AUTORITARISME
Voilà donc un article d'Antoine de Gaudemar qui dit bien ce que nous exprimions hier ICI... ses façons péremptoires font poser beaucoup de questions. Nous savons bien que la démocratie bat de l'aile dans notre pays et ailleurs mais quand même. Quelques explications s'avèrent nécessaires. Car il est bien clair que si nous le soutenions c'est parce qu'il se démarquait de Sarkozy -pensions-nous- et finalement on se rend compte que c'est copie conforme. Dommage.
Autoritarisme
par Antoine de Gaudemar
Quelle mouche guerrière a piqué Dominique de Villepin ? A quelle stratégie obéit-il, en recourant à l'expéditif article 49-3 pour abréger le débat parlementaire sur la loi «égalité des chances», alors même qu'il a fait le plus difficile, gagner la bataille sur le CPE ? Besoin de vacances ? Envie de faire payer après coup à l'opposition son obstruction et de montrer qui commande ? Cette réaction à contretemps frappe d'autant plus que le gouvernement sort de la bagarre sur le CPE plutôt en position de force : non seulement la gauche et les syndicats ont peiné à mobiliser contre cette réforme du contrat de travail mais le CPE version définitive déborde largement de son cadre initial. Il ne s'agit plus au sens strict d'un contrat de première embauche mais de possibles contrats successifs, tant qu'on n'a pas atteint 26 ans. Une dérive sémantique qui est aussi celle d'une précarité plus grande encore pour les jeunes. En utilisant l'article 49-3, le Premier ministre supprime tout débat à l'Assemblée sur d'autres chapitres controversés de la loi, tel celui de la responsabilité parentale en cas d'«incivilités» répétées de leurs enfants. Là encore, le chef du gouvernement prive les députés de tout bilan, pourtant utile, de la crise des banlieues. A quinze mois de l'élection présidentielle, on comprend son impatience. Mais lui qui, déjà, a ignoré les partenaires sociaux dans l'élaboration de ses réformes joue avec le feu : des manifestations sporadiques contre le CPE ont lieu en région, d'autres sont prévues, et le débat va reprendre au Sénat. Cet autoritarisme fait craquer le vernis social dont il s'affuble depuis sa nomination et qui lui a servi jusqu'ici à se démarquer de son rival Sarkozy.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt