Conférence sur le Liban près de Paris

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Une conférence sur le Liban à La Celle-Saint-Cloud,

 près de Paris, les 29 et 30 courant

d’Élie MASBOUNGI

 


L’idée avait été lancée lors de la récente visite de Bernard Kouchner au Liban. Elle a été évoquée avec insistance depuis quelques jours par des médias libanais sans qu’une confirmation n’ait été obtenue au Quai d’Orsay. Mais voici que l’événement est annoncé le plus officiellement du monde puisque lors de son point de presse d’hier, Denis Simoneau, porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, a indiqué qu’à l’initiative du gouvernement français, une réunion « informelle » sur le Liban se tiendra en France à la fin de ce mois.


Le porte-parole s’est empressé de préciser, face à la volée de questions provoquée par ses propos, que la diplomatie française n’a nullement l’intention de se substituer au dialogue national libanais, mais d’aider tout simplement les diverses parties libanaises à trouver le plus rapidement possible un moyen de débloquer la situation au pays du Cèdre.


De source gouvernementale, on apprend que cette rencontre se tiendrait les 29 et 30 de ce mois dans un château de la ville de La Celle-Saint-Cloud, dans la banlieue ouest de Paris, et que seules les formations politiques représentées à l’Assemblée libanaise et des représentants de la société civile y seront conviés.


On apprend également que les participants ne seront pas des chefs de parti, mais de simples représentants qui seront toutefois dûment mandatés pour parler au nom de leurs formations respectives.


Si M. Simoneau n’a pas voulu donner plus de précisions sur l’ordre du jour de cette rencontre estimant que l’initiative de son ministre n’en a pas prévu et que cela sera laissé aux participants eux-mêmes, il n’en a pas moins fourni des indications sur l’objectif de la conférence et sur le fait que des participants non libanais pourraient assister aux séances.


Selon des cercles proches du Quai d’Orsay et de l’Élysée, il s’agirait de personnalités saoudiennes, syriennes et iraniennes qui viendraient suivre sur place les discussions et prodiguer au besoin des conseils aux participants libanais.


Ces cercles insistent sur le fait que les organisateurs français de la conférence s’abstiendront de proposer des solutions et encore moins d’influencer les parties prenantes par n’importe quelle forme de persuasion ou d’argumentation.


Le seul objectif recherché, nous a affirmé un responsable proche du Quai d’Orsay, est d’insister pour que les diverses parties libanaises trouvent rapidement une solution à la crise actuelle sur les plans de la sécurité, de la situation gouvernementale et du nécessaire consensus sur le profil du nouveau président de la République qui devrait être élu en novembre prochain.


Ce responsable a reconnu au passage que les diplomaties française et italienne se sont montrées très actives et ont agi dans le même sens au cours de ces derniers jours, Rome et Paris partageant le même intérêt pour le Liban et le rétablissement de la sécurité dans ce pays, où ils ont envoyé les deux contingents les plus importants de Casques bleus.


Dans les milieux politiques et parlementaires français, il n’y a pas eu de réactions notables à l’annonce de cette conférence sur le Liban, du fait des préoccupations électorales de ces milieux, surpris par l’initiative diplomatique du Quai d’Orsay en pleine campagne électorale. Seuls quelques députés et sénateurs membres des groupes d’amitié France-Liban ont approuvé l’idée de Bernard Kouchner et souhaité que cette réunion aboutisse à des résultats concrets.


D’autres parlementaires français connus pour être proches de la Syrie ont également approuvé le principe de cette conférence expliquant que toute détente au Liban ne pourrait que satisfaire le voisin syrien.


On peut dire en somme et après une journée parisienne riche en rebondissements concernant le Liban que Paris mesure aujourd’hui, plus que jamais, la gravité de la situation à Beyrouth et que les combats qui se poursuivent par intermittence dans le camp de Nahr el-Bared, la vive tension dans le camp de Aïn el-Héloué et aussi la série d’attentats visant des centres commerciaux et des zones industrielles, ajoutés aux arrestations de bandes terroristes dans diverses régions du pays, imposent un dialogue interlibanais sérieux et des amorces de solution immédiates.

Sources Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt


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Publié dans LIBAN

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L
Cette conférence qui a été reportée au 14/07 et les 3 jours suivants prendra la forme déjà utilisé par les Etats-Unis d'une conférence informelle à huis clos. Les participants seront "confinée" à un espace commun, et de préférence éloignés de la presse et des médias français ou libanais. Bernard Kouchner proposera ses bons offices, mais n'interviendra pas au nom de la France dans les discussions.  Doit on voir dans les derniers événements tragiques qu'à connu le Liban (attentat contre Walid Eido, contre la Finul et le tir de roquette sur Israël) le dernier soubressaut avant une possible sortie de crise ? De façon plus concrète, la conférence de la Celle St Cloud sera complété par le travail opiniatre du secrétaire de la ligue arabe Amr Moussa qui espère également trouver une issue à la question de la présidentielle.
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