La commémoration de Guy Môquet, controversée, dans les lycées
Il faut le dire, le jour de l'investiture lorsqu'il a lu cette lettre, nous avons eu comme un mauvais pressentiment pour la France. C'était un peu comme s'il adressait aux Français un message particulier. Nous avons tout de suite penser qu'il allait forcément faire entrer le pays en guerre dans le futur et que cette lettre visait à nous préparer aux sacrifices à venir. Car il s'agit d'honorer "le sens du devoir, le dévouement et le don de soi", les valeurs de "courage et d'engagement" de ces Français "passionnément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie". Nous supposons qu'il n'y a pas beaucoup de présidents qui demandent cela le jour de leur investiture. Et s'il l'a fait, c'est qu'il y a une raison précise. Sarkozy a le planning bien installé dans sa tête. Déjà les menaces envers l'Iran ne sont pas innocentes. L'engagement des soldats français en Afghanistan non plus. L'installation en Irak. Et son subit revirement pour la Turquie dont on sait combien ce pays est proche d'Israël. Tout va dans le sens sionisto-américain et nous répétons que l'EuroMed n'a qu'un but : qu'Israël en fasse partie faute d'être dans l'Union Européenne, leur grand rêve. Il pourrait y avoir aussi une incrustation certaine pour adhérer à la Francophonie. N'en doutons pas. Quand on sait qu'aucun membre du gouvernement n'est capable de s'exprimer en Français et que 20 % de la population israélienne est russe, que le Français ne fait pas partie des langues obligatoires en Israël, c'est un peu fort de roquefort. Mais pas impossible. Nous avons déjà parlé du sujet ICI...
La commémoration de Guy Môquet, controversée, dans les lycées
La "commémoration du souvenir" du jeune résistant communiste Guy Môquet, organisée lundi dans les lycées devrait revêtir des formes diverses selon les établissements, sur fond d'une controverse qui dépasse largement le cadre scolaire.
Le 16 mai, jour de sa prise de fonction, le président Nicolas Sarkozy avait demandé de faire lire en début d'année à tous les lycéens la lettre d'adieux que ce garçon de 17 ans avait écrite à sa famille de sa prison, avant d'être fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941.
La date du 22 octobre a été retenue pour la lecture du texte: celle-ci pourra se faire "en classe ou en grand groupe", par "toute personnalité dont l'engagement pourrait sensibiliser les élèves". Elle pourra être suivie de la lecture "d'autres" lettres et d'"une réflexion collective", selon une note du ministre de l'Education, Xavier Darcos, publiée au Bulletin officiel le 30 août.
Il s'agit d'honorer, selon cette note, "le sens du devoir, le dévouement et le don de soi", les valeurs de "courage et d'engagement" de ces Français "passionnément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie".
Sur le terrain, "l'organisation sera très variable selon les établissements", a affirmé à l'AFP Philippe Guittet, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire chez les proviseurs: simple lecture au premier cours du lundi, éclairage du contexte, témoignages d'anciens résistants, intervention de "personnalités" extérieures.
Les parlementaires ont reçu un courrier de M. Darcos les invitant à se joindre à cette initiative. Plusieurs membres du gouvernement y prendront part: M. Darcos sera dans son lycée d'origine, à Périgueux (Dordogne), Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) à Versailles, Rachida Dati (Justice) à Villejuif (Val-de-Marne), etc.
Nicolas Sarkozy ne se rendra pas au lycée Carnot à Paris, comme un temps envisagé, a annoncé son conseiller spécial Henri Guaino, invoquant des raisons d'agenda. Des professeurs de l'établissement avaient rédigé un texte à son intention expliquant leur "refus de participer à cette commémoration".
Certains collèges seront aussi de la partie avec des initiatives locales pour les classes de 3ème.
"Dans d'autres cas, la lettre ne sera pas lue mais des élèves vont sortir sur des lieux de la Résistance. Enfin là où le courant syndical est fort, il y aura un refus de s'investir dans cette commémoration", a expliqué M. Guittet.
Le Snes-FSU (majoritaire dans le second degré), appelle en effet les profs à "refuser" de participer à cette "cérémonie", estimant qu'on ne peut "fonder l'enseignement sur le recours à l'émotion, ni obéir à une prescription du président venant perturber une progression pédagogique construite selon une logique précise, s'inscrivant dans le respect des programmes".
Plusieurs enseignants, syndiqués ou non, joints par l'AFP, ont fait savoir en assemblées générales ou dans des motions aux recteurs leur refus de lire la lettre. Des distributions de lettres d'explication aux élèves sont prévues lundi.
Le PCF, qui avait d'abord salué l'initiative de M. Sarkozy, a dénoncé la volonté du chef de l'Etat de "réviser l'histoire" en "taisant l'engagement communiste" de Guy Môquet.
Le PS a mis en garde contre une "instrumentalisation de l'histoire".
Outre la dimension politique, l'intiative est sorti du cadre strict de l'école avec un fort intérêt médiatique: lundi "La lettre", un court métrage sur les derniers instants de Guy Môquet, dont la production a été pilotée par la chaîne parlementaire sera diffusée sur France 2, France 3, TV5-Monde, LCP-Assemblée nationale et les antennes de Radio France (bande-son).
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt