Machines à voter : "On n'est pas à l'abri de bugs et de manipulations"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Machines à voter:

"On n'est pas à l'abri de bugs et de manipulations"

Propos recueillis par Thomas Bronnec


Dimanche prochain, dans plus de 80 communes, 1,5 à 2 millions d'électeurs vont utiliser le vote électronique pour remplir leur devoir de citoyen. Une innovation qui n'est pas du goût de tous. Des opposants aux machines à voter ont ainsi déposé mardi six plaintes en référé liberté au tribunal administratif de Versailles. Les explications de Nicolas Barcet, animateur du site Betapolitique, au centre de la fronde


Quel est le but de votre démarche ?


Nous espérons que la justice obligera la ville d’Issy-les-Moulineaux à abandonner les machines à voter et à utiliser le matériel électoral traditionnel: une urne transparente, un isoloir et des bulletins de vote en papier. Nous aurons la réponse d’ici 48 heures, mais si elle est négative, nous ne nous arrêterons pas là. D’autres actions sont prévues, pas seulement juridiques d’ailleurs. Nous incitons par exemple les électeurs d’Issy-les-Moulineaux à faire inscrire diverses remarques sur le procès-verbal du bureau de vote, dimanche prochain, pour contester la validité du scrutin. Elles sont consultables sur notre site Internet.

Mais le code électoral autorise les machines à voter…


C’est vrai. Mais les trois types de machines à voter autorisées en France ont reçu l’agrément du ministère de l’intérieur en 2005, alors que les logiciels qui les font tourner ont été créés en janvier 2007. C’est ce décalage qui fonde notre démarche. Le matériel et le logiciel sont intimement liés: si on change l’un, cela veut dire qu’on change l’autre. Des lignes de code qui semblent anodines peuvent en réalité tout bouleverser. Dès lors, nous estimons que les machines qui seront utilisées n’ont, de fait, pas l’agrément du ministère. Et sont dès lors illégales. Mais au-delà, ce que nous contestons, c’est la philosophie même du vote par ordinateur.

Que lui reprochez-vous?


Nous estimons que les ordinateurs de vote ne permettent ni la transparence, ni la liberté du vote, pourtant garantis par le code électoral. Avec une urne en plexiglas, tout est clair. Vous mettez votre bulletin dedans, elle est ouverte à la fin du vote, et le dépouillement commence. Avec une machine, ça n’est plus le cas. Vous n’avez aucune garantie que la machine prendra réellement en compte le vote tel que vous l’avez exprimé. C’est comme si vous glissiez votre bulletin dans une boîte noire à l’intérieur de laquelle tout peut arriver : des pannes, des bugs. En Belgique, en 2003, une machine a comptabilisé 4000 votes de plus que le nombre de personnes qui avaient émargé. Les experts n’ont jamais su dire pourquoi. Surtout on peut craindre que les résultats soient altérés intentionnellement. En novembre dernier, des informaticiens hollandais sont ainsi parvenus à pirater une machine Nepad, la même que celle qui va être utilisée dimanche dans certains bureaux de vote.


Sources L'Express

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LA LIBERTE EN DANGER

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A
Sa décision ne fait que rajouter à la confusion qui entoure les conditions et la transparence du vote électronique auxquels seront conviés 1,5 million de votants dans 82 villes, dimanche.
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