Nicolas Sarkozy nest pas un homme dEtat
Nicolas Sarkozy n’est pas un homme d’Etat
par Raphaël Anglade
A cinq jours d’un scrutin qui sera déterminant pour les 20 prochaines années, il est important de s’interroger enfin sur le candidat favori des médias.
Betapolitique craint Nicolas Sarkozy : homme instable, emporté, violent, clanique, manipulateur, hâbleur, plein de lui-même : cet homme mettrait la France dans la rue et passerait alliance avec les puissances d’argent pour imposer un ordre répressif et injuste.
Ce n’est pas nous qui le disons, c’est lui : ses actes et ses paroles parlent d’eux-mêmes, et bien plus que ses discours...
Betapolitique est un espace de réflexion collective de gauche, accueillant toutes les analyses et volontiers spéculatif. Betapolitique n’était pas, et ne sera pas, un espace partisan. Si notre média s’est engagé, progressivement, de plus en plus en soutien de la candidature de Ségolène Royal, c’est pour trois raisons :
depuis plusieurs mois, les médias traditionnels, détenus par de puissants groupes industriels, ont fait une campagne à sens unique pour Nicolas Sarkozy ;
cet homme est réellement dangereux ;
la candidature Bayrou n’est qu’un leurre puisque ce dernier ne peut et ne sait gouverner qu’avec l’UMP, parti entièrement aux ordres de Nicolas Sarkozy.
Cet engagement pouvant sembler partisan, nous avons décidé de laisser les faits parler d’eux mêmes. C’est pourquoi nous avons successivement présenté :
le témoignage sans équivalent du juge Portelli qui, faits et chiffres à l’appui, analyse les rapports de répression, de manipulation et de mensonge noués entre le ministre de l’intérieur et la justice dans le livre (refusé in extremis par l’éditeur : Ruptures ;
les témoignages nombreux dans la presse, de l’agressivité de Nicolas Sarkozy, qui s’est exprimée contre les pays étrangers, les élus de l’opposition et son propre camp, et a entraîné les émeutes de banlieues comme les incidents de la gare du Nord (Nicolas Sarkozy le fauteur de troubles) ;
les témoignages tout aussi nombreux de sa vision personnelle, clanique, avide et violente de l’exercice du pouvoir (Nicolas Sarkozy le chef de gang) ;
les témoignages sur ses liens avec le pouvoir médiatique et son art consommé de la manipulation, qui lui a permis d’échapper à son bilan, de dissimuler son patrimoine, son interdiction de visite en banlieue ou les motifs de son alliance tactique avec Jacques Chirac (Nicolas Sarkozy le manipulateur)
Nous voudrions terminer cette série par l’analyse de son rapport aux institution même de la République qui aboutit à ce constat accablant : Nicolas Sarkozy n’est pas un homme d’Etat.
Nicolas Sarkozy ne respecte pas la (Ve) République
Bien qu’étant le seul candidat à se prononcer pour le maintien de la Ve République, il est celui qui affiche le plus grand mépris pour les principaux socles de notre système démocratique :
Mépris de la laïcité
Enorme investissement personnel pour intégrer dans le Conseil français du culte musulman (CFCM) la frange radicale, intégriste et financée par les pays du Golfe qu’est l’UOIF. « Cet accord marque le triomphe des Frères musulmans de l’UOIF qui ont reçu les félicitations de Nicolas Sarkozy », déclare Abderrahmane Dahmane, président de la coordination des musulmans de France, défenseur d’un Islam modéré, ex colistier de Philippe Séguin. Sarkozy « donne les clés de l’Islam français à des fondamentalistes », ajoute-t-il (Le Parisien, 12 février 2003). Le CFCM frôle l’éclatement tandis que Sarkozy va se faire acclamer au congrès de l’UOIF au Bourget. Quelques mois plus tard, au cours du vote de la loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école, l’UOIF organise des manifestations de femmes voilées.
L’Express : « Qu’avez-vous voulu dire par « préfet musulman » ? Préfet issu de l’immigration ? Préfet sorti des couches populaires ? Préfet en turban ? N. Sarkozy : « Non. J’ai voulu dire de culture musulmane, ce qui naturellement n’avait aucune espèce de connotation religieuse. » (L’Express, 19 janvier 2004).
« On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines [...]. La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. [...] La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations. » (Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l’espérance, 2004)
Le 30 août 2004, reçoit en grandes pompes, au Ministère de l’Economie et des Finances, l’acteur Tom Cruise, grand prosélyte de l’Eglise de scientologie, qui reconnaîtra par la suite avoir parlé avec le Ministre de cette secte.
En 2002, provoque le dessaisissement d’Arnaud Palisson, en charge des sectes aux RG, qui avait refusé de retirer d’Internet la thèse qu’il avait consacrée à cette secte (Charlie Hebdo, 18 novembre 2003).
