SARKOZY FAIT COMME S'IL ETAIT DEJA PRESIDENT
Nous aimons beaucoup Patrice Biancone car il a une façon de narrer les évènements qui abonde tout à fait dans notre sens. Il souligne avec beaucoup d'humour les grandiloquences de Sarkozy qui se voit déja président sans aucun doute. En tout cas, il fait comme si. Ainsi à la Mutualité, on ne pouvait pas faire un pas sans se heurter à une meute de policiers, il y en avait partout ainsi qu'une ribambelle de gardes du corps autour de Monsieur. Au moins, il emploie du personnel. Ca embauche sec dans les forces de sécurité.
Deux mots pour signaler que Giscard était l'invité de Sarko pour stigmatiser la Turquie bien sûr, et qu'il a eu une phrase sordide à ce propos : " «Imaginez un instant, a t-il dit, le caractère singulier de la rencontre annuelle entre l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique où la délégation européenne serait représentée par la présidence turque...» Nos amis turcs apprécieront à leur juste valeur le couple Sarko-Giscard...
Nicolas Sarkozy a réuni vendredi et samedi les responsables de l'UMP pour parler de l'Europe. Un sujet laissé en déshérence par les «autres» comme le disent ses partisans, ce terme recouvrant à la fois l'Elysée, responsable à leurs yeux de ne pas prendre d'initiative depuis que les Français ont signifié leur refus de la constitution proposée, et les principaux responsables du PS, qui se sont vus infliger un camouflet par leurs électeurs qui n'ont pas voulu les suivre là où ils désiraient les emmener...
Pas assez sociale, cette Europe au goût des Français. Un mot que Nicolas Sarkozy ne veut plus entendre de son propre aveu, ce qui ne l'a pas empêché de se présenter, à la Mutualité, comme le promoteur de la «mondialisation humaine». A défaut de surprendre les journalistes présents comme le souhaitaient l'entourage du ministre et le ministre lui-même, cela les a fait sourire, tant il est désormais reconnu comme le partisan d'une économie libérale, voire ultralibérale ; et tant était présente à l'esprit l'idée que cette convention UMP avait été organisée presque uniquement pour mettre le chef de l'Etat dans l'embarras, lui qui reste un des seuls défenseurs de l'adhésion de la Turquie à l'Europe... Rappelons ici que les négociations sur ce sujet débuteront le 3 octobre, c'est-à-dire quasiment demain, ce qui explique aussi cet empressement de Nicolas Sarkozy qui avait d'ailleurs invité Valéry Giscard d'Estaing à la tribune pour faire le sale boulot, et dont on retiendra le peu glorieux propos, qui risque de passer à la postérité pour de mauvaises raisons : «Imaginez un instant, a t-il dit, le caractère singulier de la rencontre annuelle entre l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique où la délégation européenne serait représentée par la présidence turque...»
Voilà qui n'est pas très diplomatique comme remarque. Tout juste digne d'un ancien président de la République, venu lui aussi, à la Mutualité, et malheureusement, régler quelques comptes anciens avec Jacques Chirac... Comme quoi, l'humanisme et la mondialisation humaine prônée par Nicolas Sarkozy c'est d'abord une formule. Mais nous ne reviendrons pas sur la souveraineté de la parole, nous avons suffisamment glosé sur ce sujet... et ce d'autant plus que le lendemain de cette déclaration, c'est Nicolas Sarkozy qui est venu passer le baume en jouant l'unité de l'UMP et en expliquant, le sourire aux lèvres, que l'on pouvait parler de tout, y compris de la Turquie, sans se fâcher: Ankara appréciera...
C'est ainsi. Nicolas Sarkozy veut être président de la République et son désir est si fort qu'il agit quelquefois comme s'il l'était déjà, ce que certains, un peu naïfs, finissent par croire. Il fallait voir à la Mutualité le déploiement de forces, policiers en tenues et policiers en civil, qui quadrillaient le quartier. Il fallait voir le ballet des gardes du corps autour du ministre. Pas un pas sans qu'aussitôt les hommes de l'art se mettent en branle obéissant au doigt et à l'oreillette, même s'il ne s'agissait que de se dégourdir les jambes dans les allées de la convention... Et que dire du départ à l'américaine, du cortège dont ne jouit même pas le président en exercice et encore moins le Premier ministre. Véhicule 4 X 4 pour les gardes du corps. Plusieurs voitures d'escortes, des motards. Mais j'arrête là : sans doute que si Nicolas Sarkozy bénéficie d'une protection si ostentatoire, c'est, comme le dit la publicité, parce qu'il le vaut bien...
Sources : RFI
Posté par Adriana Evangelizt