Nouvelle enquête basée sur l'origine ethnique en France
Que doit-on penser d'une enquête basée sur l'origine ethnique en France ? Ca nous fait penser au régime de Pétain qui fichait aussi certains citoyens. Nous savons où cela a conduit. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une période post-guerre, ce que Sarkozy ne peut pas ignorer. Voici un petit récapitulatif de ce qui advint vers la fin des années 30 en France... vous allez y voir les expressions "indésirables étrangers", contexte xénophobe, les personnes étant internées non pas pour ce qu'elles ont fait mais pour le "danger potentiel" qu'elles représentent aux yeux du pouvoir. On y trouve aussi le mot "rupture"... tout colle. Nous vivons en plein régime fasciste...
"La première loi permettant l'internement administratif dans la période date du 12 novembre 1938. Elle visait ce qu'on appelait alors « les indésirables étrangers ». Forte symboliquement, puisque c'est pour cette catégorie que le premier camp à Rieucros, en Lozère, fut ouvert, et qu'elle s'inscrivait dans un contexte xénophobe, elle ne toucha que peu de monde sous la IIIème République finissante.
A la différence de la procédure « judiciaro-policière » traditionnelle, l'internement administratif vise des personnes non pour ce qu'elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu'elles représentent aux yeux du pouvoir. La continuité de cette procédure exceptionnelle implique-t-elle une continuité des politiques, ou dissimule-t-elle des différences de nature ? Sans négliger les phénomènes de continuité, nous privilégions la deuxième option, celle de la rupture.
Les premiers à pâtir de ce régime de faveur furent les réfugiés espagnol puis "Avec la déclaration de guerre en septembre 1939, s'ajouta une nouvelle catégorie d'internés : les « ressortissants des puissances ennemies » : Allemands et Autrichiens (l'Autriche était rattachée au Reich depuis l'Anschluss). Des mesures de précaution peuvent s'expliquer au début d'une guerre. Mais pendant des mois, près de 20 000 personnes se trouvèrent internées au nom d'une guerre menée contre celui qui était responsable de l'émigration vers la France d'une large majorité d'entre elles : juifs persécutés ou politiques réprimés.
En mai 1940, une nouvelle vague d'internement dans cette catégorie toucha également les femmes.
Cependant, l'internement fut avant tout caractéristique de la politique vichyste, elle-même sous-tendue par une interprétation générale de la défaite. Pour ces nouveaux gouvernants, la débâcle ne trouvait pas son origine dans des erreurs militaires. Elle s'expliquait, pour une part, par les aléas politiques récents mais l'essentiel tenait en fait au soit-disant pourrissement de la société, travaillée par ce que Pétain appela lui-même « les forces de l'anti-France », à savoir le Juif, le communiste, l'étranger et le franc-maçon. Dans une vision de complot très caractéristique de l'extrême droite française, rien ne servait de lutter contre l'occupation, qui n'était qu'un symptôme, il fallait s'attaquer aux racines du mal en régénérant la société française de l'intérieur par le rassemblement des éléments dits « purs » autour des valeurs traditionnelles (travail, famille, patrie, piété, ordre) et par l'exclusion des « impurs » responsables de la défaite. Dans cette perspective, le camp d'internement était une pièce majeure du dispositif.
Pour en savoir plus lire la suite ICI... mais en récapitulant sur ce qu'il advint en France lors de la dernière occupation. Comment savait-on que telle personne était communiste, juive ou franc-maçonne ? Nous n'inclurons pas les résistants, ils se planquaient et étaient donc dénoncés comme ce fut le cas dans notre famille pour quelques uns... mais pour les autres ? Ils étaient déja fichés. Comme quoi, il est de bon ton de ne pas donner sa religion...
Nouvelle enquête basée sur l'origine ethnique en France,
un procédé controversé
Le ministère de l'Education nationale a autorisé une nouvelle étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) basée sur l'origine ethnique, un type d'enquêtes qui se multiplie et suscite la controverse en France.
Dans une décision publiée dimanche au Journal officiel, le ministère donne son feu vert à l'enquête "Intégration des secondes générations en Europe", une initiative européenne, qui s'appliquera en France, à Paris et Strasbourg.
Dans chacune de ces villes, 250 personnes nées en France, dont au moins un parent est né au Maroc, 250 personnes nées en France ayant un parent natif de Turquie et 250 personnes dont les deux parents sont nés en France, seront interrogées alors que la loi française proscrit tout "comptage ethnique".
Les caractéristiques socio-démographiques, situation familiale (partenaire et parents), formation, diplômes, situation professionnelle, conditions de logement, sociabilité, revenus, discriminations, identité, pratiques linguistiques et culturelles, santé, habitudes de vie, rapports à la religion des personnes interrogées seront enregistrées et accessibles à l'Ined et ses partenaires.
Cette autorisation suit un avis positif de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) qui avait mis en avant "l'intérêt public" de cette étude dans le cadre des politiques d'intégration.
Alors que la Grande-Bretagne, les Pays-Bas ou la Grèce autorisent la compilation de données ethniques, en France les statistiques sur l'immigration sont encadrées par la loi informatique et Libertés du 6 janvier 1978 et les grands organismes d'enquêtes doivent soumettre leurs projets d'enquêtes à la Cnil.
L'article 8 de cette loi stipule qu'il "est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques".
La Cnil n'accorde donc que des autorisations ponctuelles mais le critère "lieu de naissance des parents" est introduit de plus en plus fréquemment dans ces questionnaires, suscitant des débats houleux entre les démographes depuis 1999.
Des démographes comme Patrick Simon (Ined) et des politiques, notamment le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, se sont prononcés en faveur d'un "comptage ethnique" en affirmant vouloir ainsi lutter contre les discriminations. Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, affirme vouloir ainsi "voir le vrai visage de la France".
Pour Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, "les études sur les filiations peuvent être intéressantes pour diagnostiquer des discriminations de toutes sortes mais il faut mettre des garde-fous pour empêcher la mise en place de fichiers qui amplifieraient les discriminations".
"Il faut faire attention aux dérapages possibles et aux interprétations abusives", explique-t-il, "éviter de plaquer des comportements sur des origines ethniques sans tenir compte de facteurs sociaux, de l'environnement familial ou professionnel".
SOS Racisme s'étonne également que les personnes interrogées par l'Ined ou l'Insee soient choisies "de manière aléatoire dans le bottin" alors qu'il existe des registres d'Etat civil.
Une enquête de l'Ined a confirmé récemment la réticence des Français, et surtout des immigrés et de leurs descendants, vis-à-vis de la création de catégories "ethno-raciales".
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt