MAM exigeante sur les débats de son parti
Mme Alliot-Marie exigeante sur les débats de son parti
L'organisation de forums régionaux de l'UMP - dont le premier des trois aura lieu, samedi 9 décembre, à la Défense (Hauts-de-Seine) - use la patience de Jean-Pierre Raffarin.
Chargé par Nicolas Sarkozy de mettre en scène la diversité du parti et une compétition sans suspense dans la course à l'investiture du parti, l'ancien premier ministre a reçu une lettre et un coup de téléphone de Michèle Alliot-Marie.
"Pour être utile à notre image à l'UMP, écrit la ministre de la défense, ces débats doivent être respectueux, libres et constructifs. (...) Ils ne peuvent être de simples colloques noyant l'expression de différentes sensibilités qui composent l'UMP."
"GÉRER LES EGO"
La ministre de la défense, qui aimerait pouvoir défier M. Sarkozy, soupçonne son rival de vouloir multiplier les interventions de ses proches pour marginaliser ses idées. Echaudée par les sifflets suscités par son discours lors du conseil national de l'UMP, elle demande des garanties sur la neutralité du public et souhaite imposer ses thématiques : quelle société pour demain ? quelle politique économique et sociale ? quelle France dans le monde ?
Autres exigences : les débatteurs devront représenter une "sensibilité réelle" (sarkozyste, gaulliste, libérale et centriste) et répondront - dans un temps de parole identique - aux mêmes questions. Ses proches menacent : "Si ces conditions ne sont pas remplies, on en tirera les conclusions."
M. Sarkozy compte sur ces débats pour apparaître moins hégémonique au sein de son parti ; Mme Alliot-Marie escompte qu'ils lui permettront de susciter l'adhésion à ses idées. Après quoi elle fera connaître, fin décembre, sa décision de se soumettre ou non aux suffrages des militants, tout en se réservant la possibilité d'être candidate hors du parti. "Gérer les ego, c'est une mission difficile", se lamente-t-on dans l'entourage de M. Raffarin.
La marge de manoeuvre de la ministre de la défense se réduit pourtant. Selon un sondage IFOP pour Paris Match, elle perd 7 % de bonnes opinions (54 %) par rapport au mois de novembre, ce qui pourrait témoigner que sa stratégie est mal comprise.
Interrogé sur France 3, mardi 5 décembre, son compagnon Patrick Ollier a déclaré que "ce serait une erreur qu'il y ait au premier tour de la présidentielle plusieurs candidats de l'UMP".
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt