EDF a des vues sur le secteur électrique russe

Publié le par Adriana EVANGELIZT

EDF a des vues sur le secteur électrique russe

Par Oleg Mitiaïev

 RIA Novosti



En Russie, parallèlement au renforcement de la présence de l'Etat dans le secteur gazopétrolier, le marché de l'électricité se libéralise peu à peu. En 2008, le grand monopole public RAO EES (Systèmes électriques unifiés de Russie) sera démantelé, cédant la place à plusieurs sociétés privées. Cette réforme ouvre de nouvelles opportunités pour les investisseurs occidentaux. L'allemand E.ON et l'italien Enel ont déjà placé des milliards de dollars dans le secteur de l'électricité. Quant à Electricité de France (EDF), elle projette d'en faire autant l'année prochaine.

Sergueï Ivanov, vice-directeur général d'Inter RAO EES, exportateur et importateur d'électricité, a annoncé il y a quelques jours que la société qu'il dirige suscite l'intérêt des investisseurs étrangers. Citant, à leur nombre, Electricité de France. D'après d'autres sources, Inter RAO négocie l'entrée d'EDF au nombre de ses actionnaires. Actuellement, RAO EES, encore contrôlé par l'Etat, détient 60% du capital d'Inter RAO, les 40% restants appartenant à Rosenergoatom, un autre consortium à 100% public exploitant les centrales nucléaires russes. A la mi-2008, RAO EES cessera d'exister, et ses actionnaires privés minoritaires recevront des parts proportionnelles dans Inter RAO. Ces parts seraient visées par Electricité de France.

Le groupe français, on le sait, est en pleine expansion sur les marchés des pays voisins de la Russie. L'acquisition de l'exportateur numéro un d'électricité en Russie ouvrira à EDF les marchés de la CEI. D'autre part, grâce à l'entrée d'EDF dans le capital d'Inter RAO, la société russe aura la possibilité de vendre son électricité en Europe occidentale où les cours sont nettement supérieurs.

N'oublions pas qu'Inter RAO contrôlera, après la réorganisation de RAO EES, des capacités de génération. Par exemple, les Centrales électriques du Nord-Ouest, de Sotchi, de Kaliningrad-2 et d'Ivanovo. Selon certains experts, le fait qu'Inter RAO possède des centrales aiguise l'intérêt d'EDF. Ils estiment en effet que le coût de la société russe atteindra, grâce à ces actifs de génération, 3,5 mds USD et que ses actionnaires tireront le gros de leurs bénéfices de la production et de la vente de l'électricité.

Il est tout aussi vrai qu'EDF pourrait rencontrer des problèmes si les futurs actionnaires minoritaires d'Inter RAO refusent de se débarrasser d'un actif aussi attrayant. D'autant plus que des géants comme Gazprom, SUEK (aluminium), Nornickel (mines, métaux non ferreux) qui sont de leur nombre et ont déjà fait savoir leur intérêt pour le secteur de l'électricité, pourraient refuser de vendre leurs participations dans Inter RAO. Quant au groupe français, celui-ci, selon les bruits, voudrait acquérir 25% au moins du capital de la société russe.

En tout état de cause, cette éventuelle entrée des Français dans le secteur russe de l'électricité n'aura pas lieu avant le démantèlement de RAO EES prévu pour juillet 2008. A l'opposé des Français, l'allemand E.ON a finalisé, le 16 octobre, le marché sur l'acquisition du bloc de contrôle (presque 70% des actions) de la Compagnie unifiée de génération numéro 4 (OGK-4) pour 5,9 mds USD. L'italien Enel avait déjà acheté 30% d'une autre société, OGK-5, moyennant 1,5 md USD.

Il reste à espérer que les sociétés énergétiques réformées ne tomberont pas sous le coup des restrictions annoncées par l'Union européenne et qu'elles auront finalement la possibilité d'investir dans les pays de l'UE. Rappelons que le 19 septembre la Commission européenne a rendu public un bloc de projets de loi interdisant aux pays ayant des marchés énergétiques non libéralisés d'investir dans le secteur énergétique de l'UE.

Sources Ria Novosti

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Sarkozy - Russie

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