Sarkozy traite le Hezbollah de terroriste, pas la France
Voici maintenant le point de presse où le journaliste questionne au sujet des propos de Sarkozy sur le Hezbollah. Où l'on voit qu'il ne suit pas du tout le sens du gouvernement mais qu'il donne son avis à lui. L'avis d'un sioniste pro-israélien. Ce qu'il a de plus en plus de mal à cacher s'il ne l'a jamais fait d'ailleurs... à sa place, nous irions vivre là-bas, ça nous ferait des vacances.
6 - LIBAN
(Le numéro deux du gouvernement français, le ministre de l'Intérieur, vient de déclarer que le Hezbollah était bien une organisation terroriste. Est-ce le signe d'un fléchissement de la position française ou cela n'engage que lui et pas le gouvernement français ?)
Je n'ai pas vu cette déclaration.
(Quelle est donc la position française ?)
La position française est connue. Au regard de l'Union européenne et de la liste que vous connaissez, le Hezbollah n'est pas inscrit sur cette liste.
(Un certain nombre de pays souhaitent rouvrir le débat, après le conflit. Je crois que la présidence finlandaise avait dit que pour l'instant il n'était pas sur la liste, mais qu'il pouvait l'être dans un avenir proche.)
Je n'ai pas entendu beaucoup de demandes du côté européen visant à rouvrir ce débat. Les ministres européens sont actuellement en Finlande, ils vont débattre du Liban. Ce point sera peut-être soulevé par certains ministres, nous allons voir.
La situation, vous la connaissez. Nous sommes surtout dans la mise en oeuvre de la résolution 1701. Nous travaillons à cet accord politique avec tous les éléments que vous connaissez, y compris le désarmement des milices. C'est là-dessus que nous travaillons.
(Donc, la déclaration de M. Sarkozy n'est pas conforme à la ligne politique du gouvernement.)
Je n'ai pas vu cette déclaration.
(Elle a été faite dans le cadre d'une interview au Figaro magazine.)
Je ne l'ai pas vue et il ne m'appartient pas de commenter les propos de M. Sarkozy.
(La France ne parle-t-elle plus d'une seule voix, à propos du Hezbollah ?)
Si, bien sûr.
(Vous demandez la levée du blocus aérien et maritime imposé par Israël au Liban depuis le 12 juillet. Le Secrétaire général des Nations unies fait de même, beaucoup de pays font la même chose. A titre national, pensez-vous que le Liban a rempli les conditions pour la levée du blocus ?)
Ce que nous demandons a été rappelé par le président de la République et le ministre à plusieurs reprises, c'est une levée immédiate du blocus. Nous considérons que ce blocus constitue une mesure punitive à l'égard de l'ensemble de la population libanaise. En plus, il y a un certain paradoxe à tenir une conférence internationale sur la reconstruction du Liban et, dans le même temps, à maintenir un blocus qui de fait est un obstacle sérieux à la reconstruction du Liban et au redémarrage de l'activité économique.
Ce qui est vrai par ailleurs, c'est que la résolution 1701 prévoit en effet que le gouvernement libanais doit renforcer les contrôles aux frontières pour le respect de l'embargo sur les armes. C'est une obligation qui
lui est faite dans la résolution 1701. Ce n'est pas à moi de juger s'il a satisfait à cette obligation. Mais il y a des choses qui ont déjà été faites ou qui sont envisagées. Est-ce entièrement satisfaisant ? C'est aux Nations unies de nous le dire, d'émettre un jugement là-dessus. Je ne suis pas en mesure d'en juger.
Ce qui est sûr, c'est que c'est une demande qui est faite au gouvernement libanais. Il doit effectivement renforcer les contrôles aux frontières.
(La France a co-rédigé ou sinon rédigé le texte de la résolution et l'a présenté. Qui est chargé de juger si le Liban a rempli ou non les conditions ? Si c'est le Secrétaire général des Nations unies, est-ce que le Liban est en droit de réclamer la levée ou pas ?)
Du côté français, nous n'établissons pas une conditionnalité aussi stricte que vous semblez le dire entre la levée du blocus et le contrôle des frontières. Je viens de vous dire que le président de la République et le ministre demandaient la levée immédiate du blocus.
En revanche, je vous rappelle que, dans la résolution, le paragraphe 14 demande au gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d'entrée de manière à empêcher l'entrée au Liban d'armes.
Vous me demandez qui doit émettre un jugement là-dessus. C'est sans doute le Secrétaire général des Nations unies. Le paragraphe 17 demande au Secrétaire général de rendre compte à intervalles réguliers de l'application de cette résolution.
(Nous devons donc revenir au Conseil de sécurité pour la levée du blocus ?)
Ce n'est pas notre vision, puisque nous demandons une levée immédiate. Mais cela ne veut pas dire que la sécurisation des frontières et le contrôle de l'embargo sur les armes ne sont pas un élément important.
(Mais la position française est ambiguë. Une fois nous entendons qu'il faut la levée du blocus et une autre, dans les déclarations du ministre, que des conditions doivent être réunies ou remplies.)
Je ne crois pas que le ministre ait parlé de conditions spécifiques pour la levée du blocus. Il n'y a pas de lien direct entre la levée du blocus et le respect de l'embargo, même si la sécurisation des frontières
est importante.
Il est vrai que le paragraphe 6 de la résolution évoque la réouverture des aéroports et des ports sous l'autorité du gouvernement libanais, conformément au paragraphes 14 et 15. Ce qui introduit un certain
lien entre le paragraphe 6 et les paragraphes 14 et 15.
Mais je ne veux pas entrer dans un débat trop technique. La position française est que nous souhaitons la levée immédiate de l'embargo et des progrès rapides pour la sécurisation des frontières et le contrôle de l'embargo sur les armes.
(Etes-vous satisfaits de l'envoi du gouvernement Siniora de 8.600 soldats de l'armée régulière libanaise sur la frontière syro-libanaise pour sécuriser cette frontière ?)
Nous sommes satisfaits de tout ce qui va dans le sens de la sécurisation des frontières et du respect de l'embargo. C'est une mesure qui peut y contribuer. Est-ce que cela suffit ? Je n'en sais rien et je ne suis pas capable d'émettre un jugement là-dessus. Sur la base des rapports du Secrétaire général des Nations unies, il faudra que l'on voie si c'est efficace, si cela fonctionne et si l'embargo est respecté.
(Mais comment justifier le fait d'empêcher les vols commerciaux d'atterrir à Beyrouth ?)
Comme je l'ai dit, le blocus ne nous paraît pas être quelque chose qui se justifie, en particulier pour le transport des passagers. Cela a des conséquences tout à fait négatives et empêche le pays de redémarrer.
(Hier, le président du Parlement libanais, M. Nabih Berri a fait appel à la compagnie aérienne libanaise MENA pour effectuer des vols directs des autres capitales vers l'aéroport de Beyrouth. Encouragez-vous cette demande ? Ou demandez-vous à M. Nabih Berri de revoir sa position ?)
Nous sommes favorable à la levée du blocus. Il faut effectivement que les compagnies aériennes puissent reprendre leurs activités à destination de Beyrouth. Mais vous comprenez bien que les compagnies aériennes ont aussi leurs propres intérêts et ne peuvent faire cela que si elles bénéficient d'une certaine sécurité et de certaines assurances.
Posté par Samuel Roth et Adriana Evangelizt