Arche de Zoé : la majorité des enfants ne seraient pas des orphelins du Darfour
Arche de Zoé : la majorité des enfants ne seraient pas
des orphelins du Darfour
Eric Chevalier, conseiller spécial du Quai d'Orsay, a déclaré, mardi 30 octobre, que les 103 enfants que l'ONG L'Arche de Zoé cherchait à faire venir en France sont en majorité "tchadiens avec des parents tchadiens", et non des orphelins originaires du Darfour. "Vous verrez très rapidement arriver des chiffres, dont je ne peux pas donner la teneur parce qu'ils ne sont pas confirmés définitivement. Et vous verrez que ce sera confirmé par les organisations internationales", a-t-il ajouté sur RTL.
Cette information a été en partie confirmée par la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Pascale Andréani, qui a déclaré que "selon de premières informations, il y aurait beaucoup d'enfants tchadiens et beaucoup ne seraient pas orphelins". Réagissant pour la première fois sur ce dossier, le chef de la diplomatie Bernard Kouchner s'est désolidarisé de cette opération, estimant qu'elle ne représentait pas sa vision de l'action humanitaire.
Depuis que les autorités tchadiennes ont remis la main sur les enfants, jeudi, ces derniers ont été interrogés "un à un" par des membres du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui cherchaient à savoir "s'ils sont ou non orphelins et d'où ils viennent", selon une porte-parole de l'Unicef. "Une fois les entretiens terminés et les informations vérifiées, c'est le gouvernement tchadien qui rendra publiques les informations recueillies", avait-elle précisé. Les membres de l'association, qui affirment avoir voulu "sauver" des "orphelins", assurent que des chefs de tribu avaient garanti que ces enfants venaient bien du Darfour.
PARIS ESPÈRE UNE REQUALIFICATION DES CHARGES
Cette annonce intervient alors que les dix-huit personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, seize Européens et deux Tchadiens, sont toujours retenus à Abéché, au Tchad. Un juge tchadien a affirmé que l'ensemble des accusés avaient été inculpés d'"enlèvement de mineurs", d'"escroquerie" ou de "complicité", une information confirmée par le ministère des affaires étrangères français, qui indique toutefois que ces accusations pourraient être revues.
La porte-parole du Quai d'Orsay, Pascale Andréani, a en effet précisé que"le président de la cour d'appel d'Abéché a demandé le dessaisissement au profit de la cour de N'Djamena. (...) Si le dessaisissement est prononcé, un nouveau juge d'instruction sera désigné. Il pourrait, s'il le souhaite, requalifier juridiquement les incriminations", a-t-elle dit.
S'agissant des deux journalistes français, qui étaient au Tchad en mission professionnelle, "nous sommes intervenus auprès des autorités tchadiennes pour souligner leur qualité, a indiqué le Quai d'Orsay. Le message a notamment été passé au président Déby, qui nous a fait savoir qu'il avait bien reçu le message".
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt