LA FAUSSE BAISSE DU CHÔMAGE
Nous sommes donc dimanche mais ça ne va pas être la fête pour tout le monde. Il ne s'agirait pas de vouloir nous convaincre de certaines choses pour que l'on y croit bêtement. Or, il semblerait, en ce qui concerne le chômage, que l'on essaie de nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Et que DDV se prête à ce genre de simagrées nous déçoit beaucoup. Il ne faudrait pas qu'à trop copier sur Sarkozy, il devienne clone. Donc continuons les mauvaises nouvelles... et nous finirons par les bonnes, s'il y en a !
Huitième mois de baisse pour le chômage
par Hervé NATHAN
1,2 % par rapport à octobre : 9,6 % de la population active est officiellement à la recherche d'un emploi.
Pour le huitième mois consécutif, le chômage a baissé en France. Selon le ministère de l'Emploi, le nombre de chômeurs de catégorie 1 immédiatement disponibles à la recherche d'un CDI à temps plein, qui sert de baromètre officiel, a enregistré une baisse de 1,2 % par rapport à octobre et représente désormais 2 329 900 personnes. Le taux de chômage de la population active s'affiche à 9,6 % (- 0,1 %). Le nombre de demandeurs d'emploi de la catégorie 1 + 6 (qui peuvent travailler à temps partiel moins de 78 heures par mois) est, lui aussi, en baisse, de 0,9 % De bien beaux chiffres pour finir l'année, puisque, de novembre 2004 à novembre 2005, le nombre de chômeurs officiel a donc chuté de 4,6 %.
Un chiffre qui masque mal un traitement statistique évident lorsqu'on sait que près de la moitié des sortants de l'ANPE le sont pour «absence au contrôle» (41,6 %), et pour «radiation» (8,2 %). Et puis 400 000 «quinquas», dispensés de recherche d'emploi, échappent aux statistiques. Le 10 décembre, dans une note, l'Insee s'était interrogée sur les mystères de «la gestion administrative des demandeurs d'emploi par l'ANPE».
Avalanche. Ce genre de détail n'empêche pas le gouvernement de se réjouir. Hier soir, dans un communiqué, Jean-Louis Borloo, fort de son résultat statistique, décrétait l'année 2005 «année de mobilisation pour l'emploi», affirmant que la baisse du chômage est «continue» et «durable». Et évidemment faisait le parallèle avec «la montée en puissance» de son «plan de cohésion sociale». Borloo et son ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle, Gérard Larcher, donnent une avalanche de chiffres : progression de «26,7 %» des contrats initiative-emploi en 2005, «150 000 contrats d'avenir», embauchés pour la plus grande part par l'Education nationale, les hôpitaux et les collectivités locales, 120 000 Civis (contrat insertion dans la vie sociale pour les jeunes), etc. Le gouvernement a bien raison de mettre l'accent sur les effets bénéfiques des emplois aidés dans le secteur public. Car ce n'est pas dans le privé qu'on embauche. Selon les mêmes statistiques, l'emploi marchand n'a progressé que de 40 000 postes en un an. Et le seul secteur du bâtiment en fournit la plus grande part (30 000 postes).
Revenu. Le chômage baisse, mais l'emploi ne repart que très doucement. Seule note d'espoir, l'Unedic prévoit la création de 130 000 emplois privés pour 2006, si la croissance atteint au moins les 2 %.
En attendant, le sort des chômeurs, lui, se dégrade : si l'assurance chômage voit le nombre de personnes indemnisées baisser de 7,1 % en un an, le nombre d'allocataires du «régime de solidarité» (essentiellement le RMI) augmente de 6,7 %. Un système de vases communicants qui fait baisser le revenu des demandeurs d'emploi. Mais qui se soucie vraiment de ces 458 000 personnes ?
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt