DDV ET LES VOEUX DE CANIVET
Là, j'avoue que nous restons un peu dubitatif devant l'intervention de DDV quant au discours du président de la cour de cassation. Heureusement qu'il est paru dans Le Monde sinon nous n'en auraions pas connu la teneur. Il est quand même anormal que Monsieur Canivet ne puisse s'exprimer comme il lui plaît notamment si c'est pour dénoncer des faits et des pratiques qui nuisent à la cour de Justice... que Justice soit rendue et bien rendue, c'est tout ce que nous demandeons.
Dominique de Villepin prend ombrage de la publication préalable du discours du président de la cour de cassation dans "Le Monde"
Le premier ministre n'a pas apprécié de découvrir, vendredi 6 janvier en début d'après-midi, dans Le Monde (daté du samedi 7 janvier), le discours que le premier président de la Cour de cassation, Guy Canivet, devait prononcer, en sa présence, un peu plus tard dans la journée, à l'occasion de la rentrée solennelle de l'institution. Un geste d'"inélégance" que, dès son arrivée, Dominique de Villepin a reproché en privé à M. Canivet, en lui annonçant, d'une part, que, contrairement aux usages, il prendrait la parole à l'ouverture de l'audience et en lui demandant, d'autre part, d'écourter la lecture de sa propre intervention.
Dans la somptueuse salle de la première chambre civile de la Cour de cassation, où patientaient, derrière le garde des sceaux, Pascal Clément, et le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, tous les représentants des corps constitués – Cour des comptes, Conseil constitutionnel, religieux, parlementaires, magistrats, avocats, etc. –, l'épisode s'est traduit par un échange public à fleurets mouchetés.
"DEVANT LE PRINCE"
"Il n'est pas dans les habitudes d'une séance plénière de rentrée que le premier ministre s'exprime, mais je ne suis pas un homme d'habitudes, nous ne sommes pas dans un temps d'habitudes, mais dans un temps de grand changement…", a observé sèchement le premier ministre, avant d'assurer l'institution judiciaire de son "immense respect" et de souligner "la difficulté de sa tâche, l'ingratitude, le doute, l'humilité que cela implique au quotidien". "Le gouvernement est attaché à vous donner tous les moyens pour vous permettre de remplir cette tâche essentielle", a ajouté M. de Villepin.
Quant à M. Canivet, dont le discours avait été préalablement imprimé et déposé sur toutes les chaises, il décidait d'abandonner – "puisque monsieur le premier ministre me l'a demandé" – la lecture des quatre premières pages de son texte, dans lequel, ironie du sort, il reprenait la harangue du chancelier Michel de l'Hospital au Parlement de Rouen, le 17 août 1563, à l'occasion de la majorité de Charles IX : "Vous devez vous sentir grevé de rendre bon compte à votre roi, à votre maître, de qui vous tenez vos honneurs et magistrats à titre de précaire et tant qu'il lui plaira."
"Faut-il s'en convaincre, l'obligation faite au juge de répondre, devant le prince, de ses décisions n'est pas nouvelle !", observait M. Canivet dans la version écrite qu'il a censurée oralement. Le premier président s'en est donc tenu à la seconde partie de son texte, qui commençait par ce rappel de principe : "Comme dans toutes les organisations modernes, la bonne gouvernance de la justice passerait pourtant par le respect de ceux qui se vouent à son exercice" ; et s'achevait, comme il se doit, par l'expression de sa "gratitude" à l'égard du gouvernement et, particulièrement, de son premier représentant…
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt