Le Liban rejette le projet franco-américain
Au moins les Libanais montrent-ils qu'ils ont le sens de l'honneur et qu'ils veulent poser le doigt sur la plaie qui fait mal et dont personne ne se soucie. Nous entendons par "personne" ceux qui font la politique à notre place et qui tirent les ficelles dans le sens qui les arrange. On peut trouver téméraire la position des dirigeants du Liban qui rejettent le projet franco-américain. Mais à bien y réfléchir, qu'ont-ils à perdre alors que leur pays est dévasté par une haine sanguinaire diligentée par des pions du sionisme qui eux-mêmes reçoivent leurs ordres de Washington ? Le texte demande un "arrêt complet des hostilités", mais ne fait pas mention explicite de cessez-le-feu "immédiat" ou d'un retrait de l'armée israélienne du Liban sud, où 10.000 soldats sont déployés." Serait-ce un oubli ? Nous posons la question à ceux qui ont rédigé le texte. Ce petit "détail" n'a pas échappé au gouvernement Libanais. D'autre part, il demande aussi "un retrait israélien du territoire qu'il occupe au sud et la mise sous l'autorité de l'Onu des fermes de Chebaa occupées par Israël". Et oui, parce que tout vient de là en fait. L'occupation, toujours...
Il est bien évident que l'agression israélienne du Liban va ouvrir enfin la porte sur la réalité de la situation. A savoir, comme le dit Georges Corm, qu'Israël n'a jamais aimé le Liban... qu'il a toujours cherché à s'ingérer pour le déstabiliser. Nous noterons aussi que l'armée pilonne systématiquement tout, y compris les villages chrétiens dans le seul but de créer une guerre civile chez les Libanais... mais il semble que la tactique sioniste ait eu l'effet inverse, les populations du pays du Cèdre se soudent plus que jamais dans le malheur...
Le Liban rejette le projet franco-américain, raid meurtrier dans le sud
Le Liban a rejeté dans la nuit de samedi à dimanche le projet franco-américain de résolution à l'Onu estimant qu'il ne permettrait pas de mettre un terme aux hostilités, au lendemain des bombardements israéliens les plus intensifs depuis le début du conflit.
Sur le terrain, six civils ont été tués et cinq autres blessés dimanche matin, au 26è jour de l'offensive, dans un raid aérien contre Ansar, un village à l'est de Saïda, au Liban sud. La veille, l'aviation israélienne avait largué des tracts au Liban sud annonçant qu'elle allait bombarder des positions du parti chiite Hezbollah, notamment à Saïda.
Depuis le début de l'offensive israélienne le 12 juillet, déclenchée après la capture de deux soldats par le Hezbollah, le nombre de morts au Liban frôle désormais les 1.000.
Israël a également bombardé trois routes reliant la plaine de la Békaa, dans l'est du pays, à Beyrouth, au nord du pays et à la côte méditerranéenne.
Des frappes aériennes ont endommagé deux ponts dans le nord du pays alors que six raids ont été menés contre des positions du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG, pro-syrien), dans l'est de la Békaa.
A Beyrouth, la nouvelle d'un projet de résolution, le premier visant à imposer un arrêt des combats depuis le début de l'opération israélienne, a été accueilli avec défiance.
"Le gouvernement libanais est opposé au projet franco-américain et a envoyé au représentant du Liban à l'Onu, le ministre des Affaires étrangères par intérim Tarek Mitri, un texte modifié incluant les revendications libanaises", a déclaré à l'AFP une source au sein du gouvernement.
"Le Liban veut que le projet se base sur le plan en sept points présenté par le gouvernement libanais qui inclut un retrait israélien du territoire qu'il occupe au sud et la mise sous l'autorité de l'Onu des fermes de Chebaa occupées par Israël", souligne-t-elle.
A New York, M. Mitri a estimé que "le projet (...) ne permet pas d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixé, notamment la fin du conflit".
S'agissant du Hezbollah, le ministre de l'Energie, Mohammad Fneich, également membre de la formation chiite, a répété que "s'il y a un cessez-le-feu, le Hezbollah l'acceptera à condition qu'il ne reste plus un seul soldat israélien sur le sol libanais".
Le projet, qui doit être soumis aux quinze membres du Conseil de sécurité de l'Onu, demande un "arrêt complet des hostilités", mais ne fait pas mention explicite de cessez-le-feu "immédiat" ou d'un retrait de l'armée israélienne du Liban sud, où 10.000 soldats sont déployés.
Le texte, élaboré à partir d'une proposition française, vise à "demander un arrêt complet des hostilités et travailler à un cessez-le feu permanent et à une solution à long terme", a annoncé la présidence française.
Il cadre d'assez près avec ce que la France souhaitait, une solution en trois temps: un cessez-le-feu, un accord politique entre toutes les parties puis l'envoi d'une force internationale sous l'égide des Nations unies.
Le texte est un préalable à l'examen d'une seconde résolution portant sur la création d'une force internationale qui aurait "une double mission: surveiller le cessez-le-feu et apporter son soutien à l'armée libanaise", a précisé le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy dans une interview au Journal du dimanche.
Le texte a été favorablement accueilli par les grandes puissances.
Le président américain George W. Bush s'est dit "heureux" du projet de résolution, alors que les Russes et les Chinois se sont dits globalement favorables au texte, tout en soulignant qu'il devra emporter l'adhésion d'Israël et du Liban pour avoir des chances de succès.
En Israël, le ministre du Tourisme, Yitzhak Herzog, qui assume un rôle de porte-parole, a jugé le projet "très important" car il "montre que l'on entre dans la phase de la diplomatie". "En attendant que la résolution entre en vigueur, l'armée continuera à agir" au Liban, a-t-il cependant souligné.
Le vice-Premier ministre Shimon Peres a estimé quant à lui qu'il faut faire preuve de patience avant l'application d'une résolution du Conseil de sécurité sur un cessez-le-feu au Liban.
L'accord entre Washington et Paris est intervenu alors que la journée de samedi avait été marquée par le pilonnage massif du Liban sud par les bombardiers israéliens, qui ont déversé en sept heures, selon la police libanaise, quelque 4.000 obus lors de 250 raids aériens.
Selon la police, une quinzaine de villages sont en train d'être systématiquement détruits par les bombardements.
Parallèlement, les incursions terrestres s'étaient poursuivies, le long de la frontière israélo-libanaise. Israël tente d'établir une zone de sécurité le long de la frontière, mais se heurte toujours à la résistance des combattants du Hezbollah.
Un responsable militaire a néanmoins affirmé samedi que ses forces contrôlaient désormais au Liban sud "une zone profonde de 5 à 8, voire 10 kilomètres".
Témoin de l'aggravation de la situation humanitaire au Liban, où 800.000 personnes ont été déplacées par le conflit, le ministre de la Santé, Mohamad Khalifé, a affirmé que les hôpitaux du pays ne disposaient plus de réserves de carburant que pour une semaine.
Les infrastructures du pays et l'habitat sont très atteints, avec 73 ponts et 72 bretelles routières détruites, ainsi que 6.800 habitations, selon un bilan annoncé par le Haut comité de secours libanais.
Selon un bilan établi samedi soir par l'AFP à partir de sources officielles, les bombardements au Liban ont déjà fait au moins 993 morts et 3.322 blessés.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt