Le vote électronique en débat

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Et oui... tout le monde se défait des machines électroniques Nadap mais comme par hasard, le Ministère de l'Intérieur ne dit pas un mot là-dessus et continue d'en ajouter. Et on sait bien pourquoi. 1,5 millions de voix iront où ON voudra qu'elles aillent. Ca va être comme les élections de Bush.La même chose.

 

 

 

 

Le vote électronique en débat

 

Par Nicolas MOSCOVICI

 

A un peu plus de deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, tout se met en place pour l'organisation du scrutin. Tout, y compris les machines à voter électroniques qui équiperont quelques 82 communes et par lesquelles plus d'un million d'électeurs exprimeront leur choix. Seul hic, le système comporterait d'inquiétantes failles.


Machines à voter, machines à frauder? (MaxPPP)A voté... électroniquement. Déjà expérimenté dans 55 communes lors du référendum européen du 29 mai 2005, le vote sur machine électronique, qui "a toujours donné entière satisfaction", selon le ministère de l'Intérieur, sera amplifié le 22 avril et le 6 mai prochain, pour les deux tours de l'élection présidentielle. Ainsi, 82 communes seront équipées de l'un des trois modèles agréés par l'Etat. De Nice au Havre en passant par Lorient, Le Mans ou Reims, près d'un million et demi d'électeurs n'auront pas à glisser de bulletin papier dans l'urne. Faut-il s'en réjouir ? Pas si sûr. Selon une enquête parue dans le numéro d'avril du magazine Sciences et Avenir, le piratage des machines à voter électroniques est relativement aisé. En l'absence de toute trace papier, on peut ainsi craindre une fraude généralisée.

Sans verser dans le catastrophisme, un tel scénario est en tout cas plausible. Selon le mensuel scientifique, un informaticien de bon niveau peut facilement programmer une machine afin qu'elle donne des résultats définis à l'avance. Du coup, les votes exprimés n'auraient, dans ce cas, aucune espèce d'importance ! Sur le terrain, les journalistes ont également pu se rendre compte que les techniciens chargés d'installer les machines dans les mairies étaient laissés sans surveillance par les agents municipaux, laissant ainsi le champ libre à toute forme de piratage.

Zones d'ombre

La démonstration est parlante et apporte de l'eau au moulin des détracteurs du vote électronique. Sur internet, sur le site ordinateurs-de-vote.org, une pétition "pour le maintien du vote papier" a même été mise en place. A ce jour, elle a recueilli plus de 45 000 signatures. En trois points, elle demande la mise à dispositions de bulletins de vote classiques, la suspension de toute utilisation d'ordinateurs de vote ou encore la réaffirmation du droit pour tout citoyen "de pouvoir s'assurer directement, sans faire appel à des experts, de la sincérité des décomptes".

Sur le terrain politique, le Parti socialiste s'est également exprimé sur le sujet. Le bureau national a ainsi réclamé il y a dix jours un "moratoire sur l'utilisation des machines à voter". Pointant "l'absence de fiabilité de ces machines", le PS relaie "la crainte manifestée par de nombreux électeurs devant un système qu'ils ne connaissent pas et qui risque de les dissuader d'aller voter". Il faut dire que la société néerlandaise Nedap, dont les machines ont été agréées au même titre que celles de l'Américain ES&S ou de l'Espagnol Indra, se trouve actuellement dans la tourmente. 7500 de ses ordinateurs sont effectivement restés dans les entrepôts après le passage d'experts en Irlande. Dans son pays d'origine, une commission d'enquête a même été nommée par le gouvernement à la suite d'une démonstration de détournement trop facilement réussie...

Pourtant, malgré toutes ces révélations, le vote électronique gagne du terrain dans l'Hexagone. Autorisé dans toute ville de plus de 3500 habitants, il offre selon de nombreux maires des avantages non négligeables. A commencer par des économies financières: moins de bureaux de vote, moins de personnel réquisitionné les jours d'élection ainsi qu'une prise en charge par l'Etat de 10% du prix d'achat de chaque machine (estimé tout de même à 4000 euros). En outre, la machine à voter, selon ses défenseurs, est un gage de modernité, elle permet aussi une meilleure accessibilité aux handicapés physiques ou aux non-voyants. Les plus optimistes pensent même qu'elle permet de lutter contre l'abstention. Difficile à avaler pour ses détracteurs...

Sources Le JDD

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans Elections danger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article