La grosse colère de Nicolas Sarkozy contre Brice Hortefeux
Les phrases de Sarkozy en parlant de Hortefeux : "Je l'ai trop gavé, maintenant, il fait n'importe quoi ! Ce n'est pas lui qui est candidat, c'est moi !" Quel orgueil ! quelle outrecuidance ! Quelle impudence ! Mais pour qui se prend-il ? Malheureusement de nombreuses voix iront à Le Pen quoiqu'il en dise. Parce qu'au final Le Pen apparaît bien plus sympathique que lui. C'est ce que tout le monde dit. Et là, l'erreur de 2002 ne sera pas commise. A savoir que s'il y a un duo Sarkozy - Le Pen, la majorité des gens ne feront pas ce qu'ils ont fait avec Chirac. Ce sera le Tout sauf Sarkozy jusqu'au bout. Et c'est pour cette raison effectivement que Sarkozy ne veut pas Le Pen au second tour.
La grosse colère de Nicolas Sarkozy contre Brice Hortefeux
par Christophe Jakubyszyn et Philippe Ridet
Leur amitié de trente ans y survivra-t-elle ? Testée dans un entretien au Figaro du 13 avril par Brice Hortefeux, la proposition d'instaurer une dose de proportionnelle aux législatives a été violemment rejetée par Nicolas Sarkozy, à peine le quotidien était-il en kiosques. A 9 heures, lors d'une réunion d'une vingtaine de politiques et de conseillers techniques à son QG, le candidat a taillé en pièces le plus ancien de ses conseillers.
Dans une atmosphère silencieuse et tendue, le candidat de l'UMP a fait feu sur ce fidèle qui se voyait déjà dans les habits d'un ministre de l'intérieur : "C'est intolérable ! Il ne se rend pas compte de ce qu'il fait. Il y aura de grosses déceptions à l'arrivée." Plus cassant, il lance : "Je l'ai trop gavé, maintenant, il fait n'importe quoi ! Ce n'est pas lui qui est candidat, c'est moi !" Auparavant, raconte un témoin, il avait exigé un démenti "très dur" à la proposition du ministre délégué aux collectivités locales. Un premier jet, rédigé par un conseiller technique a été jugé trop alambiqué. Finalement Claude Guéant, son directeur de cabinet, a été personnellement chargé de mettre au point la version définitive.
Pour le candidat, les propos de son ami tombent mal. Ils interviennent au moment où M. Sarkozy pensait, en durcissant son discours, avoir fait le maximum pour s'attirer les bonnes grâces des électeurs du Front national. Débattue en août 2006, la question des modes de scrutin avait été tranchée à l'automne en faveur d'une dose de proportionnelle au Sénat. Mais des aménagements pouvaient encore survenir en cas de négociations avec l'UDF. "Les électeurs du Front s'en tapent de la proportionnelle, enrage un député. Ce qui pouvait être un moyen d'amadouer les centristes se transforme en combine pour acheter le FN." Une cartouche tirée pour rien.
Dans l'entourage de M. Sarkozy, où les rivalités sont exacerbées, la mauvaise fortune de M. Hortefeux a aussitôt été relayée. Ses concurrents dénigrent à loisir sa propension à "vouloir parler au nom du candidat" et "son envie d'exister". Déjà, la décision de M. Sarkozy de fondre les réunions de députés, dont M. Hortefeux était chargé au début de la campagne, en une seule instance confiée à François Fillon, avait été interprétée comme un signe de disgrâce. "Brice est un gros jaloux", avait lâché le candidat de l'UMP quand on lui avait rapporté les états d'âme de son conseiller.
"CHERCHER LES ÉLECTEURS UN PAR UN"
Mais vendredi soir, en visite à Meaux (Seine-et-Marne), M. Sarkozy n'a pas condamné officiellement son conseiller. "Chacun a le droit de dire ce qu'il veut, a-t-il admis. Ce n'est pas aux autres de donner des leçons. C'est le PS qui a fait entrer le FN à l'Assemblée et l'UDF qui propose un scrutin proportionnel à 50 %."
Lors de son meeting, il s'est appliqué à durcir le ton vis-à-vis du président du FN : "Je ne veux pas de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour", a-t-il lancé. Mais il n'a pas renoncé à séduire ses électeurs : "Si quelqu'un qui a voté Le Pen, on ne peut pas le convaincre, il n'y a qu'à lui interdire de voter. Si un présentateur de télévision a le droit de parler à tout le monde, si un journal a le droit de s'adresser à tous ses lecteurs, pourquoi moi, je n'aurais pas le droit de parler à des gens qui étaient nos électeurs. J'irai chercher les électeurs un par un. Leur voix, elle ne sert à rien si elle se porte sur Le Pen."
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt