup quelque chose qui n'arrange pas... de faire la plus grosse bêtise de ma vie», raconte Marie-Ange Contart.

«Croyez-vous avoir été sur écoute?»

La jeune femme dit alors à la juge d'instruction Laurence Le Vert: «Si c'est comme ça, j'arrête tout». Elle se sent «épiée» et constate que l'on s'est introduit, en son absence, dans son domicile à deux reprises au moins.

«Croyez-vous avoir été sur écoute?», lui demande l'un des défenseurs de l'accusé. Marie-Ange Contart ne sait pas mais se rappelle qu'elle venait d'acheter un deuxième téléphone portable et que, lorsque la juge Le Vert n'a pas réussi à la joindre à son numéro habituel, elle l'a appelée sur ce nouveau cellulaire dont elle n'avait pourtant pas donné les coordonnées.

Mme Contart n'a pas non plus reconnu Yvan Colonna lorsque la police lui a présenté dix hommes alignés derrière une glace sans teint, en avril 2005.

De toute façon, Yvan Colonna dénie toute valeur à ce «tapissage»: «J'avais le numéro 4 mais on m'avait placé au milieu. J'étais en survêtement et tous les autres en tenue de ville», raconte-t-il. «On aurait dit le quatre, c'est le coupable idéal, on n'aurait pas fait mieux».

A la barre, Marie-Ange Contart a encore fait marquer des points à la défense. Elle n'en démord pas, l'homme avec une arme avait des cheveux mi-longs blonds cendrés, et non bruns comme le berger corse.
 
Pour l'accusation, cette blondeur est due à une perruque. Mais la jeune femme assure que l'homme avait aussi une barbe blonde de quatre, cinq jours.
Sources Libération

Posté par Adriana Evangelizt



Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 04:02
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Assassinat Erignac:

 le préfet Bonnet exprime des doutes sur la culpabilité de Colonna

Bernard Bonnet, qui avait succédé en tant que préfet de Corse à Claude Erignac, assassiné le 6 février 1998, va exprimer "des doutes" sur la culpabilité d'Yvan Colonna quand il sera entendu lundi par la cour d'assises spéciale de Paris, a-t-il affirmé mercredi à France Info.

A la question de savoir s'il a la conviction qu'Yvan Colonna est coupable, le préfet Bonnet a répondu "j'ai des doutes, effectivement, sur Yvan Colonna et ces doutes je les exprimerai, puisque je n'ai jamais révélé son nom".

"Dans des circonstances" qu'il "exposera" lundi devant la cour, le préfet Bonnet dit qu'il a été amené dans le passé à "donner à la justice" le prénom et le nom de Stéphane Colonna, frère d'Yvan "aujourd'hui totalement hors de cause", mais qu'il n'a "jamais eu le nom d'Yvan Colonna". Devant la cour, "je répondrai avec beaucoup de prudence", "en aucune façon je ne serai péremptoire et c'est avec beaucoup d'humilité que je m'exprimerai", a-t-il ajouté à propos de son témoignage prévu lundi.

"L'accusation ne chancelle plus, elle tombe carrément", s'est félicité l'un des avocats du berger corse, Me Pascal Garbarini, avant d'entrer à l'audience de la cour d'assises spéciale de Paris. "Le nom de Colonna avait été suggéré et présenté par le préfet Bonnet et aujourd'hui, le préfet Bonnet retire ce nom. Cela s'appelle un revirement", a-t-il estimé.

"Les soupçons qu'il avait sur les Colonna après une enquête parallèle qu'il avait déclenchée lui-même ne se sont pas vérifiés", a renchéri un autre défenseur de l'accusé, Me Antoine Sollacaro.

De son côté, Me Philippe Lemaire, l'avocat de Dominique Erignac, la veuve du préfet assassiné, n'a pas caché son agacement : "disculpé par Bonnet et soutenu par Mgr Gaillot, Colonna a toutes les chances !", a-t-il lancé. "Rien ne me surprend de M. Bonnet. Et lui, il a des doutes sur sa culpabilité ?", a-t-il ajouté, semblant faire référence à l'enquête qu'il a menée en parallèle à celle de la police.

