Autopsie de la candidature Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Autopsie de la candidature Sarkozy


par Terouga




Loin de l’auteur de ce texte l’idée de faire une différence de nature ou de culture entre Sarkozy et Royal. Tout vient à point à qui sait attendre et ceux qui me connaissent savent que je mets sur un strict pied d’égalité les deux têtes de gondole de l’UMPS. Comme il vocifère depuis plus longtemps et adopte un style plus tonitruant que Royal, Sarkozy a les honneurs de ces colonnes.


Maire de la commune la plus riche de France, ami des grands capitalistes français et internationaux, spécialistes des défaites électorales[1] et ministre depuis 2002, N. Sarkozy ose s’imposer non seulement au reste de la droite, mais aussi au pays tout entier en rêvant de remplacer son ex mentor J. Chirac.


Très mal parti vu le bilan de la droite depuis 2002 pour le second tour il pourrait bien, comme Jospin en 2002, ne pas passer le premier tour. Trois raisons convergentes l’handicapent au plus haut point. Cela expliquerait son récent changement de ton visant à mieux cacher ses idées.

 

1. Le sinistre de l’intérieur

La droite française règne sans partage sur la France depuis les présidentielles de 2002, grâce à l’épouvantail Le Pen J. Chirac qui a fait un score minable au premier tour (19 %) se trouve plébiscité au second (82 %). Or, au lieu de faire autre chose que de l’euro-libéralisme et de redresser la France, J. Chirac lance le pays dans des réformes libérales qui désintègre la faible popularité d’une droite déjà engluée dans des affaires. Le gouvernement Raffarin devient alors le plus impopulaire de la V° république faisant presque oublier le gouvernement Juppé, autre créature azimutée de la Chiraquie… Dans cette débâcle qui débouchera sur le désastre des élections régionales N. Sarkozy ne fait rien et ne peut rien. Il sombre avec le bateau ivre de Raffarin en s’agitant sur les questions de sécurité. S’inspirant déjà de méthodes de communication américaines il gesticule sur tous les media (où il compte des amis personnels comme Balladur jadis) dès que l’actualité le lui permet.

Ainsi depuis 2002 il sature les ondes dès qu’un fait divers lui donne l’occasion de répéter les mêmes banalités entre deux mouvements de menton[2]. Au début ce ton sévère et cette apparente fermeté fonctionnent, mais cinq ans après tout le monde s’est rendu compte qu’il ne veut (ou ne peut) rien faire. Grand bourgeois, il se moque totalement des banlieusards et lance les barques sous-équipées de la police contre la marée montante de la délinquance. Le ministre n’est pas idiot, il sait bien que le niveau de criminalité est lié à l’économie. Comment réduire la délinquance sans réduire le chômage ? Comment contrôler les trafics quand les traités européens ouvrent les frontières ? Bref, des policiers jeunes, mal formés et sans moyens sont utilisés dans des opérations spectaculaires qui n’ont aucune efficacité sinon celle de faire la publicité d’un ministre[3] qui, au fil des années, ne sait plus comment cacher son sinistre bilan.

Mal conseillé ou totalement irresponsable, N. Sarkozy a même finit par provoquer des violences pour mieux apeurer les braves gens. Ce fut en cas lors des émeutes de 2005 où il ne su qu’exagérer et mentir quand il accusa des « barbus » d’être derrière ces violences. Il ne pouvait ignorer à quel point il était dans l’erreur et publia même sur le site du ministère de l’intérieur une « fatwa » appelant (sans succès d’ailleurs) à la fin des violences...

Pourtant, il entretient des relations plus que bonnes avec les organisations religieuses les plus suspectes. Islamo-conservateurs de l’UOIF, juifs orthodoxes ou sectes protestantes « évangéliques », N. Sarkozy promet à ces éminents progressistes de « dépoussiérer » la loi de 1905, c'est-à-dire de la liquider et de subventionner sur fonds publics des lieux de culte.

