Sarkozy : une amnésie sur le bilan gouvernemental

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy : Une amnésie sur le bilan gouvernemental

Nicolas Sarkozy oublie le bilan du gouvernement dont il est le numéro deux depuis 2002 :
• La croissance et le pouvoir d’achat ont été divisés par deux : 1,5 %/an, contre 3 % entre 1997 et 2002 ; la majoration des heures supplémentaires au-delà de 35 heures hebdomadaires a été baissée de 25% à 10% ;
• Les comptes publics ont été lourdement dégradés : + 300 Mds € de dettes depuis la mi-2002 ;
• Le commerce extérieur est historiquement déficitaire : - 30 Mds € en 2006 (- 26,5 en 2005), alors que la France dégageait encore des excédents en 2002 ;
• L’emploi a stagné : la France a créé dix fois moins d’emplois (38 000/an) que sous la précédente législature (360 000/an);
• La précarité s’est développée : la part des CDD et de l’intérim représente 78 % des intentions d'embauche en 2006, contre 35 % en 2000 ;
• Les prélèvements obligatoires ont augmenté : ils sont passés de 43,1 % à 44 % du PIB, soit une ponction supplémentaire de 17 milliards d’euros par an depuis 2005;
• Les inégalités se sont accrues :
– L’impôt sur le revenu a été massivement baissé au profit des catégories les plus aisées : 70 % des baisses de l’impôt sur le revenu ont bénéficié aux 10 % les plus aisés ;
– Le bouclier fiscal à 60 % a permis à 17 000 foyers fiscaux imposables à l’ISF de bénéficier d’une baisse de 350 millions d'euros, soit 20 600 euros en moyenne par an ;
– La réforme de l’ISF (exonération de 75 % de la valeur des actions) a permis par exemple au détenteur d’un patrimoine de 15 millions d’euros d’acquitter 100 000 euros d’ISF en moins par an.

II) Un programme injuste : donner de l’argent à ceux qui en ont déjà le plus

Les dernières propositions de Nicolas Sarkozy ne marquent pas une rupture avec cette politique, mais bel et bien son prolongement et son accentuation :

1. Baisse de l’ensemble des impôts, taxes et cotisations de 70 milliards d’euros
Cette promesse est injuste et démagogique :
• injuste : elle repose sur des coupes dans les dépenses publiques prioritaires (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) ou sur la création de nouveaux prélèvements injustes (institution d’une franchise de soins) ;
• démagogique : fidèle à la technique chiraquienne, Nicolas Sarkozy promet de baisser les prélèvements de 68 milliards d’euros, tout en réduisant les déficits et la dette sans affecter les dépenses prioritaires : promettant tout, il ne tiendra rien.
• dangereuse : avec une telle baisse des prélèvements obligatoires, la dette publique s’envolerait de nouveau, réduisant d’autant les capacités d’actions de l’État.


2. Suppression totale des cotisations sociales et de la fiscalité pesant sur les
heures supplémentaires


Cette mesure, au coût de 4,6 milliards d’euros par an, serait très préjudiciable à l’emploi, dès lors qu’il deviendrait plus intéressant financièrement pour l’employeur d’imposer des heures supplémentaires que d’embaucher. C’est tout le contraire d’une politique de création d’emplois et de valorisation du travail.

3. Fin des droits de successions

Cette mesure favoriserait les 20 % de Français les plus aisés, qui sont les seuls à acquitter des droits de successions : le patrimoine d’un personne avec trois enfants est aujourd’hui exonéré de droits de succession en ligne directe si sa valeur est égale ou inférieure à 226 000 euros ;


4. Abaissement à 50 % du bouclier fiscal


Cette mesure coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros par an à l’État et signerait
la mort de l’ISF.

