Sarkozy pour des sanctions contre l'Iran sur le nucléaire
Alors que penser ? Dans tout ce que Sarkozy a dit sur France 2, il y a beaucoup de cohérence mais il vient dire maintenant qu'il aurait fait comme Chirac pour l'Irak après nous avoir vilipendé aux Etats-Unis et parlé de l'arrogance française. Ca, c'est le paradoxe Sarkozy qui évolue en fonction des évènements. Comment peut-on lui faire vraiment confiance s'il change d'avis toutes les trentes secondes ?
Sarkozy pour des sanctions contre l'Iran sur le nucléaire
Iran, Irak, Afghanistan, Darfour, construction de l'Union européenne et relations avec les Etats-Unis et la Russie : Nicolas Sarkozy a évoqué sur France 2, dans l'émission "A vous de juger", les grands dossiers internationaux qu'il retrouvera sur son bureau s'il est élu le 6 mai à la présidence de la République.
Dans le dossier du nucléaire iranien, le candidat de l'UMP a ainsi estimé qu'il n'y avait "pas d'autre solution que les sanctions, progressives, de plus en plus fermes, et l'unité de la communauté internationale".
"On ne peut pas laisser le président iranien avec dans ses mains l'arme nucléaire, c'est absolument insensé", a-t-il ajouté. "J'ai confiance dans les débats internes en Iran. Il faut que les sanctions obligent la société civile iranienne à prendre position et à faire céder le gouvernement iranien."
Il s'est en revanche déclaré catégoriquement opposé à une intervention militaire américaine comme en Irak.
"Je ne peux pas envisager que les Etats-Unis envisageraient une erreur de cette nature", a-t-il déclaré. "On a vu ce qu'a donné une intervention militaire dans un pays de 25 millions d'habitants. Imaginons ce que donnerait l'intervention militaire dans un pays de 75 millions d'habitants au relief aussi accidenté que l'Iran."
A propos de l'Irak, il a assuré qu'il se serait opposé à l'intervention militaire américaine comme le président Jacques Chirac : "On peut discuter sur la forme et notamment la question du droit de veto (à l'ONU), est-ce que c'était utile ou pas. Mais sur le fond, j'aurais fait exactement la même chose."
"Aujourd'hui, on ne peut que dire à nos amis américains que la seule solution pour l'Irak c'est de prévoir un plan de retrait", a ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur. "De toute façon les Américains devront se retirer, dans leur intérêt."
Il a plaidé pour l'ouverture de corridors humanitaires pour secourir la population de la province soudanaise du Darfour. "Les dirigeants soudanais qui se sont opposés à ces corridors doivent être traduits un jour ou l'autre, et le plus tôt sera le mieux, devant le tribunal international", a-t-il ajouté.
SARKOZY PREOCCUPE PAR LA SITUATION EN RUSSIE
Nicolas Sarkozy, qui s'était déjà prononcé pour un redéploiement du dispositif militaire français en Afrique, s'est prononcé cette fois pour un retrait des quelques 1.100 soldats que la France a encore en Afghanistan.
Le retrait des troupes françaises d'Afghanistan est une des revendications des taliban qui détiennent deux Français membres de l'ONG "Terre d'enfance".
Le candidat a estimé que la "multipolarité", dans la conduite des affaires du monde, était "un choix incontournable" et n'a vu aucun inconvénient à la perspective de serrer la main de Vladimir Poutine, malgré les soupçons pesant sur le président russe en matière de respect des droits de l'homme.
"C'est mon devoir si je suis élu président de serrer la main du président d'une grande nation", a-t-il dit. "Ça n'empêche pas de dire à M. Poutine, 'écoutez, on est préoccupé de ce qui se passe en Tchétchénie' (...) Et on peut quand même être préoccupé du fait qu'un journaliste russe se trouve empoisonné."
Le président de l'UMP s'est d'autre part dit "un petit peu" préoccupé par la montée "d'une certaine corruption", de la violence et "d'organisations parallèles" en Russie.
Nicolas Sarkozy, qui prévoit d'effectuer ses premiers voyages de chef d'Etat à Bruxelles et Berlin, a souhaité que les 27 pays de l'Union changent leur "façon de concevoir l'Europe".
"Je leur demanderai d'être assez sage pour qu'on renonce à tout élargissement tant qu'on n'a pas trouvé des institutions pour l'Europe", a-t-il dit. "Il faut une Europe avec des frontières (...) Je m'opposerai à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. La Turquie c'est l'Asie mineure."
Il a souhaité de nouveau que la préférence communautaire "devienne une réalité" et accusé le négociateur de l'Union à l'Organisation mondiale du commerce, le commissaire Peter Mandelson, de négocier "en dépit du bon sens".
"Je veux que l'Europe nous aide à nous protéger de la mondialisation et non pas (qu'elle) soit le cheval de Troie de la mondialisation", a ajouté le candidat, qui a réaffirmé qu'il poserait "la question de la politique des changes et de l'euro".
"Le Premier ministre luxembourgeois qui préside l'Eurogroupe, M. (Jean-Claude) Juncker (...) a menacé de démissionner si (le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude) Trichet continuait", a-t-il fait valoir.
Sources L'Express
Posté par Adriana Evangelizt