Fantômes

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Fantômes


par Laurent Joffrin

De jour en jour, le cercle des ministres disparus s’agrandit. Après avoir procédé à l’escamotage du premier d’entre eux, Sarkozy le prestigiditateur a décidé de dissoudre dans l’azur médiatique une bonne partie des membres de ce qu’on n’ose plus appeler un gouvernement, tant cette équipe ressemble de plus en plus à un aréopage de fantômes. Eparpillés façon puzzle…

Cette omniprésence du président-Frégoli, reconnaissons-le sans barguigner, ne déplaît pas à l’opinion. Pour une partie des électeurs, un président qui va au contact les représente mieux qu’un souverain républicain retranché dans son palais. Et pour l’intéressé, il s’agit d’imposer une image de battant de la réforme et de pompier volant des soucis quotidiens des Français.

Pourtant, cette onction de l’opinion ne vaut pas blanc-seing. Dans aucune démocratie moderne – justement – on n’observe une telle concentration du pouvoir. La constitution, en tout cas, ne la prévoyait pas. Une commission réunie pour mettre en accord le droit et le fait l’a implicitement reconnu en proposant – sur ordre ? – de réécrire les deux articles qui organisent la répartition des prérogatives entre l’Elysée et Matignon. Pour paraphraser un mot célèbre, qu’y aura-t-il dans cette nouvelle constitution ? Il y aura Sarkozy.

Et après le problème juridique, la difficulté politique. Déjà, les rumeurs de remaniement se répandent. On ne donne pas cher de l’avenir des ombres qui nous gouvernent. Le trop-plein finit par créer le vide. A force de miner ses soutiens, on ne trouve plus rien sur quoi s’appuyer…

Sources Libération

Posté par Adriana Evangelizt

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