Visite de Chirac au centre de simulation nucléaire

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Visite de Jacques Chirac au centre de simulation nucléaire français

 

 

Jacques Chirac visite ce jeudi le centre de simulation des essais nucléaires français, à Bruyères-Le-Châtel (Essonne), afin de réaffirmer la "crédibilité" de la dissuasion nucléaire française.

Mais l'Elysée insiste sur le fait que ce déplacement du président de la République à la Direction des Applications Militaires du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) est indépendant de la crise nucléaire avec l'Iran, alors que les grandes puissances sont engagées dans un bras de fer avec Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.

"Il s'agit de dire aux Français et au monde que nous avons un outil de simulation qui garantit la crédibilité de notre outil nucléaire", souligne-t-on de même source.

L'occasion est la mise en service du super-calculateur Tera-10 qui est opérationnel depuis juillet et constitue une pièce essentielle du programme de simulation des essais. Cette machine est la plus puissante d'Europe et l'une des plus performantes dans le monde.

Tera-10, construit par le groupe informatique français Bull, permet de multiplier par 1.000 les capacités de calcul par rapport à 1995, l'objectif étant de les multiplier par 10.000 d'ici à 2010. Selon les scientifiques, ses 4.352 processeurs sont capables d'effectuer 50.000 milliards d'opérations par seconde et il peut stocker des données équivalentes à 30 fois le contenu de la Bibliothèque nationale de France.

Ce programme a été lancé après que Jacques Chirac eût ordonné en 1995 une dernière campagne de six essais dans le Pacifique sud qui avait provoqué une vague de protestations dans le monde. Son objectif est d'assurer sur le long terme une dissuasion fiable et sûre après que la France a signé en 1996 le Traité d'interdiction des essais nucléaires.

Sur 15 ans, le programme de simulation coûte 5,5 milliards d'euros. La France consacre à la dissuasion nucléaire 10% de son budget de Défense, soit environ 3,3 milliards d'euros.

Ce déplacement de M. Chirac s'inscrit dans la continuité de celui qu'il avait effectué le 19 janvier sur la base de sous-marins nucléaires de l'Ile Longue, dans le Finistère, où il avait "toiletté" la doctrine nucléaire française à l'heure des menaces terroristes.

La dissuasion nucléaire française repose sur la force océanique stratégique et ses quatre sous-marins SNLE stationnés à l'Ile Longue, ainsi que sur les forces aériennes stratégiques et ses 60 Mirage 2000-N.

Le nombre exact de têtes nucléaires dont dispose la France est "secret défense", mais elles seraient de 200 à 300, selon des sources concordantes.

Jeudi, avant de prononcer un discours, M. Chirac visitera le centre de calcul Tera-10, puis se fera présenter à huis clos une simulation. Il visitera aussi la salle de surveillance géophysique, qui fait partie d'un réseau mondial de détection des essais nucléaires et des catastrophes naturelles comme les tsunamis.

Le réseau "Sortir du nucléaire" a critiqué, dans un communiqué, cette visite de Jacques Chirac, estimant que, "avec le programme +simulation+, la France - de même que les USA - se permet de relancer la course aux armes atomiques, tout en exigeant de l'Iran qu'il renonce à accéder à de telles armes".

Sources : AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans JACQUES CHIRAC

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