La France s'apprête à s'engager sur un terrain miné au Liban

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il est évident que nous avons à faire là à un gros problème lorsque l'on sait ce qu'il se passe rééellement sur le terrain, à savoir les incursions incessantes en terrain libanais de l'armée israélienne et des services secrets. L'os ne sera pas le Hezbollah, c'est certain. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet...

Liban: la France s'apprête à s'engager sur un terrain miné

par Christine Ollivier


PARIS (AP) -- Le 23 octobre 1983, 58 parachutistes français étaient tués dans un attentat à Beyrouth. Ce souvenir, ainsi que les errements de l'ONU en ex-Yougoslavie, hante encore l'armée française, alors que Jacques Chirac doit décider dans les prochains jours de la taille et des modalités du déploiement de soldats tricolores dans le Sud-Liban.


"Conformément à ses responsabilités, la France prendra sa part dans la mise en oeuvre de (la) résolution" 1701 sur le Liban, "particulièrement en ce qui concerne la nouvelle FINUL", a promis samedi le président français, après le vote, la veille, à l'unanimité par le Conseil de sécurité de la résolution prévoyant la cessation des hostilités au Liban. Ce texte est un succès pour la diplomatie française, mais il est aussi lourd de responsabilités pour Paris.


La France s'apprête en effet à jouer le rôle de nation cadre d'une FINUL renforcée au Sud-Liban, alors même qu'elle n'avait cessé depuis des semaines de reculer devant cette perspective. Pas question d'envoyer des troupes françaises risquer leur vie sans accord préalable des parties concernées, en particulier du Hezbollah, expliquait-on alors en substance à Paris.


Car Jacques Chirac n'entend pas revivre le fiasco de l'ONU en Bosnie: tout juste élu, il s'était retrouvé confronté à la prise en otage de casques bleus français, transformés en spectateurs impuissants d'un conflit meurtrier faute de mandat clair et de commandement efficace. La France était d'autant plus réticente à s'engager au Liban qu'elle y avait déjà un passé douloureux, avec l'attentat qui avait frappé le 23 octobre 1983 un poste des soldats tricolores à Beyrouth, baptisé "Drakkar", précipitant le retrait français de la capitale libanaise.


Néanmoins, la proposition du gouvernement libanais d'envoyer 15.000 hommes dans le sud du pays a placé Paris au pied du mur. La France n'a désormais guère d'autre choix que de jouer un rôle clé dans une FINUL renforcée, qui passerait de 2.000 à 15.000 hommes.


Mais elle n'entend pas y aller seule, et réclame en particulier la présence de contingents musulmans, afin que la force n'apparaisse pas comme le bras armé de l'Occident. Jacques Chirac s'est d'ailleurs entretenu dimanche avec le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono. Surtout, Paris devrait négocier de très près les règles précises d'engagement de cette nouvelle FINUL, en cours d'élaboration à New York.


Selon le Quai d'Orsay, le secrétariat des Nations unies devrait "proposer très rapidement un concept d'opérations". C'est sur cette base que la France, dont 200 soldats participent déjà à la FINUL actuelle, commandée par un Français, le général Alain Pellegrini, fixera le nombre de soldats déployés et le calendrier de l'opération. "Il est évident que ce déploiement doit intervenir le plus rapidement possible", précisait le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.


La résolution 1701 charge notamment la nouvelle FINUL d"'aider les forces armées libanaises" à établir une "zone d'exclusion de tous personnels armés" dans le Sud-Liban, et à sécuriser les frontières afin d'empêcher l'entrée d'armes au Liban.


Pour cela, elle est autorisée à "prendre toutes les mesures nécessaires" afin notamment de "veiller à ce que son théâtre d'opération ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelle que nature que ce soit".


Les soldats de la FINUL pourraient donc théoriquement être amenés à empêcher par la force le tir de roquettes par le Hezbollah près de leurs positions, ou d'éventuelles incursions de Tsahal au Sud-Liban par exemple. Reste que la France paraissait peu encline à risquer un affrontement direct avec le Hezbollah, alors que la milice chiite a prouvé face à Israël ses capacités militaires.


D'où la prudence affichée dès samedi par le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy: "je tiens ici à préciser que le mandat dont le Conseil de sécurité dote la FINUL n'est pas un mandat d'imposition de la paix", a-t-il souligné devant le Conseil de sécurité.


Seulement voilà: dans ces conditions, la FINUL renforcée court le risque, en cas d'échec des négociations politiques, de ressembler furieusement à la FINUL actuelle: une force qui, depuis 1978, se borne à observer les affrontements entre Israël et le Hezbollah, tâche dans laquelle 257 de ses hommes ont perdu la vie.

 

Sources : Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LIBAN

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