Hortefeux : « Les Français aiment Sarkozy parce qu'il est différent »
Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd ! Pauvre France ! Il ne faudrait pas que Hortefeux prenne ses désirs pour des réalités. Les Français dans une grande majorité n'aiment pas Sarkozy. Ni Hortefeux d'ailleurs car ils ne sont pas aimables. La liste est longue d'ailleurs des mal aimés.
« Les Français aiment Sarkozy parce qu'il est différent »
Propos recueillis par Dominique de Montvalon
MINISTRE DE L'IMMIGRATION, de l'Intégration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux est un proche de Nicolas Sarkozy.
N'êtes-vous pas troublé par l'ampleur du désaveu visant le chef de l'Etat alors que, six mois avant, il suscitait tant d'enthousiasme ? La faute à qui ou à quoi ?
Brice Hortefeux. Selon une enquête parue dans votre journal lundi dernier, 70 % des Français interrogés déclarent avoir voté en fonction de considérations purement locales.
Une élection locale, ce n'est jamais le temps du président.
Admettez-vous tout de même que les municipales ont été un avertissement pour le chef de l'Etat et le Premier ministre ?
Les 9 et 16 mars, les Français n'ont pas demandé à Nicolas Sarkozy et au gouvernement de François Fillon de ralentir ou de « lever le pied ». Ils leur ont précisément demandé d'être ce qu'ils sont, de mener la politique pour laquelle Nicolas Sarkozy a été élu. 7 millions de Français n'ont pas jugé utile de se rendre aux urnes alors qu'ils avaient voté à l'élection présidentielle : cela signifie qu'il n'y a pas eu mobilisation pour sanctionner, mais abstention pour observer. J'ajoute que toutes les propositions de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ont été engagées : c'est son honneur que de respecter très exactement chacune de ses promesses dont certaines - qui peut s'en étonner ? - demandent du temps pour que les résultats se concrétisent.
« Bien sûr, l'UMP peut toujours mieux faire »
Le mini-remaniement de mardi annonce-t-il la volonté de Nicolas Sarkozy de donner la priorité, dans la phase qui vient de s'ouvrir, à son camp plutôt qu'à son désir - pourtant réaffirmé - d'ouverture ?
Pas un ministre d'ouverture n'a été remercié du gouvernement et deux nouveaux secrétaires d'Etat sont issus du centre. Parallèlement, le président a souhaité promouvoir des jeunes et faire émerger de nouvelles têtes. Je pense notamment à Alain Joyandet, Yves Jégo et Nadine Morano. C'est une bonne nouvelle pour l'idée que chacun peut se faire de la politique.
Le « vrai » remaniement est-il pour la fin de l'année ?
Ce n'est franchement pas la question du jour ! Depuis sa nomination, il y a dix mois, et à quelques semaines de la présidence française de l'Union européenne, le gouvernement est mobilisé et concentré. Pour le reste, je vous invite à relire l'article 8 de la Constitution : c'est le président qui, sur proposition du Premier ministre, nomme les membres du gouvernement !
N'est-il pas temps que l'UMP aussi soit remaniée ?
Ne cherchons pas de faux coupable. Mais, bien sûr, l'UMP peut toujours mieux faire. Comment va Nicolas Sarkozy ? L'homme est heureux et serein. Le président est attentif et déterminé.
Le chef de l'Etat - votre ami Nicolas Sarkozy - doit-il endosser les habits d'un président plus classique, tel qu'on les a connus sous la V e République ?
Les Français aiment Nicolas Sarkozy parce qu'il est différent : par son parcours, ses idées, son courage. Il doit être tout simplement lui-même.
Approuvez-vous Nicolas Sarkozy d'avoir retiré sa plainte dans l'affaire du faux SMS, maintenant que la vérité a été établie ?
L'enquête a démontré que l'on a voulu salir le président. Pour son honneur et par souci de vérité, celui-ci a réagi, à juste titre. Pour la presse, cette affaire n'était pas une question de liberté, mais simplement de dignité.
La parenthèse Bayrou est-elle refermée après son échec à Pau et la dispersion des voix de ses amis ? Avez-vous quelque chose à lui proposer ?
Lui rappeler que l'objectif de la politique n'est pas de détruire et d'exclure - sa famille, ses proches, ses concurrents - mais de construire et de rassembler.
Que répondez-vous à ceux qui, tel « le Nouvel Observateur », s'interrogent au sujet du chef de l'Etat en se demandant : « Peut-il entendre ? »
Par son tempérament personnel et par sa fonction institutionnelle, je sais que c'est un homme qui écoute, entend et comprend.
Voyez-vous un sens politique au triomphe sur les écrans du film « Bienvenue chez les Cht'is »?
Cela souligne une réalité forte de notre société : les Français ont aujourd'hui davantage besoin d'identité, de repères, de valeurs fortes. Ils l'ont démontré en élisant Nicolas Sarkozy, avec 85 % de participation. Dans un autre registre, ils l'illustrent en étant déjà plus de 13 millions à être allés voir le film de Dany Boon.
Comment réagissez-vous au décès de Chantal Sébire ?
La souffrance des uns est parfois trop insupportable pour nourrir les commentaires des autres. Je respecte profondément le message de désespoir de cette femme. A l'évidence, le débat sur l'euthanasie s'installe progressivement au coeur de notre société.
« Plus l'Europe sera soudée, plus elle pourra résister à la crise »
Comment la France peut-elle espérer échapper à la tornade financière qui secoue les grandes places boursières et provoque des banqueroutes jusqu'aux Etats-Unis ?
Le président de la Commission européenne, Barroso, a admis que l'Europe n'était pas immunisée contre la crise des subprimes et ses conséquences financières. Plus l'Europe sera soudée, plus elle pourra résister à l'ampleur de cette crise. Parallèlement, le taux de chômage en France est aujourd'hui au plus bas depuis 1983, avec 200 000 chômeurs de moins en 2007. C'est une bonne nouvelle pour l'économie française, comme pour toutes les familles concernées.
Souhaitez-vous que la justice établisse où sont allés les milliards de l'UIMM ?
Mon souhait est que la justice puisse faire sereinement son travail, en établissant tant la vérité que les responsabilités. Ne nous y trompons pas : dans cette affaire, c'est l'image de l'ensemble des dirigeants des grandes entreprises qui est en jeu.
Quels sont vos objectifs pour 2008 en matière de reconduite à la frontière de clandestins sans papiers ?
Depuis 2002, ce sont plus de 110 000 immigrés clandestins qui ont été reconduits dans leur pays d'origine. Au-delà des chiffres, c'est à la fois un signe fort que nous adressons à tous les réseaux qui exploitent la misère humaine et le respect d'un principe simple : quand on est sur notre territoire sans autorisation, quand on est sans titre de séjour, on a vocation, comme dans tous les pays du monde, à être reconduit dans son pays d'origine. Nous ne relâcherons pas notre effort en 2008. Avec fermeté et humanité.
Sources Le Parisien
Posté par Adriana Evangelizt