VILLEPIN SARKOZY : PARTIE LIEE
Villepin-Sarkozy : partie liée

La bataille des «primaires» n'aura pas lieu. Pour des raisons qui tiennent à l'arithmétique (Nicolas Sarkozy contrôle solidement l'UMP) comme à la force de l'idée (difficile de dénier aux militants le droit de soutenir «leur» candidat), les partisans de Dominique de Villepin ne se lanceront pas dans un combat qui, à beaucoup, paraît perdu d'avance. Tout au plus, peuvent-ils prendre date en pointant les zones d'ombre du processus ou ses insuffisances, dans l'espoir, le moment venu, d'en minimiser la portée.
Souvent invoquées, jamais appliquées, les «primaires», nées en 1991 du désir de départager l'UDF Giscard et le RPR Chirac, seront donc très probablement mises sur les rails. Sarkozy s'en réjouira, Villepin moins. Rien ne dit cependant que le processus sera pour l'un l'avantage décisif que l'on dit, ni pour l'autre le handicap rédhibitoire que certains croient.
Pour le ministre de l'Intérieur, en effet, le système qui se dessine est un atout indéniable, mais il n'est pas une garantie de succès : en 1981, Jacques Chirac avait été soutenu par le RPR (aux dépens de Michel Debré et de Marie-France Garaud). En 1988, aussi. Dans les deux cas, cela n'a pas suffi.
Pour le premier ministre, à l'inverse, les primaires compliquent la donne, et notamment la donne financière dès lors que Nicolas Sarkozy a fait savoir que le financement de l'UMP serait réservé au candidat «officiel» du parti, mais elles ne lui interdisent en rien, s'il le souhaite, de se présenter directement devant les Français. En 2002, Jacques Chirac n'a pas jugé utile de demander le soutien du RPR. Cela ne l'a pas empêché de gagner.
Au fond, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy le savent bien, ce n'est pas sur le terrain de la mécanique partisane que se soldera leur rivalité mais ailleurs, et sans doute avant, devant le tribunal de l'opinion, auprès duquel ils doivent faire valoir leur capacité à gérer les problèmes de l'instant et à inventer les solutions pour demain. Cette identité d'objectifs est sans doute la meilleure garantie d'une paix relative : ni l'un ni l'autre n'a intérêt, aujourd'hui, à l'affrontement.
Nicolas Sarkozy occupe depuis longtemps le champ de l'alternative. En faisant le choix de la participation gouvernementale, il a pris l'engagement d'oeuvrer sans attendre : ses électeurs ne comprendraient pas qu'il déserte les chantiers de l'immigration ou de la prévention pour se replier avant l'heure sur la citadelle UMP. Dominique de Villepin, en quelques mois et autant d'épreuves surmontées, a su s'imposer sur la scène de la gestion. Il doit maintenant convaincre de sa capacité à transformer les choses : plus que d'une guérilla avec Sarkozy il a besoin de creuser le sillon des réformes (contrat nouvelle embauche, bouclier fiscal, apprentissage, etc.) afin de remettre la France sur le chemin de l'emploi.
Résultats d'abord. La crise des banlieues, qui les a vus, divisés, frôler le désastre puis, unis, triompher dans les sondages, est un signal sans équivoque. Aux yeux des Français, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, qu'ils le veuillent ou non, ont – pour un temps du moins – partie liée.
Sources : LE FIGARO
Posté par Adriana Evangelizt