Pour lui la France n’est pas une république de citoyens, mais une juxtaposition anglo-saxonne de « communautés ». Ainsi, pour satisfaire une imaginaire communauté islamique il nomma un préfet non pas sur compétence, mais parce qu’il était musulman[4]. Indifférence de l’opinion, échec de la politique.

Même stratégie en Corse : pour s’allier les milieux nationalistes il reprit l’idée anti-républicaine de « statut de la Corse » à Jospin. Même combine, même échec : les citoyens corses dirent NON par référendum[5] à ce projet qui ne résolvait aucunement les problèmes de l’île. Non content de ces échecs il tente d’acheter des voix « exotiques » en parlant de discrimination positive… Autre idée étrangère, antirépublicaine et, surtout, franchement impopulaire.

Sur la sécurité le bilan du ministre est sans appel, sur les questions de sociétés, il n’arrive même pas à fidéliser des organisations communautaires dont se méfie les dites « communautés » et il propose la fin de la loi de 1905 alors qu’un consensus écrasant veut la préservation de cette loi tous partis politiques confondus, FN compris. Comment un tel looser pourrait devenir, du premier coup, président de la république ?


2. Bush ou Blair ?


Depuis quelques années déjà N. Sarkozy (comme à l’époque de Balladur où il comprit pas son échec) est coupé des réalités. A force de fréquenter des grands oligarques de France et d’ailleurs il finit par tomber du côté où il penche : du côté de Bush et Blair.

Là aussi, le handicap est énorme : comment se faire élire président dans un pays qui est le plus rétif du monde au libéralisme et à l’impérialisme ? Malgré le croupissement libéral de la « droite » et la « gauche » française, jamais les politiciens n’ont osé aller aussi loin et aussi vite que Thatcher, Reagan, Blair ou Bush. Sur les questions fiscales, économiques et internationales les élus se cachent derrière les traités européens (qu’ils ont soutenus) pour imposer aux Français des « réformes » qui engraissent les gros et font crever les petits. Avec Sarkozy, pas de demi-mesure : jusqu’à une période récente il s’exprima sur ces questions comme un vulgaire boutiquier inculte et égoïste parlant de « rupture ». Or, sentant que la population rejette autant ses rapports avec Bush que son libéralisme simpliste il a du tempérer ses discours, ainsi le programme législatif de l’UMP ignore l’abolition de l’ISF, mais ses silences stratégiques ne trompent absolument personne, en effet, Sarkozy souhaite toujours publiquement la fin des droits de succession.

Sur le plan intérieur il s’inspire de Bush et Blair alors même que ceux deux-là ont échoué chez eux. De même Berlusconi en Italie ou Merkel en Allemagne ne font pas rêver les Français. Les modèles de Sarkozy sont donc davantage des problèmes que des solutions pour son électorat car, rappelons-le, se présenter à toute la France ne revient pas à se présenter dans ce ghetto de millionnaires qu’est Neully.

La dernière visite du ministre de l’intérieur aux Etats-Unis est donc très mal passée en France en général et plus encore dans son propre électorat où les souvenirs de l’épopée gaulliste sont encore parfois vivaces. Ce fut le cas quand J. Chirac refusa d’aider Bush dans son invasion de l’Irak en 2003. Sur ce sujet où la France avait raisonSarkozy multiplie depuis lors les signes de son opposition à la ligne officielle de la France.


3. Jospinite aiguë


Mais la défaite de Sarkozy ne serait pas certaine s’il n’était pas dans la situation de L. Jospin en 2002. En effet, outre un bilan plus que douteux et sortis de modèles pour le moins étrangers à la république française le candidat des grands patrons a un handicap plus important encore : la division de son propre camp. Comme son ex mentor Balladur en 1995, il traîne des caserrolles sans nombre et surtout a contre lui une guérilla interne à la droite. Révélée par l’affaire Clearstream mais qui dure depuis bien des années, les chefs de la Chiraquie sont décidés non à gagner en 2007 (à l’impossible nul n’est tenu), mais à faire perdre celui qui est encore vu comme un traître et qui multiplie régulièrement les insultes envers le président Chirac. Si opportunistes sont intéressés à rester au pouvoir avec Sarkozy, d’autres sont déjà sortis du bois non pas pour débattre d’idées dans des « forum », mais bien pour parasiter la candidature de Sarkozy : JL Debré, MA Marie, D. de Villepin sont depuis des années les complices des petites et des grandes affaires de la Chiraquie et savent bien qu’ils n’ont rien à attendre d’une victoire du ministre de l’intérieur, sinon une épuration en règle. Comme Chirac en 1981 ils préfèrent nettement la défaite humiliante du traître…

Dans l’électorat de droite cette guerre interne et sordide va faire perdre des milliers de voix au candidat principal. Villiers et surtout Bayrou vont fragmenter la droite comme les Verts, la LCR et le PRG ont divisé la « gauche » en 2002… On connaît la suite, Jospin fut autant victime de sa politique anti-sociale et européenne que des divisions de l’électorat dit « de gauche ».

-
Assez médiocre politicien, mais tellement bien financé qu’il peut se payer des experts et des complicités médiatiques, Sarkozy sait bien ce qui est écrit plus haut. Un an après son ton mussolinien sur les banlieues il réalise que c’est toute la population de ces quartiers (soit environ 10 % de nos compatriotes) qui s’est senti insultée et nullement protégée par une police en effectifs suffisants dans les beaux quartiers. De plus, le monde du travail et la fonction publique qui ont massivement voté contre la droite aux Régionales et NON au sujet de la constitution européenne ne sont nullement près à plébisciter le candidat le plus libéral et le plus antipathique de la droite. Plus que jamais les gesticulations de Sarkozy alimente le vote Le Pen et ne le dégonfle pas.


Cette situation périlleuse face à une gauche qui tente de faire oublier son euro-libéralisme et qui achète les petits candidats (le PRG, Chevènement, etc.) pousse notre mini George Bush a tempéré son discours ce qui donne lieu à d’acrobatiques argumentations qui, parfois, culmine à la critique des « patrons voyous » ou encore au rejet du libéralisme sans frein, etc. On passe de la « rupture » à la « rupture tranquille » ce qui donne toujours du boulot aux chansonniers !


Bien sûr, cette tentative tardive de correction d’une image et d’un discours peu compatible avec l’esprit français ne dupera personne, sinon ses amis des médias, qui, en le surexposant lui et sa pseudo vie intime le desserve, car dans ce domaine comme dans d’autres, le plus est l’ennemi du mieux.

Notes :


[1] Rappelons les européennes de 1999 où la liste Villiers / Pasqua dépassa celle du RPR menée par N. Sarkozy, mais aussi les régionales en mars 2004 et le référendum de mai 2005…

[2] sur la violence dans les stades il condamne solennellement les violences et promet d’agir. C’est la troisième fois depuis 2002 qu’il promet de régler la question.

[3] Les exemples de « coups » sont légion comme à la Courneuve (juin 2004) où des dizaines de policiers interviennent après la mort d’un enfant lors d’une fusillade entre bandes rivales. Il s’agit de nettoyer la cité au karsher. Les policiers ne trouvent absolument rien et ne revienne pas.

[4] Janvier 2004

[5] 6 juillet 2003 : 51 % de NON

Sources
TEROUGA

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Sarko, nabot tu n'es qu'un Gigolo ...<br /> Et il peut bien le savoir "notre" petit comique hongrois, il a beau gesticuler comme un singe sur "nos" médias ... cela ne nous empêchera pas de le renvoyer dans sa cage dès le premier tour et de le renvoyer à ses expéditeurs, grands maîtres des médias, Hersan, rothschilds et consorts !<br /> Vive la France Libre !<br /> Tous, dès le premier tour,  avec Nicolas Dupont-Aignan, le vrai patriote gaulliste de l'UMP totalement opposé à "notre" gigolo hongrois !
Répondre