Videos : Sarkozy s'adresse au FARC et à Ingrid Bétancourt
Nous disions le 25 mai, dans un article intitulé Les Farc interpellent Sarkozy... Et d'ailleurs, nous serions à sa place, nous irions carrément discuter avec eux. De toute façon, il en est capable d'autant qu'il sait très bien que son image en sortirait grandie. Après Villepin à l'ONU, il y aurait Sarkozy et les Farc... le problème c'est qu'il n'a pas parlé des "prisonniers" de l'autre bord. Alors est-ce que le message va leur plaire ? C'est pas dit. Car il est clair qu'ils relâcheront difficilement Ingrid sans contrepartie, si minime soit-elle. Le tout est de savoir si Manuel Marulanda possède un coeur qui s'émeut ? On doute fort qu'il puisse s'émouvoir facilement. Nous pensons même qu'il risque demander à Nicolas Sarkozy de faire en sorte qu'Uribe relâche des guerilleros. C'est là que tout va se jouer. Or, nous n'avons aucune confiance en Uribe. Maintenant pour ne pas perdre la face devant le monde entier, il peut faire un effort. A notre avis, il va falloir que Sarkozy aille là-bas... en tout cas, beaux discours...
Sarkozy s'adresse aux FARC
par Samuel Potier et Vincent Fertey
Dans un message vidéo, le président de la République demande à Manuel Marulanda de libérer Ingrid Betancourt. Dans un enregistrement audio, il s’adresse directement à elle.
C’est un dossier prioritaire pour lui. Nicolas Sarkozy en a appelé cette nuit aux sentiments humanitaires des guérilleros colombiens pour «sauver une femme en danger de mort», Ingrid Betancourt, qu’il «rêve» de voir revenir parmi les siens pour Noël. Le président français s’est impliqué encore plus personnellement en enregistrant deux messages : l’un, à la radio pour les otages des Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc), l’autre, à la télévision pour leur chef Manuel Marulanda.
Son initiative intervient quelques jours après la publication de preuves de vie de seize des otages. Parmi ces preuves, une longue lettre pathétique d’Ingrid Betancourt, prisonnière depuis plus de cinq ans dans la jungle colombienne, et une vidéo la montrant totalement abattue et à bout de forces.
A Marulanda, le président Sarkozy «demande solennellement de relâcher Ingrid Betancourt et de ne pas porter sur sa conscience le risque que ferait peser sa disparition». Lui-même s’engage à rechercher «une solution humanitaire pour la libération de tous les autres séquestrés», alors que les Farc demandent notamment un échange avec leurs propres prisonniers.
Aux otages, il exprime la «solidarité de la France», avec une pensée particulière pour sa «compatriote»: «je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu’à leur humanité. Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber», lui promet-il.
«Après ces journées de profonde douleur, nous remercions le geste fort, audacieux et emprunt d’humanité de Nicolas Sarkozy», a affirmé la soeur d’Ingrid Betancourt, Astrid, qui venait de s’entretenir par téléphone avec leur mère Yolanda Pulecio, résidant à Bogota. «Nous espérons que Manuel Marulanda saisisse la portée d’un tel appel fait par le président français devant les drapeaux de la France et de la communauté européenne», a-t-elle souligné en ajoutant attendre «un geste humanitaire de Manuel Marulanda, c’est-à-dire la libération d’Ingrid».
La Fédération des comités Ingrid Betancourt (Ficib) a également salué «le geste humain et solennel du président Sarkozy qui, pour la première fois, s’adresse directement au commandement des FARC. Le comité Agir pour Ingrid a indiqué de son côté ne pas douter «un instant que ce message agira comme un sérum de survie pour Ingrid Betancourt et les otages de Colombie».
Dans sa longue missive à sa mère, datée du 24 octobre, la jeune femme exprimait tout l’espoir et la confiance qu’elle plaçait en la France et son président. «Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Le président Sarkozy est sur le méridien de l’histoire.»
Sarkozy endosse ainsi le rôle de médiateur qui a été retiré par Alvaro Uribe, le président colombien, à son homologue venezuelien Hugo Chavez, accusé par lui d’ingérence dans les affaires de Bogota.
(Son : Radio France Internationale)
Sources Le Figaro
Posté par Adriana Evangelizt