DDV ET Sarko contre Bayrou
L'Union fait la force même si l'union est contre-nature... et pourtant nous pensons fortement que Bayrou, lui, n'est pas dans la dérive ultra droitière... et qu'il est somme toute beaucoup plus humain que certain que nous soutenons et qui continue de s'acoquiner avec quelqu'un qui nous déplaît fortement... tant va l'eau à la cruche qu'elle se casse... pensée nocturne.
Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin unis pour isoler François Bayrou
par Philippe Ridet
Pour une fois, ils sont d'accord. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy partagent une stratégie commune : isoler François Bayrou et en parler le moins possible. Alors que le président de l'UDF réunit ses militants en congrès samedi 28 et dimanche 29 janvier à Lyon, pour trancher la question de l'indépendance de l'UDF et de son positionnement ni de droite ni de gauche, les deux rivaux de l'UMP gardent un silence obstiné sur la stratégie du probable candidat centriste à l'élection présidentielle de 2007.
A ce jour, le président de l'UMP n'a jamais parlé de son homologue de l'UDF. L'y encourage-t-on, qu'il fait de la main droite le geste de lâcher un objet sans valeur. "On n'en parle pas", dit-il. Il n'hésite pas, à chacune de ses interventions, à rappeler que l'UMP est "le parti de la droite et du centre", comme si tous les centristes avaient rejoint l'UMP lors de sa création, en mai 2002. Le premier ministre préfère l'ironie. Interpellé fin juillet sur la fronde du centriste à propos de la vente des sociétés d'autoroute, M. Villepin avait répondu : "Je rappelle à l'intention de François Bayrou le numéro du standard de Matignon, il peut m'appeler quand il le souhaite." Pour les deux hommes, il s'agit d'éviter tout affrontement direct qui pourrait donner du crédit au positionnement du président de l'UDF et renforcer son image de "martyr" de l'UMP.
Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ne se désintéressent pas pour autant du sort de l'UDF et de ses élus. Le premier a pointé que tous n'avaient pas suivi le mot d'ordre donné par M. Bayrou de voter contre le budget 2006. Le second, engagé dans son aventure présidentielle, sait qu'il aura besoin d'un apport de voix de l'UDF entre les deux tours. Aussi prend-il soin de ménager les élus centristes du conseil général des Hauts-de-Seine, qu'il préside.
"CONGRÈS SPECTACLE"
M. de Villepin, lui, peut compter sur une carte supplémentaire : il possède, en la personne de Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, la preuve que l'UDF n'est pas tout entière rangée derrière la stratégie de son président. Certes, M. de Robien est minoritaire chez les adhérents du parti qui, dimanche, prendront fait et cause pour M. Bayrou. Mais, par sa seule présence, il incarne une alternative.
Ancien directeur de campagne de François Bayrou en 2002, M. de Robien veut ancrer le parti centriste dans la majorité. Après avoir demandé un vote des militants pour vider cette querelle, il refuse à présent ce qu'il appelle "un congrès spectacle" qu'il sait perdu d'avance pour ses thèses. Son espoir : contraindre, par son absence, son adversaire à un triomphe sans gloire et récupérer ce qui restera de l'UDF lorsque M. Bayrou l'aura, comme il le suppose, "conduit dans une impasse". "Je ne pourrais pas rester inerte devant cette tentative d'éloigner l'UDF de la majorité", confie-t-il, ajoutant : "Il faut que l'opinion publique sache qu'à l'UDF il y a des gens loyaux."
En promouvant autant qu'il le peut le seul ministre UDF, M. de Villepin fait en sorte de crédibiliser cette alternative. Il lui semble qu'elle rencontre des sympathies dans l'électorat centriste, réputé moins "bayrouiste" que les militants. Quant à l'UMP, elle ne voit pas d'un mauvais oeil l'opposition à M. Bayrou. M. de Robien sera "sans doute convié", dit l'entourage de M. Sarkozy, à la convention sur l'école de l'UMP prévue fin février.
M. de Robien pense avoir "créé un débat qui rassure les militants" et permet aux plus modérés d'entre eux de "rester dans la famille". Un sondage BVA pour L'Express du 26 janvier (réalisé du 19 au 21 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 1 085 personnes), révèle que seuls 4 % des sondés sont prêts "à voter Bayrou", soit moins que son score en 2002 (6,84 %). Conclusion du ministre : "La stratégie de Bayrou est perdante."
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt