POURQUOI LA FRANCE BRÛLE

Publié le par Adriana EVANGELIZT

POURQUOI LA FRANCE BRÛLE

par Christophe BARBIER

 

Etat d'urgence: c'est la réponse du pouvoir aux émeutes dans les banlieues. Mais il est déjà perdant dans cette crise de régime où il paie dix ans d'échecs de Jacques Chirac et trente ans de fiasco de la politique de la ville
 
Ainsi va la France: jamais elle ne produit les crises que l'on attend ou pronostique. On guettait l'humeur des syndicats tout au long de cet automne, et ce sont les banlieues qui ont sauté à la figure du pays. Un embrasement sans précédent, qui stupéfie le monde, ruine l'image de la France à l'étranger et devient de plus en plus dangereux pour ses habitants. Nul autre pays, il est vrai, n'est capable de basculer aussi soudainement dans un drame national. Parce que l'Etat y est plus omnipotent que partout ailleurs, les désordres y prennent vite une ampleur exceptionnelle et des allures de révolution. Rien ne s'y joue d'important sans que les gouvernants soient mis en cause. S'il est bien un fait politique majeur dans ces journées de révolte, au-delà de la fracture sociale, qui jaillit des cités comme un volcan de terre, c'est cette confrontation directe entre le pouvoir et des émeutiers parfaitement conscients de défier l'ordre public.
Pour le gouvernement et le chef de l'Etat, cette épreuve est à hauts risques, car tout y est imprévisible. Certes, le pouvoir a choisi la manière forte pour ramener le calme en réveillant la loi de 1955 sur l'état d'urgence, qui autorise les préfets à décréter le couvre-feu; mais, même s'il parvient à ses fins, il en sortira terriblement affaibli. On ne peut vouloir incarner la sécurité et l'ordre et être ainsi malmené. C'est la crédibilité de la droite qui est en question sur son terrain de prédilection. Celui-là même qui avait permis à Jacques Chirac de se faire réélire en 2002. Le chef de l'Etat, à dix-huit mois de la fin de son mandat, se retrouve dans une double situation d'échec: la fracture sociale, qu'il voulait refermer en 1995, devient une immense crevasse sous ses pas; l'ordre public, dont il était le champion, est balayé par une révolte qui peut se transformer en chienlit nationale, tant le ras-le-bol et la souffrance vont bien au-delà des banlieues.
Autant dire que sa politique est en dépôt de bilan. Il faudrait peu de chose pour que ce soulèvement se transforme en crise de régime. Tous les ingrédients du collapsus politique sont réunis. Même si les ferments sont très différents de ceux de Mai 68, la situation est comparable: une chienlit sociale qui révèle un danger majeur de désagrégation de la société et un pouvoir dont les commandes ne répondent plus, faute de savoir anticiper les événements et les gérer. Le déphasage entre le sommet de l'Etat et la réalité est si criant que le château de cartes peut s'effondrer. La crise peut, évidemment, retomber, mais le feu continuera à couver sous la cendre, rendant la situation incertaine et alimentant une inquiétude que le pouvoir aura bien du mal à assumer face au reste de la population. Or une nation ne peut vivre durablement avec un pouvoir qui ne sait pas la soulager de ses peurs. Les révoltes peuvent s'amplifier et pousser les gouvernants à une véritable répression. Mais une nation démocratique ne peut vivre durablement en état de siège.
Tout peut donc arriver. Une chose est certaine: comme en 1968, le pouvoir, s'il impose l'ordre, remportera une victoire à la Pyrrhus, car, quelle que soit l'évolution des événements, il en sortira perdant, tant son autorité a déjà été piétinée. Durer jusqu'à l'échéance électorale de 2007 sera un bien long marathon, voire un calvaire, si les périls demeurent. Comment redresser le pays quand la base de toute politique, l'ordre, vacille? La droite paie à la fois une addition de dix ans, avec l'incapacité de Jacques Chirac à recoudre la nation française, et une ardoise de trente ans, celle de l'incurie collective en matière de politique de la ville. Avec la récurrence des flambées et la permanence des problèmes, il existe au premier regard une fatalité des banlieues françaises, comme si le fameux «On a tout essayé», que François Mitterrand avait appliqué au chômage, était valable pour les quartiers en difficulté. Mais il en est de la ville comme de l'emploi: tout a été essayé, sauf ce qui marche.
Pas de fatalité, donc, mais un long fiasco français. Gauche et droite, fonctionnaires et élus, permissifs et sécuritaires s'y sont cassé les dents. Avec une certaine résignation, puisque, entre deux crises, les zones sensibles étaient sous contrôle. Et la recette s'imposait: faire ce que l'on peut pour arriver à pas grand-chose mais éviter le pire. Cette fois, le pire est là. C'est la France, pourtant, qui a inventé la politique de la ville, pour que vivent ensemble, dans des cités mal pensées, des populations mal intégrées. Des années 1980, avec le «développement social des quartiers», au plan de Jean-Louis Borloo en août 2003 (30 milliards d'euros, 200 000 logements détruits, autant de reconstruits et autant de rénovés), l'ambition n'a cessé de croître, les moyens de fluctuer et les illusions de s'éteindre. Avec le couple Borloo- Sarkozy, doté de grands moyens financiers, la droite croyait avoir équilibré répression et social. Depuis deux semaines, preuve est faite que la France boite encore. L'alliance du béton et du bâton ne suffit pas.
Pourquoi ces trente ans d'échecs? D'abord, parce que le chômage a noyé toutes les bonnes volontés, ruinées aussi par l'effondrement des autorités, de l'Etat à la famille, en passant par l'école. Ensuite, parce que l'administration, et non les élus, a mené les réformes. Ou plutôt les administrations, qui toutes inventèrent leur dispositif, provoquant un vaste saupoudrage et une grande confusion, aucune mesure n'effaçant les précédentes. Enfin, la France a toujours alterné le global et le local, le plan d'Etat et le sur-mesure municipal. Le plan Borloo a tranché en faveur du second, sanctuarisant des crédits monstres pour des projets pensés au cas par cas. Lentement, le paysage urbain change, même si le ministre convient que l'Ile-de-France manque de terrains libres pour parfaire cette mue. Mais les habitants ne se changent pas comme des ascenseurs en panne. Le bâti peut être repris jusqu'en ses fondations, le facteur humain est beaucoup plus complexe à corriger. Or le problème des banlieues est aussi, peut-être avant tout, un problème de population.
Beurs en retrait, jeunes Noirs en pointe

C'est l'ultime tabou français: «Vaut-il mieux traiter les “lieux'' ou s'occuper des “gens''?» demande Marie-Christine Jaillet, chercheuse à l'université Toulouse-le Mirail. Depuis la Marche des beurs, en 1983, on sait que le «qui» l'emporte sur le «où», mais les gouvernements ne savent que répondre. Aujourd'hui, dans les émeutes, les beurs sont en retrait et les jeunes Noirs en pointe, mais les observateurs ne savent comment le dire. «Modèle républicain oblige, poursuit Jaillet, il n'est pas politiquement correct, en France, de prendre en compte la dimension ethnique», que la récupération par le FN a par ailleurs incité à «euphémiser». La question est désormais ouverte et, avec pragmatisme, la France doit lui apporter des réponses. Parce que l'urbanisme n'est pas la seule solution pour ces jeunes Français qui ne croient pas à la France, au point d'y mettre le feu. Ni l'état d'urgence, la seule réponse pour ceux qui voient brûler leur voiture.
Sources : L'EXPRESS
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Publié dans INTEGRATION EN FRANCE

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A
A Blandine...<br /> <br /> Chose promise chose due... ton texte est là...<br /> <br /> http://villepin.over-blog.com/article-1206524.html<br /> <br /> Je te souhaite bon courage à toi aussi pour tes actions et rend grâce au coeur que tu possèdes...<br /> <br /> Fraternellement<br /> <br /> Adriana Evangelizt<br />
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A
A Gentle<br /> <br /> Merci pour ton commentaire et pour avoir mis mon lien sur ton site. J'y suis passée et j'aime. Je t'ai aussi rajoutée à mes liens...<br /> <br /> Mes Amitiés<br /> <br /> Adriana Evangelizt
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P
Hésitant entre la gauche et la droite, je sens que les médias faussent toujours les débats à l'image de ce photomontage :(http://www.local.attac.org/paris19/article.php3?id_article=93)<br /> Comment faire ?<br />
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L
APPEL CITOYEN : faisons perdre à Sarkozy, l'élection symbolique à la présidentielle 2007 qui se déroule actuellement sur le site web suivant : <br /> " http://francepolitique.free.fr/presidentielle2007.htm " <br /> <br /> Dans ce sens, nous appelons tous les amis de gauche comme de droite et du centre, à voter, dans la rubrique UMP, pour Dominique De Villepin qui a été le principal artisan de l'échec de bush aux nations unies, avant l'invasion de l'Irak et cela afin de faire échouer l'élection de sarkozy, le roi des néocons hexagonal !!!!<br /> <br /> Sarkozy y talonne actuellement De villepin, mais menace de le dépasser et risque ainsi de gagner ladite élection 2007 si nous ne nous mobilisons pas, c'est dans ce sens que j'appelle tous les amis, à voter eux aussi, dans ce sens, de telle façon que sarkozy, puisse savourer son premier échec relatif à la présidentielle 2007 !!!!<br /> <br /> Cette élection est bien sûr symbolique mais les symboles ont aussi leur importance.<br /> <br /> Les ami(e)s peuvent ensuite voter pour le(s) candidat(s) de leur choix dans les autres rubriques (parti socialiste, communiste, etc...) mais l'important ici demeure avant tout de faire échouer Sarkozy<br /> <br /> Bien fraternellement et merci à vous, de votre bonne compréhension et collaboration !<br />
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B
à Adriana<br /> <br /> j'ai été très touchée de ton commentaire sur le blog de mon association (tribuninfos, journal de l'ESCP-EAP)..je serais heureuse que Les Pieds dans le Ruisseau fasse partie de ce site, n'hésite donc pas à l'insérer.<br /> <br /> Je reviendrai certainement fréquemment sur ce blog pour apporter mon soutien au candidat poète qu'est Villepin. Bon courage pour la suite!<br /> <br /> Toutes mes amitiés<br /> Blandine
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