DDV DEMANDE D'EVITER LES AMALGAMES

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Villepin demande à la majorité d"'éviter les amalgames"

 

par Emmanuel-Georges Picot

Dominique de Villepin commence à tirer les enseignements de trois semaines de crise des banlieues, et se distingue à nouveau de Nicolas Sarkozy. A l'occasion de son premier déplacement en province depuis les événements, le Premier ministre a appelé vendredi à Strasbourg à "éviter un certain nombre d'amalgames" et à ne pas "stigmatiser" les habitants des quartiers.


"Il est très important, face à une telle situation et dans la conduite de ces événements, d'accorder à chaque étape la plus haute importance à ce qui est susceptible de permettre la bonne compréhension des choses, d'éviter un certain nombre d'amalgames", a déclaré Dominique de de Villepin devant les élèves de l'Ecole nationale d'administration (ENA).


L'hôte de Matignon a certes reconnu que la fermeté était la "réponse indispensable de la République" face aux "actes d'une violence inouïe" commis dans les banlieues. Mais il a rappelé que "l'immense majorité" des habitants des cités "ne veulent pas être stigmatisés par leur appartenance à ces quartiers" et refusent que leur quartier "soit frappé d'un sceau d'infamie".


Evoquant son déplacement mardi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Dominique de Villepin a observé que les habitants des banlieues entendent "être reconnus pour ce qu'ils sont". "Ils attendent de la République des réponses", a-t-il dit, rappelant les mesures annoncées pour le logement, l'éducation et l'emploi.


Le chef du gouvernement n'a pas précisé à quels "amalgames" il pensait, mais ses propos ressemblent fort à une réponse à la polémique lancée par Nicolas Sarkozy et d'autres dirigeants de l'UMP sur les éventuels liens entre la polygamie et les violences urbaines, ou sur le regroupement familial.


Ces questions doivent être abordées "dans la sérénité" et non dans "l'effervescence" de la période actuelle, a-t-il ensuite expliqué devant quelques journalistes. "Il ne faut pas s'enfermer dans la logique de la sanction ou rien", a ajouté M. de Villepin, soucieux de "faire preuve de sang-froid" et d"'arriver à un consensus". Le Premier ministre avait déjà mis en garde jeudi contre la tentation de rechercher des "boucs émissaires" des violences.


Dominique de Villepin a consacré une longue partie de son discours devant les élèves de l'ENA, où il était invité pour le 60e anniversaire de l'école, à tirer les enseignements de la crise des banlieues.
Le Premier ministre a assuré que l'Etat avait été à la hauteur des événements. "Notre démocratie, nos institutions ont fonctionné", a-t-il dit. Il a mentionné le gouvernement, le président, le Parlement, les préfets et rendu un hommage particulier aux forces de l'ordre, aux maires et aux magistrats.


L'hôte de Matignon a expliqué l'explosion de violence non pas par une "cause unique" mais par "une diversité de raisons". Il a mentionné la "crise des valeurs et des repères", le chômage, "l'urbanisme inhumain", "la mondialisation", le "mimétisme entre bandes" et "l'immigration irrégulière".


Au passage, Dominique de Villepin a jugé "assez artificiel" le débat lancé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy sur la discrimination positive dès lors qu'on regarde "la réalité des choses". "La querelle est très vite vidée de son venin", a-t-il glissé.


Lors de sa visite, le Premier ministre s'est fait présenter par des élèves de l'ENA les projets pédagogiques réalisés dans le cadre du partenariat "pôle d'excellence", qui associe depuis six ans l'école à des établissements scolaires de Strasbourg et Mulhouse situés en zone d'éducation prioritaire (ZEP). Il a rappelé que le gouvernement entendait généraliser ce type d'initiative dans toutes les universités et les grandes écoles.


Dominique de Villepin, lui-même issu de l'ENA (promotion Voltaire), a confié son "émotion" de revoir l'école, et s'est souvenu de plusieurs condisciples entrés par la suite en politique, François Hollande, Ségolène Royal, Renaud Donnedieu de Vabres ou Frédérique Bredin.


Après son discours, le Premier ministre a rencontré à huis clos quelque 200 militants UMP dans un hôtel de la ville, puis a déjeuné dans un restaurant d'insertion avec des étudiants issus des ZEP. Il devait ensuite inaugurer le nouveau siège du conseil régional.

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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