Le procès d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet Claude Erignac, est ouvert depuis le 12 novembre devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Deux agresseurs et non trois sur les lieux du crime, aucun d'eux ne ressemblant a priori à Yvan Colonna : un ami du préfet Claude Erignac, témoin de son assassinat en 1998, a continué mardi d'entretenir le doute sur la culpabilité du berger corse. Ce soir-là vers 21H00 il est ressorti attendre le préfet devant le théâtre Kalliste après avoir installé dans le public Mme Erignac, déposée peu auparavant par son mari au concert auquel ils doivent assister.

Il va observer d'une distance de moins de 25 mètres l'assassinat alors que Claude Erignac rejoint le théâtre en remontant la rue Colonel Colonna d'Ornano, une petite artère en pente et mal éclairée. Selon son récit, le préfet se rend compte que l'on tente de l'agresser après un premier coup de feu raté. Il se retrouve face-à-face avec un homme, le "dévisage" et tente de fuir dans une impasse. Il rebrousse chemin, toujours "plié en deux" pour échapper aux tirs, au moment où retentit une deuxième détonation. Ce n'est qu'après un troisième coup de feu - le premier qui atteigne la victime selon lui - que M. Colombani voit surgir de l'impasse le deuxième agresseur qui "se positionne ensuite au-dessus du corps, tend le bras et tire par deux fois".

Le témoin est formel : il n'a vu que deux hommes autour du préfet effondré au sol, "comme un chien". Ce que la défense de Colonna tente d'exploiter en rappelant que deux membres du commando déjà condamnés, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, ont reconnu être présents alors que l'accusé, lui, continue de nier.

D'après l'accusation, qui s'appuie sur les aveux d'Alessandri, il y avait au moins trois membres du commando sur place et le dernier membre du trio serait Yvan Colonna. "Mais au stade où nous sommes j'ai l'impression qu'on n'est plus sûrs de rien", relève Me Antoine Sollacaro, l'un des avocats de Colonna. Pour la défense de l'accusé, le flou est d'autant plus grand qu'aucun des deux hommes décrits par le témoin ne semble avoir le physique de Colonna.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 16:02
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Procès Colonna: explications et témoignages confus

sur l'assassinat du préfet Erignac

Un médecin légiste qui brouille les esprits et des témoins qui ont vu des silhouettes : la cour d'assises spéciale de Paris a mesuré lundi la difficulté de reconstituer l'assassinat du préfet Claude Erignac.

Le médecin légiste, qui a examiné le corps du préfet après sa mort à Ajaccio, le 6 février 1998, est revenu s'expliquer sur ses affirmations de jeudi semblant innocenter Yvan Colonna, mais ses complexes démonstrations balistiques ont surtout semé la confusion.

Le Dr Paul Marcaggi avait avancé, sans être formel, que l'assassin devait être "au moins aussi grand" que la victime, soit 1,83 mètre, alors que le berger corse accusé du meurtre mesure 1,72 mètre.

Il expliquait alors que la première balle dans la nuque qui a atteint le préfet montrait "un angle de tir assez faible", quasi-horizontal.

"Il ne vous a pas échappé que votre déposition a suscité quelques commentaires", lui a lancé lundi le président Dominique Coujard.

L'accusation avait demandé le retour de l'expert pour le remettre sur le grill, en le confrontant notamment aux photos, prises lors de l'autopsie, du crâne de la victime percé de tringles de métal retraçant la trajectoire des balles.

Certaines semblaient montrer des lignes à 45 degrés, la première balle tirée sur le préfet étant entrée derrière l'oreille gauche pour ressortir par le front.

Dans cette rue en pente, mal éclairée vers 21H00, "le préfet marchait la tête légèrement fléchie", explique l'expert, qui maintient sa théorie d'une "trajectoire qui ne s'éloigne pas tant que cela de l'horizontal".

Pour appuyer sa thèse de la tête baissée, il souligne que l'orifice d'entrée de la balle dans l'os du crâne était circulaire, et non ovale, comme ce serait le cas si le coup venait du bas vers le haut.

Mais, pour autant, il se montre plus prudent et se refuse à répéter ses propos sur la taille de l'assassin.

Pour compliquer le débat, l'expert balistique désigné, aujourd'hui à la retraite, a refusé de venir déposer à la barre.

La cour a aussi entamé lundi le défilé des témoins du drame, une vingtaine de personnes attendues cette semaine, n'ayant le plus souvent qu'entraperçu une ou plusieurs personnes aux alentours du théâtre du Kalliste où se rendait le préfet quand il a été abattu.

Jean-Pierre Versini, enseignant de 60 ans, a vu deux hommes d'environ 25 ans, l'un grand et svelte, l'autre trapu, qui "avaient l'air d'attendre". Du grand, et de son nez aquilin, il était prêt à l'époque à faire le portrait-robot, "mais cela n'a pas eu l'air d'intéresser", dit-il dépité.

"Globalement, lui demande la défense, Yvan Colonna ressemble-t-il à l'un des deux hommes ?". "Non, non, non", répond-il.

Carole Leca a repéré deux hommes bien habillés en train d'attendre, que les policiers lui ont ensuite décrit comme les tueurs. Lorsque la photo de Colonna, alors en cavale, paraît dans les journaux, "je me suis bien concentrée sur ce visage, mais non, je le voyais pour la première fois".

Retraitée, Paule Frassati, a vu "une silhouette se découper, dans l'ombre, à contre-jour, en jeans et blouson noir", semblant parler dans un talkie-walkie.

Pour les enquêteurs, cela serait l'homme faisant le guet, tandis que deux autres s'occupaient du préfet.

Avec ces témoignages fragmentaires et fugaces, l'accusation doit tenter de démontrer qu'il y avait au moins trois membres du commando sur les lieux. Deux des six complices présumés de Colonna, aujourd'hui sous les verrous, ont en effet reconnu lors de leur procès avoir participé à l'attentat, et le troisième serait donc pour elle le berger corse.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 21:09
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Procès Colonna: les témoins du crime attendus à la barre

La cour d'assises spéciale de Paris entame la deuxième semaine du procès d'Yvan Colonna avec l'audition des témoins oculaires du meurtre du préfet Erignac, moment crucial pour la défense qui veut démontrer que personne ne peut placer avec certitude l'accusé sur les lieux du crime.

Lorsque Claude Erignac est abattu de trois balles dans la nuque le 6 février 1998, il vient de garer sa voiture et se rend à pied au théâtre du Kalliste en remontant une petite artère d'Ajaccio.

Il est 21H05 et la rue du Colonel Colonna d'Ornano est très mal éclairée, a souligné à la barre la capitaine Hélène Graziani, du SRPJ d'Ajaccio, ce que ne manquera pas d'exploiter la défense d'Yvan Colonna, accusé du meurtre du préfet.

Une mère et sa fille en voiture, des passants sur le trottoir, des spectateurs se rendant au théâtre : plusieurs témoins ont décrit très partiellement la scène.

Pour les enquêteurs, il y avait trois complices sur les lieux immédiats du crime, mais les témoignages restent flous et évoquent en vrac des perruques, un homme avec un talkie-walkie, des gants montants, un homme à chaque bout de la rue... La police explorera même un temps une "piste des blonds".

Deux des six complices présumés de Colonna, déjà sous les verrous, ont reconnu avoir participé au commando, sans détailler leurs actes, et pour l'accusation, le berger corse est le troisième vu par les témoins. Lors de l'enquête, quatre d'entre eux avaient affirmé qu'Yvan Colonna était celui qui avait tenu l'arme mais ils se sont ensuite rétractés.

Après sa condamnation à la prison à perpétuité en juillet 2003, et donc alors qu'il ne risquait plus rien pénalement, Pierre Alessandri, ami d'enfance d'Yvan Colonna, a même affirmé être l'auteur des coups de feu, une version qui n'a pas convaincu les enquêteurs.

En attendant, la défense a déjà semblé marquer un point grâce au témoignage du médecin légiste qui a examiné le corps du préfet. Selon le docteur Paul Marcaggi, son assassin devait être "au moins aussi grand" que lui, soit 1,83 mètre, alors que le berger de 47 ans mesure 1,72 mètre. Il se base sur le fait que la première balle dans la nuque ayant atteint le préfet montre "un angle de tir assez faible", quasi-horizontal, indiquant que son assassin "était probablement de grande stature... Plutôt un grand gabarit qu'un petit".

Les avocats d'Yvan Colonna ont profité de ce coup de théâtre pour souligner que depuis l'interpellation de leur client en 2003, après quatre ans de cavale, ils avaient demandé à plusieurs reprises, en vain, un transport sur les lieux avec une nouvelle reconstitution du crime.

Après la déposition du médecin jeudi, l'avocat général Yves Jannier a voulu revenir le lendemain sur ce témoignage dommageable pour l'accusation mais, au nom du débat contradictoire, le président Dominique Coujard a préféré reconvoquer le Dr Marcaggi qui devrait être à nouveau entendu lundi.

Depuis le début des audiences, Yvan Colonna suit attentivement les débats, le visage impassible. A deux reprises déjà, il a affirmé son innocence, se disant victime d'une enquête menée "à charge", un axe que devraient développer davantage ses avocats avec les témoignages à venir des enquêteurs, des juges d'instruction et des responsables des services anti-terroristes.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 11:33
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Colonna : polémique autour du rapport du légiste

Stéphane Durand-Souffland

Le Figaro


Au cinquième jour du procès de l’assassin présumé du préfet Erignac, les conclusions suprenantes du médecin légiste continuent d’animer les débats.

Comment transformer une simple péripétie d’audience en mini-affaire dans le procès Erignac ? En agissant comme les deux avocats généraux qui soutiennent l’accusation, Yves Jannier assisté de Christophe Teissier.

Acte I. Jeudi après-midi, M. Teissier, tout en rondeur, interroge paisiblement le médecin légiste qui vient de livrer ses conclusions. Nul ne s’attend à ce que le Dr Paul Marcaggi bouleverse le prétoire : les conditions matérielles de la mort du préfet Erignac sont connues, seule l’identité de son assassin reste à établir. M. Teissier pose alors une question que rien ne l’obligeait à soulever. Il veut savoir si l’on peut, au vu des blessures, se faire une idée de la taille du tireur.

Réponse du légiste ajaccien : « M. Erignac mesurait 1,83 m, il remontait la rue Colonel Colonna d’Ornano qui est en pente. La trajectoire des balles est pratiquement horizontale. Si le tireur se situe à 15 ou 20 cm, il était donc probablement de grande stature, comme le préfet ». C’est un peu fâcheux, car Yvan Colonna ne mesure que 1,72 m. Le président Dominique Coujard relance, naturellement, le praticien, qui ajoute textuellement : « Je ne peux pas me prononcer de façon formelle mais il est clair que c’est plutôt un grand gabarit ». La défense boit du petit-lait, d’autant que ni la partie civile, ni le ministère public ne renchérissent. A l’extérieur du prétoire, le médecin légiste confirme aux journalistes les propos qu’il vient de tenir à la barre.

Acte II. Vendredi matin, Yves Jannier est très en colère. Solennel, il dresse son hermine et déclare : « Je souhaiterais qu’on puisse revenir sur la déposition du D r Marcaggi, qui s’est répandu dans les médias. Compte tenu de cette évolution des débats, il faut projeter les photos de l’autopsie, au moins cinq d’entre elles. Ces clichés sont terribles, mais la recherche de la vérité ne peut en faire l’économie ». En tout cas, pas le vendredi, alors que jeudi, le praticien étant présent, c’était apparemment possible.

La défense, par la voix du bâtonnier Sollacaro, estime naturellement que « ce débat ne peut se faire que de manière contradictoire ».

M. Jannier, sur le ton rogue qu’il affectionne : « L’expert a déposé hier, il a complété sur TF1 sa vision de la chose. Mais sa mission ne portait pas sur ce point [la taille du tireur] ».

Me Sollacaro : « Mais c’est l’avocat général Teissier qui lui posé la question ! Nous n’avons cessé de demander un transport sur les lieux qui nous a été systématiquement refusé ».

Me Gille Simeoni : « Nous sommes surpris, car quand l’expert a répondu à une question de Monsieur l’avocat général, ni le parquet général, ni la partie civile, n’ont soulevé de contestation. Le D r Marcaggi a expressément évoqué l’autopsie, et on veut maintenant faire circuler les photos en son absence ».

M. Jannier, amendant sensiblement sa position initiale : « Je demande l’intégralité des clichés de la scène de crime et de l’autopsie ».

