Le colonel Kadhafi lundi à Paris pour une visite controversée

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alors d'un côté on a Bernard Henri Lévy qui s'offusque parce que Nicolas Sarkozy reçoit Kadhafi et de l'autre Gluksmann pique sa crise parce qu'il a téléphoné à Poutine. On les entend moins quand le Président serre la pince à Bush qui a ruiné deux pays, fait mourir des centaines de milliers d'innocents ou quand on congratule les dirigeants israéliens qui, eux, par l'intermédiaire de l'armée ont ruiné le Liban et continuent de ruiner la Palestine. Ce deux poids deux mesures prouvent la justesse du jugement. Personnellement, nous ne trouvons rien à redire. Le passé, c'est le passé. C'est sûr que Kadahfi est un dictateur mais que dire d'un ben Ali ? Que dire du régime féminophobe d'Arabie Saoudite ou d'ailleurs ? Dans presque tous les pays orientaux ou Africains, on sait comment ça se passe. Et en Pologne ? En Bulgarie ? En Hongrie ? La page n'y suffirait pas. Kadhafi est un excentrique qui aime choquer. Normalement, il se déplace avec sa tente et ses femmes. Qu'en est-il ?


Le colonel Kadhafi lundi à Paris pour une visite controversée


Après de longues années de purgatoire pour cause d’accusations de terrorisme, le leader libyen Mouammar Kadhafi est attendu à partir de lundi à Paris pour une visite de cinq jours aux forts accents de retour en grâce diplomatique qui suscite doutes et critiques.

Simple prudence face à un hôte qui dérange ou signe d’un vrai embarras politique, les autorités françaises n’ont officiellement confirmé qu’hier l’arrivée en France du guide de la Grande Jamahiriya arabe libyenne, annoncée jusque-là par d’anonymes sources diplomatiques. « Cette visite marquera une étape significative dans le retour progressif de la Libye au sein de la communauté internationale, qui a été rendu possible par un certain nombre de gestes politiques très importants », a estimé le porte-parole de la présidence, David Martinon.

Lors d’une conférence publique à Lisbonne, où il se trouvait hier avant un sommet UE-Afrique, le colonel Kadhafi a exigé « des compensations pour la période coloniale », une demande qui concerne la France, qui fut l’une des principales puissances coloniales en Afrique.

Il a par ailleurs estimé hier qu’il était « normal que les faibles aient recours au terrorisme ». « Les superpuissances ont violé la légitimité internationale, le droit international et les Nations unies, et ont exécuté leurs décisions en dehors de ce cadre, et donc il est normal que les faibles aient recours au terrorisme », a-t-il déclaré devant un parterre de 400 professeurs et étudiants à Lisbonne.

Mais pour Paris, le dirigeant libyen a regagné ses galons de respectabilité en renonçant à son programme d’armes de destruction massive et en faisant libérer l’été dernier les infirmières bulgares retenues dans ses geôles. Bien avant Paris, d’autres capitales occidentales, comme Londres, ont normalisé leurs relations avec Tripoli, ajoute-t-on en précisant que le rapprochement franco-libyen a été mis sur les rails dès la visite en Libye il y a trois ans de Jacques Chirac, le prédécesseur de M. Sarkozy, une fois réglée l’indemnisation des victimes de l’attentat contre le DC10 de la compagnie française UTA en 1989.

Pourtant, la politesse rendue par Nicolas Sarkozy à Mouammar Kadhafi après son séjour libyen en juillet est loin de faire l’unanimité. « On n’invite pas en visite d’État un grand terroriste et un preneur d’otages international comme Kadhafi », s’est offusqué hier le philosophe Bernard-Henri Lévy. Le mois dernier, M. Sarkozy avait justifié par avance sa position en assurant ne pas voir « de raison de ne pas recevoir Kadhafi ».

Mais bien des doutes persistent sur les ressorts du rabibochage franco-libyen, alimentés par les accords de coopération, notamment en matière de défense et de nucléaire civil, et les contrats d’armement signés par Paris dans la foulée de l’élargissement des infirmières bulgares. Devant une commission d’enquête parlementaire, le conseiller diplomatique du président Jean-David Lévitte a nié tout lien entre ces accords et la libération des soignants. Tout comme il a démenti que la visite du numéro un libyen à Paris avait été négociée.

Mais ces dénégations ont été contredites jeudi par l’ex-représentant à Tripoli de la Commission européenne, Marc Pierini, qui a assuré devant les mêmes députés que les discussions Paris-Tripoli sur le nucléaire et les armes avaient constitué « l’élément décisif » pour la libération des infirmières.

Et la liste de contrats « espérés » par la France lors du séjour parisien du colonel Kadhafi en matière de nucléaire, d’énergie ou d’armement ne devrait pas calmer ces soupçons. Selon la presse, Paris et Tripoli pourraient conclure lors de la visite de M. Kadhafi la vente de 10 à 14 avions de combat français Rafale, un avion qui n’a encore jamais été exporté.

Nicolas Sarkozy, qui s’entretiendra deux fois avec lui et le recevra à dîner, lui réservera un traitement de faveur, même si le dirigeant libyen n’aura pas droit au décorum d’une visite d’État.

Devant les députés, le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a lui-même résumé la semaine dernière les ambiguïtés du processus de rapprochement franco-libyen. « De temps en temps, il faut avaler son chapeau dans ce métier, a déclaré le ministre, mais c’est comme ça, il faut que les relations se normalisent parce que c’est un atout. »

Sources Lorient le jour

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article