Des intellectuels juifs français dénoncent l'offensive meurtrière d'Israël
Il faudrait voir que le Crif cesse de se prendre pour la voix de la communauté judaïque. Nous n'avons rien à voir avec les sionistes. Il y a un océan entre leur esprit et le notre... il ne saurait être question de cautionner les exactions israéliennes, leur colonisation et leur occupation en Palestine, entre autre...
Des intellectuels juifs fançais dénoncent
"l'offensive meurtrière d'Israël"
par Mustapha Kessous
Il y a des voix "dissidentes" en France que "personne ne veut entendre", affirment des personnalités juives du monde médical, littéraire ou politique. Elles tentent, dans un appel public, de dénoncer "l'offensive meurtrière d'Israël" et réclament "un cessez-le-feu immédiat" au Proche-Orient. En quelques jours, 177 personnes ont signé l'appel.
Ces voix semblent indiquer une première brèche, selon des signataires, dans le soutien qu'apporte la communauté juive de France aux actions d'Israël au Liban. L'appel, lancé à l'initiative du professeur de médecine Marcel-Francis Kahn, intitulé "Nous, Juifs contre les frappes d'Israël" et publié par le quotidien Libération, s'inspire de celui lancé, en 1982, par l'historien Pierre Vidal-Naquet aux intellectuels juifs pour se désolidariser de l'opération "Paix en Galilée", qui avait mené l'armée israélienne jusqu'à Beyrouth.
Vingt-quatre ans plus tard, Rony Brauman, l'ex-président de Médecins sans frontières (MSF), déplore "l'esprit communautaire des juifs de France se retrouvant systématiquement autour d'Israël". Quant à l'ancien ambassadeur de France à l'ONU, Stéphane Hessel, il estime que "c'est à la diaspora de pointer les erreurs du gouvernement israélien".
"PROPAGANDE"
Les signataires réprouvent le "monopole" de la parole juive de certaines organisations communautaires, telles que le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). "La voix qu'on a entendue jusqu'à présent n'est pas celle des juifs de France mais c'est celle du CRIF", martèle Richard Wagman, président d'honneur de l'Union juive française pour la paix (UJFP).
Ces personnalités rappellent que les juifs de France ne soutiennent pas "aveuglément" Israël. Ils évoquent, comme Raymond Aubrac, "une propagande qui pousse à le croire", estimant que "la paix sociale est en jeu". L'ancien résistant craint que juifs et musulmans - "deux communautés vulnérables" - s'affrontent, chacun pensant défendre Israël et la Palestine ou le Liban. Il redoute également une poussée d'un sentiment "judéophobe" en France.
Le président du CRIF, Roger Cukierman, assure que les signataires de cet appel ne représentent qu'"un courant extrêmement minoritaire" au sein de la communauté juive.
L'écrivain Marek Halter stigmatise ceux qui "exhibent leur étoile jaune pour condamner Israël". Mais, comme l'explique l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Yonathan Arfi, lorsque Israël se retrouve dans une situation délicate, "beaucoup de juifs préfèrent garder le silence plutôt que critiquer Israël. Ils évitent de donner du grain à moudre aux personnes qui haïssent ce pays".
Sources : Le Monde
Posté par Samuel Roth et Adriana Evangelizt