Villepin accuse Sarkozy d'avoir "privatisé" le dossier Clearstream

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Villepin accuse Sarkozy d'avoir "privatisé"

 le dossier Clearstream

PARIS (AFP) — Dominique de Villepin met en cause Nicolas Sarkozy dans une note adressée aux juges de Clearstream, estimant qu'informé très tôt de l'existence d'une manipulation, il a donné une orientation politique à un dossier qui s'est retrouvé "privatisé au profit d'une seule partie civile".

M. de Villepin, entendu jeudi au pôle financier de Paris, a remis mercredi aux juges une note de 23 pages détaillant sa défense.

"On peut constater la force avec laquelle Nicolas Sarkozy s'est présenté en victime et même en seule victime de ce dossier et, concomitamment, la rapidité avec laquelle l'attaque a été lancée contre moi, sans aucun élément de preuve concret, mais en s'appuyant sur un pseudo +mobile+ politique", constate dans sa note l'ancien Premier ministre en suggérant une autre lecture du dossier.

"Si j'avais intérêt à nuire à Nicolas Sarkozy, ne peut-on imaginer que Nicolas Sarkozy avait intérêt à me nuire?", écrit l'ex-Premier ministre.

"Ce dossier peut être considéré comme +privatisé+ au profit d'une seule partie civile", écrit M. de Villepin pour qui "rien ne permet de désigner, sur le plan juridique de façon incontestable, Nicolas Sarkozy comme étant la cible privilégiée des listings Clearstream".

Le nom de l'actuel chef de l'Etat est mentionné, sous une forme indirecte (Nagy-Bocsa, ndlr) au milieu de nombreuses personnalités dans les fameux listings dénonçant à la justice en 2004 les pseudo-bénéficiaires de pots-de-vin de la vente de frégates à Taiwan en 1991.

Pour l'ex-Premier ministre, le dossier Clearstream n'est pas politique mais industriel.

Selon lui, si le nom de Nicolas Sarkozy est cité, c'est en raison de ses anciennes fonctions de ministres du Budget puis de l'Economie et ses liens avec le groupe Lagardère.

"Nicolas Sarkozy pouvait constituer une cible du fait de son influence personnelle sur le groupe Lagardère". Il était "susceptible de peser" dans la bataille pour le choix du président d'EADS, entre Noël Forgeard (qui sera désigné) et Philippe Camus (soutenu par Jean-Louis Gergorin, ndlr), écrit M. de Villepin.

"Le projet d'aller voir un juge se situe quand Nicolas Sarkozy est ministre de l'Economie (...) en position de force pour trancher cette question épineuse", rappelle M. de Villepin. "

"Doit-on en conclure qu'il a pu apparaître nécessaire au(x) manipulateur(s) pour nuire à Noël Forgeard, d'inscrire Nicolas Sarkozy sur les listings? C'est une interprétation possible", dit-il.

Pour M. de Villepin, Nicolas Sarkozy n'a pas dit toute la vérité sur sa connaissance de l'affaire.

Il "affirme avoir appris (son) existence quelques jours avant la sortie de l'article du Point (le premier publié, ndlr) soit au début du mois de juillet 2004", rappelle M. de Villepin selon qui "des éléments du dossier remettent en cause cette chronologie".

"Il semble que M. Sarkozy ait été informé très tôt, et au plus tard au mois de mai 2004, des agissements de Jean-Louis Gergorin ainsi, vraisemblablement de la mission des vérifications confiée au Général Rondot", écrit l'ancien Premier ministre citant notamment un témoignage de Charles Pasqua.

"Dans sa déposition, M. Pasqua évoque la discussion qu'il a eue avec Nicolas Sarkozy au sujet d'une +machination+ qui, selon ce dernier, était destinée à l'empêcher d'être candidat aux présidentielles", dit-il en précisant que "M. Pasqua a daté cet entretien au premier trimestre 2004.

"Il paraît utile, dans le cadre de la manifestation de la vérité, d'établir avec précision ce qu'elle (la partie civile: M.Sarkozy) a su et quand elle l'a su", estime M. de Villepin.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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D
Hélas, on ne peut que constater cela.... Le nain énervé qui nous sert de président maintient sa plainte : il dit qu'il veut"connaitre la vérité", mais plus que cela il souhaite démolir la vie professionnelle et l'honneur de M. de Villepin.   Pour moi, c'est simple : si ce dernier est reconnu coupable,  la justice n'aura pas été indépendante, mais comme je le crains depuis des mois, instrumentalisée (comme la plupart des médias) par celui qui est au pouvoir aujourd'hui. 
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J
ce ne serait pas seulement notre entreprise nationale GDF que notre président hongrois aurait privatiser, il privatiserait aussi les affaires juridiques et judiciaires avec l'aide de sa copine Rachida, si je comprends bien !!!Il est très regrettable qu'un président profite de ses fonctions officielles pour assouvir ses vengeances personnelles ... ce serait de fait un très mauvais présage pour la république que d'avoir un président d'un tel gabarit !
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