VILLEPIN DEGAINE LE COUVRE-FEU
Que dire ? Nous aimerions penser que Dominique de Villepin est coincé entre le marteau et l'enclume. Qu'il fait ce qu'il peut entre Chirac et Sarkozy. Chirac lui imposant Sarkozy dans tous les cas. Et qu'il est obligé d'en passer par là ou par la porte.
Que dire ? Il y aurait beaucoup à dire. La première chose étant que Sarkozy peut être fier de lui. Il a tellement seriné sur l'insécurité, tellement fait et dit pour qu'elle soit... qu'elle est là. Et à gauche et à droite, il se murmure que d'obscures instances l'ont aidé en ce sens. Certes, il y a des casseurs mais pas que... normalement sous peu, nous en saurons plus. Quelques preuves commencent à s'amonceler... nous avons des amis bien placés pour cela.
En attendant, nous constatons une chose. Depuis que Dominique de Villepin occupe le poste de Premier Ministre, le ton belliqueux de Sarkozy n'a pas cessé. Il a attaqué le Président. Il a attaqué DDV. Il s'en est pris aux squatters... aux immigrés... aux fils d'immigrés... à la loi 1905... et la sécurité... la sécurité encore et toujours... Plutôt que de le stopper, Chirac a laissé faire. Et de "racaille" en "nettoyage au karcher", l'escalade a fait le reste. Le mécontentement du Peuple est allé crescendo puis le feu a jailli d'une jeunesse en colère.
Plutôt que de désavouer Sarkozy, Chirac a préféré ordonné à DDV de faire l'autruche... il doit en avoir gros sur la patate, le Premier Ministre. Et nous aussi. Car tant que Sarkozy sera au gouvernement, les choses n'iront pas en s'arrangeant. Si Jacques Chirac, le Président de notre pays la France, est incapable de voir cela, alors c'est grave. Très grave. Parce que ce type a amené la guerre dans notre pays... de l'état d'alerte à l'état d'urgence, on en est au couvre-feu, c'est dire. Il doit bien jubiler en son for intérieur Sarko... et ceux qui sont derrière lui aussi. Ils la voulaient leur Intifada... ils l'ont. Mais le pire reste à venir. Merci Chirac.

Villepin dégaine le couvre-feu
Après une douzième nuit de violences, le Premier ministre annonce une série de dispositions qui renforcent le pouvoir des maires et de la police.
Et boum. Invité hier soir sur TF1, Dominique de Villepin a tapé un grand coup en annonçant l'exhumation d'une loi de 1955 permettant aux préfets d'organiser des couvre-feux «si nécessaire». Pour cela, il a annoncé, à la demande de Jacques Chirac, l'avancée exceptionnelle du Conseil des ministres à aujourd'hui. Le signal se veut clair : l'exécutif «est prêt à prendre toutes les dispositions pour que le calme revienne» dans les banlieues. «La réponse sera ferme et juste», a martelé le Premier ministre, qui a en outre prévenu que plus de 1 500 réservistes, gendarmes et policiers, seraient envoyés dans les banlieues. Concernant la mosquée de Clichy-sous-Bois, il a soutenu qu'à «aucun moment elle n'avait été visée» par les tirs de gaz lacrymogènes. «Les violences sont inacceptables, inexcusables. Je pense à tous les Français qui sont choqués, qui aspirent à la tranquillité, à la sérénité», a-t-il ajouté avant d'en appeler à la «responsabilité des parents». Après avoir rendu hommage «aux forces de l'ordre qui agissent avec maîtrise et professionnalisme». Concernant une éventuelle intervention de l'armée, il a déclaré : «Nous n'en sommes pas là.» Interrogé sur les propos de son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui avait parlé de «racaille» et provoqué la colère de nombreux jeunes de banlieue, Villepin a reconnu que «tous les mots ont leur importance» et qu'il ne faut pas «stigmatiser», préférant dire pour sa part que «ceux qui détruisent sont des délinquants». Mais il a surtout voulu insister sur l'«unité» de son équipe : «Nous travaillons dans un esprit de solidarité, d'estime et de confiance, les Français peuvent compter sur nous. Nous ne sommes pas à l'heure des polémiques.» Outre l'instauration possible de couvre-feux, Villepin a annoncé un renforcement du pouvoir des maires, une meilleure coordination des services de l'Etat, une hausse des contributions aux associations et l'apprentissage dès 14 ans pour les collégiens en grande difficulté.
Après onze nuits de violences, l'image du Premier ministre dans l'opinion ne semble, pour l'instant, pas affectée. Selon un sondage LH2 pour Yahoo, Libération et i-Télé, réalisé après le début des émeutes, sa cote de popularité gagne 2 points à 45 % et celle de Chirac 4 points à 35 % (1). En revanche, les jugements portés sur l'action gouvernementale en matière de lutte contre l'insécurité s'effondrent : seulement 34 % des Français estiment que les solutions apportées par le gouvernement vont dans le bon sens. Un point faible dont essaye de tirer profit l'aile droitière de la majorité. Philippe de Villiers, président de Mouvement pour la France, a ainsi appelé à un rassemblement à Paris aujourd'hui près de l'Assemblée nationale, sur le thème : «La France, tu l'aimes ou tu la quittes.» Deux députés UMP, Georges Fenech et Nicolas Dupont-Aignan, ont déposé une proposition de loi visant à renforcer la législation antiémeute et à autoriser les policiers à faire usage de leurs armes, pas seulement en état de légitime défense. Jacques Remiller, député UMP, a souhaité le «rétablissement du service national» afin, «en cette période de désarroi», de «proposer à nos jeunes des thèmes forts avant que ceux-ci ne s'abîment dans un quotidien dénué de sens civique».
(1) Sondage réalisé les 4 et 5 novembre auprès de 1 007 personnes.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt