POUR DDV, L'ESPAGNE SANS SARKOZY

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

Pour Villepin, l'Ibérie c'est sans Sarkozy

Le Premier ministre a rencontré son homologue espagnol sur la coopération transfrontalière.

Nananananère ! En visite hier à Barcelone où il a rencontré son homologue José Luis Zapatero, Dominique de Villepin a voulu rappeler qui, de lui ou de Nicolas Sarkozy, est le chef dans ce gouvernement. Lundi dernier, son numéro 2 avait eu droit à un accueil de second ordre en Grande-Bretagne par Tony Blair qui l'avait vu en catimini dans un hôtel de Londres. A cette petite humiliation, le Premier ministre décida d'en ajouter une seconde en organisant au dernier moment cette «rencontre espagnole de haut niveau» sur la coopération transfrontalière entre les deux pays. Bien que le sujet concerne directement son ministre de l'Intérieur, le chef du gouvernement ne l'a pas convié à son voyage, préférant inviter cinq autres de ses ministres à l'accompagner.

Il est vrai qu'en sa qualité de président de l'UMP Nicolas Sarkozy cultive d'excellentes relations avec les leaders de l'opposition conservatrice espagnole, le Parti populaire de José Maria Aznar. Dans son édition d'hier, le quotidien espagnol ABC affirme qu'avec son homologue allemand Otto Schilly, le ministre français de l'Intérieur se serait plaint récemment de la politique d'immigration du gouvernement espagnol : en régularisant massivement, le socialiste Zapatero joue selon lui l'«apprenti sorcier». A Barcelone, hier, Dominique de Villepin s'est appliqué à montrer combien lui et Zapatero sont «personnellement» liés (le président du gouvernement espagnol a été le premier à le féliciter lors de sa nomination à Matignon), lui donnant du «cher José Luis» quand l'autre l'appelait «cher Dominique». Pour illustrer leur «relation exceptionnelle», Villepin s'est payé le luxe de s'exprimer en espagnol lors de leur conférence de presse commune, langue qu'il maîtrise parfaitement.

Sur le fond, si les discussions ont porté sur les coopérations en matière de transports, de santé et de recherche, le locataire de Matignon a également beaucoup insisté sur l'immigration, le sujet de prédilection de Nicolas Sarkozy. Dominique de Villepin et José Luis Zapatero ont décidé de lancer une initiative conjointe au prochain sommet européen pour «une grande politique de l'immigration en Europe». Financée par l'UE, elle devrait reposer sur la maîtrise des frontières «dans le but d'éviter l'hémorragie vers le Nord», mais aussi sur le codéveloppement et la coopération avec les pays africains. «La France fera des avancées, des propositions pour traiter cette question avec courage, imagination et audace», a expliqué Dominique de Villepin. Et d'ajouter : «Après le 29 mai, il est nécessaire de relancer l'Europe sur des sujets concrets.»

Au sujet du message adressé par l'ETA à Nicolas Sarkozy pour demander à la France de participer aux négociations avec l'Etat espagnol, il s'est montré très clair, opposant une fin de non-recevoir. «Il n'appartient à aucun moment à la France d'interférer, de s'immiscer (...), d'aller plus loin que la coopération dans la lutte contre le terrorisme», a-t-il déclaré.

Sources : LIBERATION

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