Chirac rencontre Zapatero

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Jacques Chirac à Gérone pour 19e sommet franco-espagnol




Jacques Chirac et José Luis Rodriguez Zapatero mettront à profit leurs bonnes relations pour tenter d'avancer jeudi sur les grands dossiers internationaux et bilatéraux, au 19e sommet franco-espagnol qui a lieu à Gérone (nord-est de l'Espagne).

Hormis la signature d'un accord de reconnaissance mutuelle des diplômes universitaires français et espagnols, aucune décision majeure n'est toutefois attendue de ce sommet auquel participeront six à sept ministres de chaque pays.

Pour l'Elysée, la réunion sera "l'occasion de démontrer que les relations entre la France et l'Espagne ont été fortement redynamisées depuis l'arrivée de José Luis Rodriguez Zapatero à la tête du gouvernement espagnol" et qu'elles "s'inscrivent désormais dans une grande confiance".

Le renforcement de ces liens, distendus par la brouille sur l'Irak avec le précédent gouvernement pro-Bush du conservateur José Maria Aznar, sera illustré par la première réunion du Conseil franco-espagnol de défense. Clone de son cousin franco-allemand, il rassemblera sous la présidence de MM. Chirac et Zapatero les ministres de la Défense Michèle Alliot-Marie et José Antonio Alonso et les chefs d'état-major des armées.

Madrid et Paris aborderont les défis auxquels font face les troupes françaises et espagnoles au Liban et en Afghanistan, et le coup de main prêté par l'Espagne qui a accepté de déployer un contingent en République démocratique du Congo (RDC), où la situation est très tendue. Ce conseil, destiné à rapprocher les concepts de sécurité et de défense, et qui se réunira désormais une fois par an, servira aussi à préparer le prochain sommet de l'Otan des 28 et 29 novembre à Riga.

Au chapitre international, MM. Chirac et Zapatero, et leurs chefs de la diplomatie, Philippe Douste-Blazy et Miguel Angel Moratinos, évoqueront le Moyen-Orient et la perspective d'une adhésion à l'Union européenne de la Turquie, dont Madrid se fait, contrairement à Paris, l'avocat enthousiaste sur ce dossier.

Au Moyen-Orient, Madrid milite activement pour l'organisation d'une réunion internationale de paix afin de sortir la région de l'ornière. Cette proposition a été fraîchement accueillie à Washington, avant la récente victoire des démocrates au Congrès, et la France avance prudemment sur cette question pas encore abordée avec la Grande-Bretagne ou l'Allemagne.

Concernant l'immigration, Madrid et Paris devraient laisser de côté leur différend sur la régularisation par l'Espagne de 600.000 travailleurs irréguliers en 2005, en réaffirmant qu'elle "doit être dorénavant abordée au niveau européen et non pas strictement national".

En l'absence des ministres de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy étant retenu par une réunion de son parti, l'UMP, à Paris, le thème de l'ETA devrait être relégué au second plan. Paris appuie le délicat processus de paix entamé par M. Zapatero avec les indépendantistes basques sur cette "question espagnole", et maintient son étroite coopération policière avec Madrid.

Les vieux serpents de mer bilatéraux de l'interconnexion électrique et du renforcement des liens ferroviaires et routiers entre l'Espagne et la France ressurgiront sans surprise à Gérone. Ces pays envisagent de nommer "deux sages" pour débloquer le dossier de la ligne transpyrénéenne à très haute tension (THT), censée notamment alimenter le futur TGV Perpignan-Barcelone, dont l'inauguration est toujours prévue en février 2009, mais à laquelle s'opposent populations locales et écologistes.

MM. Zapatero et Chirac aborderont également les questions de coopération dans l'enseignement et dans la recherche-innovation.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans JACQUES CHIRAC

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