Elles reviendrait en pratique à exonérer totalement la quasi totalité des redevables à l’ISF du paiement de l’impôt, puisque seuls les patrimoines supérieurs à 6 millions d’euros resteraient imposables.
Cette mesure, dédiée aux 350 000 foyers qui disposent d’un patrimoine supérieur à 1,2 millions d’euros, favoriserait la rente et non le travail.

Avec Nicolas Sarkozy, l’argent va à l’argent !
Les chiffres menteurs de Nicolas Sarkozy

1 - Nous vous avions déjà raconté comment, pour justifier la peine plancher qu'il appelle de ses voeux, Nicolas Sarkozy tordait le cou à la réalité en prétendant que  :

"50% des crimes étaient commis par des récidivistes, alors qu'on ignore l'identité de 68% de leurs auteurs ! "

2 -  Il s'avère que falsifier les chiffres est bien une spécialité du ministre de l'intérieur, dont les services annonçaient ainsi un total de 396 véhicules incendiés lors de la dernière nuit de la Saint Sylvestre, quand la radio Europe 1, se basant sur les déclarations individuelles des préfectures, parvenait au chiffre de 683.

 Comment expliquer cet écart énorme ?

 Facile : les autorités ont arrêté leur décompte le 1er janvier à 6h du matin, alors que des automobilistes découvrent leur voiture brûlée tout au long de la journée. 

3 -  Cet été, la communication sarkozyste a battu son plein sur le thème du formidable succès de son livre Témoignage, l'éditeur Bernard Fixot annonçant près de 400 000 exemplaires vendus. Or le mensuel Livres-Hebdo a publié le 14 janvier dernier son classement annuel, qui fait autorité dans le milieu, et l'on s'aperçoit que les ventes réelles de l' "oeuvre" du président de l'UMP sont exactement de 159 800 exemplaires.

 Du simple au plus du double !

4 - Le dernier exemple de cette propension sarkozienne de manipuler les chiffres suivant ses intérêts nous est enfin fourni par la cérémonie d'investiture du candidat, organisée mi-janvier porte de Versailles dans un luxe inouï :

100 000 militants étaient réunis pour acclamer le sacre du petit César, a claironné l'UMP.

Or Le Canard enchaîné nous apprend que seules 20 949 chaises ont été installées. Est-ce à dire que 79 000 personnes seraient restées debout ? Difficile à croire !

 Le Canard enfonce le clou en présentant le plan de la salle et en concluant à la présence réelle de "guère plus de 25 000 personnes". Prise sur le fait, la direction du parti sarkozyste prétend que le plan reproduit n'est pas le bon, ce que conteste l'hebdomadaire satirique, mais ne dit mot sur le nombre des chaises...

Qu'importe : lorsqu'il est accordé bien plus de place au mensonge initial qu'à sa réfutation ultérieure, c'est bien à une manipulation de l'opinion que l'on s'adonne, avec par conséquent la complicité active des médias dominants.



PS : Parfois, ce ne sont pas les chiffres qui démentent les propos de Sarkozy mais... Sarkozy lui-même !

L'hebdomadaire Marianne a ainsi exhumé l'émission La France en direct diffusée sur l'Antenne 2 de l'époque en 1995, où il déclarait :

"ce n'est pas un nouveau président de la République qui changera tout. Un mot, si vous permettez : rien ne ressemblera plus à la France d'après l'élection présidentielle, que la France d'avant." "

Ainsi, en deux phrases, Nicolas Sarkozy réussissait en 1995 à contredire son slogan de campagne de 2007

 "Ensemble tout devient possible" ("ce n'est pas un nouveau président de la République qui changera tout") et le slogan de l'UMP "imaginons la France d'après"

("rien ne ressemblera plus à la France d'après l'élection présidentielle, que la France d'avant") !"

 conclut malicieusement "Marianne" l'hebdomadaire de Jean-François Kahn.

http://www.dailymotion.com/tag/fiscalite/video/xuee2_la-facture-de-sarkozy

Sources :  PS METZ

Posté par Adriana Evangelizt

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