République : la zone de turbulence
République : la zone de turbulence
par André Bellon
Constitué avant l’été, le groupe République ! a désormais une adresse sur la Toile : republique.blog.com et une lettre de liaison. Nous vous livrons ici l’éditorial du numéro un.
Le 20 septembre, Jean-Marie Le Pen est allé à Valmy pour y commémorer la fameuse bataille de 1792 qui aida à l’établissement de la République en France. De droite comme de gauche, on s’en est naturellement ému. Les socialistes y ont même organisé une contre-manifestation. C’était bien la première fois depuis des années qu’on les voyait en ce lieu. Peut-on alors critiquer ceux qui occupent le terrain de Valmy sans critiquer ceux qui le leur ont abandonné depuis si longtemps ?
C’est la rentrée et voilà que s’annonce la grande échéance de l’élection présidentielle. D’un point de vue républicain ou tout simplement démocratique, cette perspective apparaît catastrophique.
A moins de surprise considérable, les candidats dits crédibles étaient tous favorables au traité constitutionnel européen contre lequel s’est exprimé une nette majorité de citoyens français. Pire, ils semblent refuser de prendre en compte ce choix. Du côté de la droite, la personnalité de Sarkozy inquiète plus qu’elle ne répond aux inquiétudes. Du côté du PS, on n’a apparemment toujours pas grand-chose à dire sauf qu’il faut lui faire confiance et empêcher la droite. Sur le plan des principes républicains, le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas au cœur du débat.
La seule question qui vaille est en fait celle-ci : combien de temps ce système politique, méprisant et sûr de sa vérité, refusant avec détermination toute volonté populaire, est-il susceptible de faire croire à la légitimité de ceux qui en ont la gestion ?
Qui plus est, l’inversion du calendrier électoral, décidée en son temps par Lionel Jospin, conduit à assujettir encore plus l’élection législative au Président élu.
On parle de plus en plus de VIe République. Pourquoi pas ? Il faut bien un numéro. Mais la question n’est pas de faire un changement pour un changement. Elle est de retrouver la voie de la souveraineté populaire dans un monde qui la nie. Les échos qui nous parviennent semblent montrer que les solutions envisagées vont ignorer cette question. Pour ma part, je suis profondément attaché au droit de vote et je vais, par principe, voter. Cela étant, je ne vois, aujourd’hui, aucun nom à inscrire sur mon bulletin de vote.
Sources Revue Républicaine