« Certains jeunes des banlieues n’ont rien dans la tête… La Religion peut être un plus pour eux. » (Nicolas Sarkozy, Cent minutes pour convaincre, France 2, 9 décembre 2002).
Assoiffé de pouvoir, il veut modifier l’équilibre des institutions pour en avoir encore plus
« Voyons maintenant ce que propose Nicolas Sarkozy en France : « Plutôt qu’un Président qui préside, un Président-leader », qui « ne pourra être que différent de ceux qui l’ont précédé. » « Il devra donc s’engager non seulement sur les grandes options, mais aussi sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français... » En bref, un homme s’occupant de tout, sans avoir de comptes à rendre à personne, car c’est son Premier ministre - devenu simple coordinateur - qui resterait responsable devant le Parlement ! Vous avez dit « Führerprinzip » ? Non, en français, cela s’appelle « bonapartisme ». Ajoutons que le ministre de l’Intérieur mobilise actuellement sans scrupules les fonds publics pour sonder son image, comme si le système inique qui sert l’argent aux partis en place ne lui suffisait pas. » (Blog de Jacques Cheminade)
Irrespect des lois
Maire de Neuilly, puis maire de fait, il méprise la loi sur le logement : sa ville n’a que 2 % de logements sociaux quand la Loi en exige 20 %.
Le Canard Enchaîné a prouvé, pièces à l’appui que l’acquisition de son appartement de Neuilly est au mieux une prise illégale d’intérêt, au pire de la corruption passive
Communautarisme
« Je n’ai pas peur de vous défendre lorsque vous êtes attaqués parce que je respecte les communautés et les religions. C’est aussi simple que cela : je sais qu’elles existent, quand d’autres responsables politiques préfèrent les ignorer. (…) C’est normal et c’est très bien ainsi ». Nicolas Sarkozy, Discours à la Mosquée de Paris, 25 septembre 2006.
Nicolas Sarkozy ne respecte pas le fonctionnement de l’Etat
Il a délibérément annulé la campagne institutionnelle d’encouragement à l’inscription sur les listes électorales
Selon le Canard Enchaîné du 13 décembre 2006, Sarkozy, conscient des intentions de vote des jeunes de banlieues a son égard, a délibérément annulé, en septembre 2006, la campagne d’encouragement aux inscriptions sur les listes électorales prévue par son ministère.
Il ne respecte pas la séparation des pouvoirs
Le Syndicat de la magistrature lui a reproché de remettre en cause la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice, notamment lorsqu’au cours de l’une de ses interventions à propos de l’affaire Nelly Crémel, qui concerne l’assassinat d’une femme par deux repris de justice tout juste libérés, il a déclaré que le juge ayant accordé la libération conditionnelle devait « payer pour sa faute ». Or, il s’agissait d’une décision collégiale de trois magistrats.
Cumul de mandats : quasi Maire de Neuilly, président d’un Conseil général ayant le PIB de la Grèce, Ministre régalien et président du parti majoritaire
Le Syndicat de la magistrature lui reproche une collusion d’intérêt : « ainsi comme ministre de l´intérieur, il est le supérieur hiérarchique du préfet chargé de contrôler la légalité des actes administratifs accomplis par le président du conseil général des Hauts-de-Seine... Nicolas Sarkozy »
« Le président du tribunal de Bobigny refuse de condamner les multirécidivistes, il faut le remplacer ! ». Nicolas Sarkozy 30 novembre 2006, A vous de juger.
Il méprise le conflit d’intérêt
Toujours associé au cabinet d’avocats « Claude-Sarkozy », dont le site Internet annonce « A l’exception des périodes où il assume des responsabilités gouvernementales, Nicolas SARKOZY exerce son activité professionnelle aux côtés de son Associé. » Le lien hypertexte renvoit vers le CV suivant : « Nicolas SARKOZY est diplômé d’une maîtrise de droit privé et d’un DEA de sciences Politiques de l’Université de Paris X Nanterre. Ancien élève de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il a prêté serment au Barreau de Paris en 1981. Membre fondateur de l’Association d’Avocats LEIBOVICI-CLAUDE-SARKOZY créée en 1987, puis associé de la SELAS Arnaud CLAUDE - Nicolas SARKOZY depuis mai 2002. Compte tenu des responsabilités gouvernementales que Nicolas SARKOZY a été amené à assumer, il a sollicité son omission du Barreau de Paris :
De avril 1993 à mai 1995 en sa qualité de Ministre du Budget et porte parole du Gouvernement,
De mai 2002 à novembre 2004 en qualité de Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales, puis de Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’industrie
Depuis juin 2005, en sa qualité de Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire. » Ce cabinet pratique de nombreuses assignations pour expulsions immobilières et une activité d’avocat d’affaire.
Devant plusieurs dizaines de personnes, hier matin, Nicolas Sarkozy a confirmé que sa réapparition place Beauvau ne devait rien au hasard. Lors du traditionnel petit déjeuner organisé par Edouard Balladur dans une annexe de l’Assemblée, le président de l’UMP a laissé entendre que la reprise en main des services de renseignement était une condition sine qua non de son accession à l’Elysée en 2007. « Il nous a dit que son retour à l’Intérieur lui permettrait de reprendre la DST et d’éviter les coups tordus montés contre lui », raconte un participant. Plus tard, le nouveau ministre de l’Intérieur débarque au siège de l’UMP pour expliquer aux membres de la commission exécutive les raisons de son entrée au gouvernement. Face à 80 personnes, dont nombre de chiraquiens, il met les pieds dans le plat en évoquant « des officines qui, depuis six mois, ont pris [sa] famille pour cible ». En reprenant le contrôle de la place Beauvau, il assure pouvoir mettre fin « à ce type d’opérations » de déstabilisation. (Libération 3 juin 2005)
« Je vais redevenir le patron de ceux qui ont fait des enquêtes sur moi. Certains doivent mal dormir depuis qu’ils savent que je reviens. » Nicolas Sarkozy, Le Parisien, 2004.
Nicolas Sarkozy ne respecte pas la France
Il a affaibli la France aux Etats-Unis
Dans son discours devant la Fondation franco-américaine, Sarkozy « a dénoncé « l’arrogance française » et fait la leçon au duo Chirac-Villepin : « Il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés. » Avant de compléter le réquisitoire contre l’attitude de Paris lors du déclenchement de la guerre en Irak : « Plus jamais nous ne devons faire de nos désaccords une crise. » Des propos que Chirac a qualifié mardi en privé de « lamentables » et de « faute », après avoir, dans un premier temps, déclaré qu’il l’avait « chargé d’être le représentant de la France ». »
Il vit dans une sorte de rêve abstrait des Etats-Unis,
« La rupture façon droite américaine proposée par Nicolas Sarkozy est aux antipodes de la pensée gaulliste. » Nicolas Dupont-Aignan, sur son blog, 10/11/2006.
« La crise d’identité française tant annoncée est arrivée. Qui peut sortir le pays de ce mauvais pas, Sarkozy le faux Américain ou Villepin le mauvais poète ? » The New Yorker, cité par Courrier international, 15 septembre 2005.
aucun respect pour la France, son histoire, sa langue, sa singularité
Dans l’ouvrage d’Eric Branca et Arnaud Folch, Le mystère Villiers, on peut lire la confidence de Nicolas Sarkozy à Philippe de Villiers : « Les deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir … » [1]
« Or aujourd’hui notre politique d’intransigeance linguistique nous rend inaudibles. Au nom dela francophonie, nous refusons de parler dans une autre langue que le français dans les négociations internationales, y compris dans les discussions informelles qui sont souvent les plus importantes. Nous sommes ainsi à la fois perçus comme arrogants et exclus des débats ! Dans le même temps, nous avons supprimé par milliers des places d’enseignement du français à l’étranger et des bourses pour permettre à des étudiants étrangers de venir apprendre notre langue en France. C’est totalement contradictoire. Je crois qu’il est temps de sortir de cette hypocrisie dont nous sommes les premières victimes. » Nicolas Sarkozy, Témoignages, Fixot, 2006
Nicolas Sarkozy, c’est Berlusconi… en pire
Collusion avec les médias
« Aller contre moi, c’est aller contre l’opinion publique. » Nicolas Sarkozy, Le Journal du dimanche, 24/09/2006.
« Le lundi il va draguer des voix à gauche, le mardi à l’extrême droite... Ce n’est pas sérieux. » Jean-Pierre Grand (UMP) à propos de Nicolas Sarkozy, Le Monde, 26/10/2005.
Et après ? « Après j’irai dans le privé, gagner de l’argent. Je suis avocat, je peux réussir là. Mais j’ai aussi des amis qui me confieraient bien la tête d’une grande entreprise privée. L’argent, ça compte. Je n’ai pas de fortune personnelle. Ce qui compte dans la vie, c’est l’amour. De l’argent, c’est pour les siens, pour acheter une maison, un bel appartement. Offrir un appartement à ses enfants... Je ne veux pas être comme Giscard et Raffarin, un ancien le reste de ma vie à me traîner là, à me lamenter sur ce que je ne suis plus. » (Blog censuré de Laurent Bazin)
Notes
[1] (La gauche n’ose traditionnellement pas formuler ce reproche de peur d’être taxée de xénophobie. Nulle allusion pourtant aux origines partiellement de M. Sarkozy. La plupart des élites financières et industrielles française partagent ce goût du dénigrement de la France
Sources Betapolitique
Posté par Adriana Evangelizt