Washington compte sur Sarkozy pour rétablir la relation avec Paris
Washington compte sur Sarkozy
pour rétablir la relation avec Paris
L'administration Bush compte sur Nicolas Sarkozy pour rétablir avec la France une relation privilégiée mise à mal par la ferme opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak.
Le président américain George W. Bush a été l'un des premiers à féliciter dimanche M. Sarkozy pour sa victoire à l'élection présidentielle française, et la presse américaine lui a consacré lundi ses gros titres, saluant le fait qu'il se présente comme un ami des Etats-Unis.
"Un président pro-américain a été élu en France", titrait le quotidien national USA Today alors que tous les journaux notaient que M. Sarkozy, dans son premier discours après l'annonce des résultats, s'est qualifié ami des Américains même s'il a mis en garde Washington sur le changement climatique. Pour le Wall Street Journal, "il peut écrire l'Histoire et dessiner un nouveau rôle de la France dans le monde en rejoignant les attentes de changement de ses compatriotes".
La Maison Blanche s'est encore félicitée lundi de l'arrivée de M. Sarkozy à l'Elysée. "Nous savons qu'il y aura des sujets de désaccord mais, d'un autre côté, il y a certainement de réelles chances de travailler ensemble sur un vaste éventail de questions", a indiqué le porte-parole de la présidence américaine, Tony Snow. M. Snow a noté que M. Bush devait rencontrer M. Sarkozy à l'occasion du sommet des pays industrialisés en Allemagne début juin. "Et ils auront l'occasion de commencer à travailler ensemble", a-t-il ajouté.
Selon les analystes, la diplomatie française devrait changer davantage dans le style que sur le fond. "Il ne fait aucun doute que le souvenir de la confrontation avec Jacques Chirac continuait d'encadrer la relation franco-américaine au niveau personnel", souligne Simon Serfaty, du Center for Stategic and International Studies (CSIS). "M. Sarkozy a à bien des égards une attitude qui permet un nouveau départ", ajoute cet expert des relations franco-américaines, notant que le président-élu français est "moins averti des choses géopolitiques" mais "beaucoup plus pragmatique" que son prédécesseur Jacques Chirac.
Mais cela ne veut pas dire que la diplomatie française va changer du tout au tout, notamment vis-à-vis du Proche-Orient, selon lui. "Il ira davantage au but", souligne M. Serfaty. "Mais des renversements brutaux, non, il ne faut pas s'y attendre". Un avis partagé par Michael Moran, du Council on Foreign Relations (CFR), qui souligne que la politique étrangère a figuré au second rang des préoccupations pendant la campagne électorale. "Au fur et à mesure que la campagne présidentielle avançait, M. Sarkozy s'est prudemment distancé de Washington, soulignant qu'il ne se soumettrait jamais (aux Etats-Unis) et réaffirmant son opposition à la guerre en Irak", ajoute M. Moran.
Pour James Hollifield, de la Southern Methodist University de Dallas, au Texas, "les rapports de la France avec Israël et le Proche-Orient seront peut-être plus équilibrés". "Mais à mon avis ce sera difficile pour la France d'aller trop loin parce que l'Histoire de la France au Proche-Orient et en Afrique du Nord est une très longue Histoire et la France a beaucoup d'intérêts structurels dans le monde arabe", ajoute cet expert du lien transatlantique.
Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a souligné que depuis la menace de veto de Jacques Chirac, la relation franco-américaine s'était bien stabilisée.
"Nous avons remisé tout ceci au passé", a-t-il dit, tout en se gardant bien de tout pronostic de changement dans la diplomatie française avec M. Sarkozy à l'Elysée. "C'est à lui et à son gouvernement de décider quelle politique différente il décide d'appliquer, s'il le décide", a-t-il déclaré lundi. "Nous verrons".
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt