L'"ami" Sarkozy rappelle l'Amérique à ses devoirs

Publié le par Adriana EVANGELIZT

L'"ami" Sarkozy rappelle l'Amérique à ses devoirs

par Emmanuel Jarry

WASHINGTON (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réaffirmé mercredi avec force son amitié et son admiration pour les Etats-Unis, mais pour mieux les rappeler à leurs "devoirs".

"Je veux être votre ami, votre allié, votre partenaire mais je veux être un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre parce que ce sont les valeurs que nous partageons ensemble", a déclaré le président français devant plus de 500 sénateurs et représentants américains, au Congrès.

Nicolas Sarkozy, neuvième chef d'Etat ou de gouvernement à s'adresser au Congrès américain depuis 1951, avait été applaudi debout et longuement à son arrivée dans un hémicycle bondé, où avait pris place au total plus de 1.000 personnes.

En 1996, seuls une centaine de sénateurs et représentants avaient écouté son prédécesseur Jacques Chirac. Les Démocrates, qui dominent aujourd'hui de nouveau le Congrès, avaient boycotté le chef de l'Etat français pour protester contre la reprise par la France de ses essais nucléaires dans le Pacifique.

"La France est l'ami des Etats-Unis", a assuré Nicolas Sarkozy dès le début de son discours, un peu plus de quatre ans et demi après le refus, en 2003, de Jacques Chirac de soutenir l'intervention militaire américaine en Irak.

"Avec ses amis on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut avoir des disputes", a-t-il poursuivi. "Mais dans la difficulté et dans l'épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs côtés, on les soutient et on les aide."

Nicolas Sarkozy a longuement rappelé les pages d'histoire commune de la France et des Etats-Unis. Il a redit que la France avait une "dette éternelle" et une "gratitude définitive" envers eux, pour leur rôle dans les guerres mondiales du XXe siècle.

Il a salué le "rêve américain" qui fut "dès le départ de mettre en pratique ce que le vieux monde avait rêvé sans pouvoir le construire" et estimé que "la grandeur de l'Amérique" avait été de transformer ce rêve en "espérance pour tous les hommes".

Parmi les grands noms américains qui ont nourri ce rêve dans sa génération, le président français a cité le rocker Elvis Presley, ce qui a déclenché des rires dans l'assistance.

"La force de l'Amérique n'est pas seulement une force matérielle, c'est d'abord une force morale et spirituelle", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a alors invité l'Amérique, qui "se sent vocation à inspirer le monde" et est aujourd'hui "la plus puissante", à être "toujours fidèle à ses valeurs fondatrices".

RISQUE DE GUERRE ECONOMIQUE

"Parce que, depuis plus de deux siècles, l'Amérique veut porter les idéaux de démocratie et de liberté, qu'il soit permis à un ami de l'Amérique de lui dire que cette responsabilité revendiquée comporte des devoirs (...) aux premiers rangs desquels celui de l'exemplarité", a-t-il déclaré.

Il a ainsi dit qu'il attendait de l'Amérique qu'elle soit la première à dénoncer les "dérives et les excès d'un capitalisme financier" qui fait "la part trop belle à la spéculation" et s'engage dans la mise en place de règles et de garde fous.

Les Etats-Unis doivent aussi être les premiers à "promouvoir une juste parité des changes", car "le dollar ne doit pas rester seulement le problème des autres" et le "désordre monétaire", a-t-il averti, "risque de se muer en guerre économique".

Et il a invité les Etats-Unis à prendre, aux côtés de l'Europe, la tête du combat contre le réchauffement climatique - un passage de son discours particulièrement applaudi alors que c'est un sujet de divergences avec le président George Bush.

"C'est ensemble que nous devons mener les combats pour défendre et promouvoir les valeurs et les idéaux de liberté et de démocratie que des hommes comme Washington et Lafayette ont inventé ensemble", a-t-il également déclaré.

Il a ainsi souligné que la France et les Etats-Unis devaient mener "ensemble" le combat contre le terrorisme, notamment en Afghanistan, où la France restera engagée "aussi longtemps qu'il le faudra", et contre la prolifération nucléaire.

Il a réaffirmé la position de la France sur la crise iranienne : la perspective d'un Iran doté de l'arme atomique est "inacceptable" mais "nous devons convaincre l'Iran de faire le choix de la coopération, du dialogue et de l'ouverture".

Il a également souhaité que la France et les Etats-Unis oeuvrent ensemble à un règlement de la crise du Proche-Orient et aident le Liban à "affirmer son indépendance".

Nicolas Sarkozy a, dont le discours a été interrompu plus d'une vingtaine de fois par des applaudissements, dont au moins huit fois debout, a conclu par un plaidoyer pro domo, alors que la grogne sociale contre certaines de ses réformes est en train de monter en France.

"Il faut une France plus forte. Les réformes que mon pays a trop longtemps différées, je suis déterminé à les mener toutes à leur terme. Je ne reculerai pas, car la France a trop longtemps reculé", a-t-il dit. "Je veux mettre la France en situation (...) de gagner toutes les batailles de la mondialisation."

"C'est cette France ambitieuse et lucide que je suis venu vous présenter aujourd'hui. Une France qui vient à la rencontre de l'Amérique pour renouveler ce pacte d'amitié et d'alliance scellé à Yorktown entre Washington et Lafayette", a-t-il ajouté. "Ensemble soyons dignes de leur exemple, soyons à la hauteur de leur ambition, soyons fidèle à leur mémoire."

Sources Challenges

Posté par Adriana Evangelizt



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Publié dans SARKOZY NEO CONS

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J
Sarkozy peut bien parler quand il le veut et tant mieux mais le problème c'est qu'en même temps qu'il tient des propos quelque peu rassurant sur la spéculation financière internationale, en même temps il pousse la charrue de la guerre contre l'Iran avec son ministre sioniste Kouchner ... tout cela pour le compte du cocainomane de bush et de ses copains, les grands banquiers sionistes spéculateurs et patrons du fameux lobby  : voilà principalement un point sur lequel, Sarkozy perd une grande partie de sa crédibilité dans ses relations américaines !
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