Sarkozy prend Matignon à contre-pied sur la Nouvelle-Calédonie

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Nicolas Sarkozy prend Matignon à contre-pied

 sur la Nouvelle-Calédonie


Une nouvelle épine vient de se ficher dans les rapports entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, entre le gouvernement et l'UMP. La Nouvelle-Calédonie, la réforme du corps électoral pour l'élection de ses assemblées et, à terme, pour le futur scrutin d'autodétermination, est en passe de provoquer une crise gouvernementale. Si les médiations sont à l'oeuvre pour tenter de trouver un arrangement, d'aucuns à l'UMP, pour l'heure, n'entrevoient que deux issues possibles : un renoncement du premier ministre au projet de loi constitutionnelle qui doit être examiné, mercredi 13 décembre à l'Assemblée nationale, ou un départ du gouvernement du ministre de l'intérieur.

LES ACCORDS DE NOUMÉA


Le petit déjeuner de la majorité de mardi 5 décembre a été le théâtre d'un affrontement d'"une froide violence", selon un des présents. M. Sarkozy a signifié au chef du gouvernement qu'il ne voulait pas de ce texte. Celui-ci prévoit le "gel" du corps électoral en n'autorisant à participer aux futurs scrutins que les seules personnes justifiant de dix ans de domicile en Nouvelle-Calédonie à la date de la consultation du 8 novembre 1998 sur les accords de Nouméa.

Alerté par les réactions que suscite ce projet dans la droite locale, mais également au-delà, le président de l'UMP, désormais officiellement déclaré candidat à l'élection présidentielle, met en garde le premier ministre. Pas question, explique-t-il, d'engager à quelques mois des élections une réforme dont il estime qu'il n'a rien à y gagner mais que, au contraire, "le Front national va en faire son miel". Et le ministre de l'intérieur d'exiger que le gouvernement suspende tout projet de loi qui ne fait pas l'objet d'un consensus.

Fureur de M. de Villepin. Il rappelle qu'il s'agit d'un engagement pris par le président de la République et, par conséquent, une question de respect de la parole donnée. Le premier ministre est d'autant plus remonté contre son numéro deux que ce dernier, quelques semaines auparavant, dans le même cadre, avait donné son accord pour que le texte soit examiné avant la fin des travaux parlementaires. "On ne renie pas la parole de l'Etat pour des petits intérêts de circonstance", réplique en substance le chef du gouvernement.


"UNE IDIOTIE"


C'est le ministre de l'outre-mer, François Baroin, qui en a essuyé les retombées, en fin de matinée, lors de la réunion du groupe UMP de l'Assemblée. Tour à tour, Pierre Frogier, député de la Nouvelle-Calédonie, puis Thierry Mariani, Alain Marsaud, Jean-Pierre Soisson et Francis Delattre, tous apôtres anciens ou récents du président de l'UMP, expriment sans ambages leur opposition au texte. Pour M. Frogier, celui-ci n'a rien à voir avec les accords de Nouméa. "En tout état de cause, affirme-t-il, notre signature vaut autant que celle des indépendantistes. Qu'ils aient cru, à l'époque, à certaines promesses qui avaient pu leur être faites, c'est une chose. Mais que l'on ne fasse pas dire aux accords autre chose que ce qui est écrit."

Les élus de l'UMP s'en prennent avec virulence à ce qu'ils considèrent comme "une idiotie à quelques mois des élections". "Comment expliquer qu'on va empêcher les Français installés outre-mer depuis des années de voter alors qu'il est question, ici, d'accorder le droit de vote aux étrangers ?", développent-ils de manière uniforme.

Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, ne peut que constater : le groupe n'en veut pas. A la sortie des questions au gouvernement, auxquelles M. Sarkozy n'assistait pas, le premier ministre, entouré de M. Baroin et d'Henri Cuq, le ministre délégué aux relations avec le Parlement, fait le point avec le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, et M. Accoyer. Ses interlocuteurs ne lui cachent pas qu'en l'état la majorité ne votera pas le texte. Certains suggèrent, pour sortir de l'impasse, de retirer le texte de l'ordre du jour de l'Assemblée et de le présenter au Sénat, afin que personne ne perde la face. Les sénateurs se chargeraient alors de l'enterrer.

M. de Villepin peut difficilement prendre le risque d'un nouveau camouflet. Le projet de loi devait être examiné, mercredi 6 décembre, par la commission des lois de l'Assemblée. A la suite de ce premier échange, le chef du gouvernement devrait prendre sa décision.



Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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