Dominique de Villepin défend sa méthode
Oui, on est très sceptique sur le dernier couplet...
Villepin défend sa méthode pour contrer la fronde contre le contrat première embauche
par Emmanuel Georges-Picot
Dominique de Villepin mise sur la pédagogie pour contrer la fronde contre son contrat première embauche (CPE). Lors de sa septième conférence de presse mensuelle, le Premier ministre, persuadé d'avoir le soutien des Français, a répondu point par point jeudi aux critiques de la gauche et des syndicats, dénonçant des "contre-vérités".
Contrairement à l'habitude prise depuis huit mois, le chef du gouvernement avait peu de mesures nouvelles à annoncer lors de son rendez-vous mensuel avec la presse, qui intervenait dix jours après la présentation de son plan pour l'emploi des jeunes. Faute d'annonce spectaculaire, il s'est livré à un long discours de la méthode pour défendre sa politique.
Alors que la contestation monte contre son CPE, Dominique de Villepin a réfuté tous les arguments de la gauche et des syndicats contre la mesure-phare de son plan pour l'emploi des jeunes.
"J'entends dire qu'un jeune pourra être licencié à tout moment et sans préavis, du jour au lendemain: c'est faux", a martelé le Premier ministre. Il a rappelé que le CPE "adapte certes la procédure de licenciement les deux premières années", mais en contrepartie "prévoit une indemnité qui est due quoi qu'il arrive, un préavis qui augmente avec l'ancienneté et des droits nouveaux à l'assurance-chômage et à la formation".
L'hôte de Matignon a également nié que le jeune embauché en CPE sera "moins payé que dans un CDI classique", "aura des difficultés à se loger", "n'aura pas accès au crédit bancaire" et que "le CDD serait plus avantageux".
"Evitons la désinformation et les amalgames qui nuisent au débat démocratique", a-t-il lancé. Face aux "peurs" et aux "interrogations", le Premier ministre a souhaité un "débat serein" et de "vérité" à partir de mardi à l'Assemblée nationale. Il a de nouveau justifié l'accélération du calendrier parlementaire par "l'urgence" de trouver des solutions au chômage des jeunes.
Alors que les syndicats et des organisations étudiantes et lycéennes manifesteront dès la semaine prochaine pour demander le retrait du CPE, Dominique de Villepin a affiché sa détermination. "J'écoute les observations et les critiques. Je ne vois pas d'alternative, d'autres propositions", a-t-il dit.
Le Premier ministre a vu dans les critiques de la gauche, qui dénonce une "précarisation généralisée de la jeunesse", la preuve de "l'idéologie" d'une opposition désunie. "On trouvera toujours dans les partis politiques, dans l'opposition des gens qui élèveront la voix pour refaire leur propre unité", a-t-il lâché.
Dominique de Villepin a opposé à ces critiques le soutien exprimé selon lui par les Français à cette mesure. A l'entendre, ils "ont compris qu'il était temps d'agir". "Ils savent très bien ce qui ne marche pas dans notre pays, ils veulent bouger, ils voient et comprennent ce qui se passe autour de nous", a estimé le chef du gouvernement.
Et de rappeler la "promesse" faite à Jacques Chirac et aux Français à son arrivée le 31 mai 2005: "faire sauter" d'ici aux élections de 2007 "les verrous" et "éliminer les blocages qui paralysent la société française".
Pour relever ce défi, il a revendiqué une méthode faite de "lucidité", "dialogue" et de "décision", citant en exemples ses récents arbitrages sur la grippe aviaire, la loi sur les droits d'auteur ou l'accord salarial dans la Fonction publique. Il s'est aussi réjoui de la "bonne solution" trouvée par Jacques Chirac et le gouvernement pour régler le débat sur la colonisation.
"Les Français veulent pouvoir juger non pas sur des discours mais sur des résultats", a souligné le Premier ministre, dont l'éventuelle candidature à la présidentielle de 2007 dépendra des résultats obtenus, en particulier sur le front du chômage.
Une nouvelle fois, Dominique de Villepin a nié toute rivalité avec Nicolas Sarkozy en mettant en garde ceux qui voudraient "compter des coups imaginaires" entre lui et le ministre de l'Intérieur.
"Nous travaillons ensemble dans la même direction", a affirmé le Premier ministre, qui est allé jusqu'à dire qu'il se réjouissait "tous les jours" du retour de M. Sarkozy au gouvernement. A l'entendre, ses rapports avec le président de l'UMP seraient "simples", "sans arrière-pensées" ni "calculs". Trop beau pour être vrai?
Sources : NOUVEL OBSERVATEUR
Posté par Adriana Evangelizt