La défense ne varie pas : d’accord pour les photos, mais en présence de l’homme de l’art compétent pour les commenter.

Me Philippe Lemaire, fer de lance de la partie civile, soutient que le visionnage est indispensable, et ajoute qu’il existe des contradictions dans le rapport écrit de l’expert, ainsi que des incohérences entre les diverses expertises.

De l’autre côté de la barre, Me Pascal Garbarini met en garde contre le risque de voir les débats « tronqués », antienne de la défense de M. Colonna.

Yves Jannier, furieux : « Il faut arrêter avec ce reproche ! J’ai évoqué ces photos hier ! Que l’on parle d’experts, mais pas de spécialistes (sic) ! »

Le président reprend la main. Depuis lundi, Dominique Coujard préside sans jamais hausser le ton. Son flegme, son physique de sénateur romain, sa connaissance impeccable du dossier et son impartialité, le dispensent de tout effet superflu pour ramener le calme. Il décide de projeter toutes les photos prises par les policiers de l’Identité judiciaire et jointes au dossier, sur la scène de crime (51 clichés) puis lors de l’autopsie (12).

La famille de Claude Erignac quitte momentanément la cour d’assises. Les images insoutenables se succèdent sur les écrans. Le crâne de la victime, dévasté par les trois balles de 9mm tirées dans la nuque, apparaît. Pour les besoins de ses investigations, le légiste a introduit de longues et fines baguettes---des « tringles »---, dans les orifices d’entrée et de sortie. Pour le profane, il semble que les trajectoires sont nettement ascendantes, et non proches de l’horizontale comme le disait le Dr Marcaggi.

L’on ne peut pas dire si M. Jannier avait été plus agacé par la question de son collaborateur ou par le fait qu’un expert était apparu quelques secondes à la télévision. Quoi qu’il en soit, le légiste devra revenir dès lundi compléter sa déposition, et il faudra une deuxième fois supporter les clichés de l’autopsie dont le parquet général, avec une pudeur qu’on ne lui connaît pas toujours, croyait pouvoir faire l’économie jeudi après-midi.

Posté par Adriana Evangelizt


Samedi 17 novembre 2007 6 17 /11 /Nov /2007 11:36
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Coup de théâtre au procès Colonna

Yvan Colonna est trop petit pour avoir été le meurtrier de Claude Erignac: au quatrième jour d'audience, la Cour d'assises spéciale de Paris a connu jeudi son premier coup de théâtre grâce au docteur Paul Marcaggi, qui a examiné le corps du préfet dans les heures qui ont suivi l'assassinat à Ajaccio, le 6 février 1998.

Le médecin légiste a laissé entendre jeudi que l'homme qui a tiré trois balles dans la nuque du préfet de Corse était "probablement de grande stature". Selon lui, l'assassin devait être "au moins aussi grand" que la victime, soit 1,83 mètre, alors que le berger corse accusé du meurtre mesure 1,72 mètre.

Le médecin se base sur le fait que la première balle dans la nuque qui a atteint le préfet montre "un angle de tir assez faible", quasi horizontal. Hors, le tireur se trouvait derrière sa victime qui montait la rue du colonel Colonna d'Ornano, une artère en pente dont les trottoirs sont constitués de larges marches.

Le préfet était donc déjà légèrement plus en hauteur que son meurtrier qui, pour avoir pu tirer une balle à la trajectoire quasi-horizontale était "plutôt un grand gabarit qu'un petit". Pour autant, il se refuse à être "formel", notamment parce qu'il n'a pas participé à la reconstitution des faits, ce qui a amené la défense d'Yvan Colonna a rappeler que, depuis l'arrestation de son client en 2003, elle avait demandé une nouvelle reconstitution. Les avocats d'Yvan Colonna pourraient la redemander et, si le président Dominique Coujard acceptait, la cour devrait se déplacer à Ajaccio.

"Les trois blessures étaient toutes mortelles, immédiatement", a dit le médecin dans un prétoire désertée par la veuve du préfet, Dominique Erignac, qui ne souhaitait pas entendre les détails de l'autopsie de son mari. Condisciple de sciences politiques du préfet, l'ancien patron des patrons, Ernest-Antoine Seillière, assistait aux débats.

Auparavant, le capitaine Hélène Graziani, du SRPJ d'Ajaccio, avait expliqué que, dans les jours précédant l'assassinat, la police avait fait part de ses "inquiétudes" quant à sa sécurité au préfet, lui demandant de "prendre des précautions". Mais "il voulait montrer qu'on pouvait vivre en Corse comme tout le monde", explique-t-elle.

Si la police était "inquiète", c'est qu'elle piétinait depuis des mois pour tenter de démasquer les auteurs de trois attentats, sans victime, revendiqués par un groupe "d'anonymes" jusque-là inconnu. Le 4 septembre 1997, à Strasbourg, la façade de l'Ecole nationale d'administration vole en éclat. Deux jours, plus tard, c'est la caserne de gendarmerie de Pietrosella, en Corse-du-Sud, qui est soufflée et le 11 novembre, trois attentats à l'explosif, dont deux ratés, visent des bâtiments de Vichy (Allier).

Confusion supplémentaire, un mystérieux groupe Sampieru s'attribue aussi les attentats de Strasbourg et Pietrosella, puis dans un tract du 21 janvier 1998, moins de trois semaines avant l'assassinat du préfet, condamne d'avance les attaques à venir contre "certains représentants éminents de l'Etat colonial". Derrière Sampieru, la police croit voir Marcel Lorenzoni, syndicaliste agricole et militant séparatiste, aujourd'hui décédé.

C'est ce qui lancera les enquêteurs sur la "piste agricole": 340 interpellations et 42 mises en examen plus tard, "l'enquête est toujours en cours", reconnaît le commissaire Philippe Frizon, de la lutte anti-terroriste. La défense, qui a fait citer les trois juges d'instruction et les responsables de la lutte antiterroriste, a beau jeu de dénoncer dès maintenant les "incohérences" de l'enquête.

Sources
RTL

Posté par Adriana Evangelizt


Samedi 17 novembre 2007 6 17 /11 /Nov /2007 04:21
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Colonna s'adresse à la famille Erignac :

"Ce n'est pas moi qui ai tué"

Yvan Colonna s'est adressé directement vendredi à la veuve, aux enfants et au frère du préfet Claude Erignac, dont il est accusé de l'assassinat, pour leur assurer devant la Cour d'assises spéciale de Paris : "Ce n'est pas moi qui ai tué votre mari, votre père, votre frère."

"Je sais que c'est difficile pour vous de m'écouter, car cela fait huit ans et demi qu'on dit que je suis l'assassin. D'après ce que j'ai vu dans la presse, vous croyez toujours que c'est moi", a-t-il dit depuis son box, faisant face à la famille Erignac.

"Je sais que vous avez droit à la vérité, et la vérité, je le dis depuis le début : ce n'est pas moi qui ai tué votre mari, votre père, votre frère", a dit Yvan Colonna.

"Croyez bien que je compatis à votre douleur et que je respecte votre deuil", a-t-il ajouté.

Dominique Erignac, la veuve du préfet, Marie-Christophine et Charles-Antoine, ses enfants, son frère Robert, venaient de témoigner à la barre pour évoquer la personnalité du préfet assassiné le 6 février 1998.

"Depuis 10 ans, je suis seule et je veux connaître la vérité", a dit Dominique Erignac, en lisant une déclaration : "Depuis cette date du 6 février 98, j'ai toujours du mal à rassembler et exprimer ce que je ressens", s'est-elle excusé.

"Depuis ce temps, je ne cesse de me poser cette question: pourquoi ?... Je croyais que dans cette région, il y avait un code d'honneur dont les habitants de la Corse sont très fiers."

Elle s'en est aussi prise aux complices présumés d'Yvan Colonna, déjà sous les verrous, dont quatre l'ont initialement désigné comme le tueur de son mari, avant de se rétracter, l'un d'entre eux s'accusant même plus tard du meurtre.

"J'en ai assez de subir les attitudes des uns et des autres. Tous ces revirements font de ma vie une vie cahotique... (Ils) ne visent qu'à disculper l'un d'entre eux", a-t-elle dit.

"Mes enfants et moi, nous avons droit à la vérité et Claude à la justice", a-t-elle lancé.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt




Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 16:16
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Colonna se décrit en militant rangé,

victime d'une enquête "à charge"

Même s'il "reste un patriote corse", Yvan Colonna a assuré mardi avoir quitté tout militantisme nationaliste dès 1990, huit ans avant l'assassinat de Claude Erignac, dénonçant une enquête "à charge" qui le désigne à tort comme le meurtrier du préfet.

Manches retroussées, bras croisés et tête relevée, la parole facile et légèrement chantante, le berger corse de 47 ans n'hésite pas à interrompre avocats ou procureur : "vous vous rendez compte de l'absurdité de votre question, maître ?", "qu'est-ce que c'est que cette histoire ?", "laissez-moi finir !".

Après une longue lecture de l'acte d'accusation lundi, Dominique Coujard, président de la cour d'assises spéciale de Paris, lui donne la parole mardi matin.

"Les témoignages en ma faveur ont été tronqués ou sortis de leur contexte", dit Colonna, regrettant que "tous les éléments à décharge" aient été "écartés".

"Ce dossier, il est construit à charge, la radicalité (de son engagement, ndlr) elle n'existe pas!", insiste-t-il, accusant les juges d'instruction Laurence Le Vert et Gilbert Thiel d'avoir voulu "noircir le personnage".

Il reproche à Mme Le Vert d'avoir accordé "du crédit" au "mafieux" François Santoni, ancien chef du FLNC, assassiné par des inconnus en 2001.

Interrogé sur les autres épisodes de la lutte nationaliste où son nom a été mêlé --preuve selon les enquêteurs de "la force et l'ancienneté de l'engagement nationaliste" de l'accusé--, Colonna, dont le casier judiciaire est vierge, n'y voit que "des amalgames".

D'ailleurs, il assure avoir cessé tout militantisme actif dès les années 1989-90. "J'ai eu un tournant de ma vie professionnelle et affective..., avec un investissement de tous les instants dans mon exploitation agricole et avec la naissance de mon fils", explique-t-il, tout en disant rester "un patriote corse".

"Entre ses chèvres et son fils, il avait bien assez à s'occuper", confirme sa tante Josette Colonna Beech.

Absente pour raisons de santé, sa mère a expliqué dans un témoignage lu que son fils avait aussi été "écoeuré" par les luttes fratricides des nationalistes.

Droit dans son costume cravate, son père de 73 ans, l'ancien député PS Jean-Hugues Colonna, se dit "convaincu de l'innocence" de son fils, mise à mal par le ministre de l'Intérieur d'alors, Jean-Pierre Chevènement, qui "voulait aller vite".

Mais il a beaucoup de mal à expliquer pourquoi, dans une lettre écrite le 28 mai 1999 à la veuve du préfet, alors qu'Yvan venait de prendre le maquis pour quatre ans de cavale, lui et son épouse Cécile lui avaient demandé "pardon, ainsi qu'à vos enfants et à tous ceux à qui nous avons fait du mal".

Ne peut-on voir là une "reconnaissance de culpabilité?", lui demande Me Philippe Lemaire, avocat de Dominique Erignac.

"Non", réplique Jean-Hugues Colonna, qui explique, des sanglots dans la voix, qu'il a traversé une période de "doutes". "Mais je ne les ai plus", enchaîne-t-il, redisant son fils "i-nno-cent".

Tous les témoignages montrent la force de l'attachement de l'accusé à son île.

Il explique ainsi avoir ressenti "un arrachement" au départ de sa famille à Nice quand il avait 16 ans et n'avoir eu ensuite de cesse que de retourner dans son île natale. "Il s'est senti déraciné", dit sa tante.

"J'aime mon pays par dessus tout", affirme-t-il pour justifier l'interruption de ses études d'éducateur sportif sur le continent. La rencontre avec un vieux berger de Corse-du-Sud lui forgera ensuite une nouvelle vocation. "Mon potentiel je l'ai mis au service des chèvres".


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt



Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 19:57
- Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : YVAN COLONNA/CORSE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

A voir Absolument...

Il y a  

5

  personne(s) sur ce blog

 

Le blog de René Dosière

 

DOC -Folie des Grandeurs Sarkozy UE

Catégories

Images aléatoires

W3C

  • Flux RSS des articles

Recherche

Recommander

Concours

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés