LE BAL DES HYPOCRITES

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Bon article sur certaines réalités qui pourraient bien profiter à Dominique de Villepin...

 

Election présidentielle-UMP : le soutien, cap de bonne espérance…

par Patrice Biancone

 

Hier soir, c'était grand bal des hypocrites à l'Assemblée nationale. Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin sont arrivés ensemble. Presque bras dessus, bras dessous. Sourires aux lèvres et solution en poche, pour éviter une énième passe d'armes devant des Français qui en ont assez de ces questions de couples politiques qui déclarent s'aimer, qui se disent fiancés, mais qui passent leur temps à se disputer et qui sans cesse, menacent de rompre publiquement pour mieux exister et pourquoi pas devenir l'Unique, celui qui s'installera dans le fauteuil de Jacques Chirac, cela au risque de perdre une élection dont le secret réside tout de même, ne l'oublions pas, dans la capacité du candidat à créer l'unité autour de lui.

Car à l'occasion de la réunion du bureau politique de l'UMP, et devant la conviction des deux impétrants, on ne pouvait s'empêcher de penser que finalement la République est bien mal organisée, elle qui n'a prévu l'élection que d'un seul président à la fois. Une fonction rare qui a poussé Nicolas Sarkozy à réformer les statuts de l'UMP pour tenter d'empêcher tout parasitage de son ambition. L'UMP c'est son affaire. Quasiment son entreprise. Et malvenus sont ceux qui tentent de modifier le cap qu'il a lui-même fixé.

Hier soir pourtant la majorité a évité le pire parce que son chef le voulait bien et parce qu'il s'est résolu à une de ces contorsions qui laisse pantois quand on a entendu dire et répéter, par ses partisans et pendant de longues semaines, que l'alpha et l'oméga de l'organisation de l'élection présidentielle étaient des primaires organisées au sein du parti. Nicolas Sarkozy y voyait le meilleur moyen d'écarter tout rival, on l'a dit. Les chiraquiens refusaient le piège. Compromis a donc été passé. Résultat, il n'est plus question que de procédure de soutien.

Bataille de mots, pourrait-on penser. Pas tout à fait ! Un soutien n'est pas une investiture, c'est une formule plus ouverte, même si, soutien, signifie pour Nicolas Sarkozy, soutien politique, soutien logistique et soutien financier, c'est-à-dire, la mobilisation totale du parti au service du candidat désigné.

Nicolas Sarkozy a ainsi préservé l'essentiel, pense t-il, mais Dominique de Villepin peut aussi se dire qu'il a réussi à garder ouvert un chemin de traverse menacé de fermeture qui pourrait fort bien le conduire à l'Elysée. Après tout, on vit aussi d'espoir. Et en la matière, les sondages poussent le Premier ministre à l'optimisme. Il monte, il monte et pourrait encore monter, pour peu qu'il ne commette pas d'erreurs et qu'il continue à être un responsable crédible tant sur les questions de sécurité que sur celles du front social, ce qui, dans son esprit pourrait éventuellement faire basculer les militants qui aiment bien juger sur pièces. Naïveté pensent les sarkozystes, la preuve que le chef du gouvernement, qui n'a jamais affronté le suffrage universel, n'est pas un homme de parti et qu'il n'entend rien à leur fonctionnement...

Voilà qui ne devrait pas trop chagriner Dominique de Villepin. Il refusait les primaires parce que ce n'est pas dans la tradition gaulliste. Or cette même tradition veut que le président soit au-dessus des partis. Et de ce point de vue, il a de meilleures cartes que son adversaire qui construit autour de lui des murs qui seront peut-être difficile à franchir quand il sera question, pour chacun, d'élargir son audience...
Sources : RFI
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Publié dans Villepin Sarkhozy

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