LE DUEL S'ANNONCE RUDE
Il est fort probable que l'année 2006 pourrait se montrer fratricide, si l'on peut se permettre de parler ainsi, vu que les deux hommes sont loin d'être des frères. Il va donc falloir que DDV présente un programme cohérent, innovateur et qu'il se démarque de Sarko qui n'a pas la faveur du Peuple Français, qu'on se le dise... entre les propos outranciers, l'esprit répressif et belliqueux, l'ambition démesurée qui le taraude et qu'il n'arrive pas à camoufler ni à maîtriser, on n'a que l'embarras du choix sur les "défauts" de Sarko qui ne plaisent pas à la majorité de la population. Quoiqu'en dise ceux qui continuent de le pousser dans cette voix ou qui le soutiennent.
Il est donc essentiel que Dominique de Villepin fasse preuve d'imagination dans divers domaines concernant la France et les Français. Nous publierons donc des textes où certaines personnes donnent des idées que ce soit pour lutter contre le chômage, pour la réhabilitation de l'emploi etc...
Je tiens aussi à signaler -car nous n'avons pas le temps de répondre à tous ceux qui nous écrivent- que malgré le blog consacré à Ségolène Royal, nous continuerons de soutenir Dominique de Villepin pour qu'il se présente contre Sarkozy. Que les choses soient claires même si cela peut sembler anachronique à certains...

Villepin-Sarkozy : la drôle de guerre
par Emmanuel-Georges Picot
Leur duel à fleurets mouchetés aura rythmé l'année 2005 à droite. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy se sont livrés tout au long de l'année à une drôle de guerre, qui pourrait préluder à un affrontement fratricide pour la présidentielle de 2007.
L'effacement de Jacques Chirac depuis la victoire du "non" au référendum du 29 mai a déclenché la guerre de succession entre Villepin "le dauphin" et Sarkozy "l'homme pressé", qui cohabitent tant bien que mal au gouvernement.
Le ton est donné dès le début de l'année. Le 13 janvier, Nicolas Sarkozy se prononce pour un "débat démocratique" pour désigner le candidat UMP à la prochaine élection présidentielle. S'il n'utilise pas le mot de primaires, tout le monde y pense.
Celui qui a quitté le 29 novembre 2004 le gouvernement pour prendre la présidence de l'UMP est alors en position de force. Favori des sondages, "Sarko", entré en campagne depuis mai 2002, déchiraquise à toute allure l'UMP pour en faire un instrument au service de son ambition.
Le président de l'UMP lance la préparation de son projet pour 2007, à travers des conventions thématiques qui sont autant d'occasions de se démarquer du gouvernement qu'il est censé soutenir.
Pendant ce temps, Dominique de Villepin, successeur de M. Sarkozy au ministère de l'Intérieur, se prépare pour Matignon, lorgnant ouvertement le fauteuil occupé depuis trois ans par un Jean-Pierre Raffarin à bout de souffle.
La campagne référendaire voit les deux hommes s'affronter. Alors que Nicolas Sarkozy critique le modèle social français à chacun de ses meetings, Dominique de Villepin le défend. Quand le président de l'UMP estime que seuls ceux qui ont affronté le suffrage universel "ont le droit de parler au nom de la France", tout le monde y voit une attaque contre son rival, qui ne s'est jamais présenté à une élection.
C'est pourtant cet attelage improbable que Jacques Chirac appelle au gouvernement au lendemain du référendum. Dominique de Villepin est nommé à Matignon et Nicolas Sarkozy revient place Beauvau avec le statut de No2 du gouvernement. Face à l'ampleur du "non", le chef de l'Etat cède à toutes les conditions fixées par M. Sarkozy et accepte ce qu'il refusait un an plus tôt, le cumul d'un ministère avec la présidence de l'UMP.
"Sarko" feint de ne pas s'inquiéter de la rivalité potentielle du nouveau Premier ministre, qui revendique lui aussi le statut de chef de la majorité. "Villepin, c'est Chirac", glisse-t-il le 11 juin en marge d'une réunion de l'UMP.
Mais l'hospitalisation le 2 septembre de Jacques Chirac précipite la montée en puissance de Dominique de Villepin, dont la cote a grimpé durant l'été après des débuts jugés réussis.
A La Baule, où l'UMP tient le même week-end son université d'été, le Premier ministre marque des points. Les ennuis de santé de Jacques Chirac lui permettent de poser en héritier. L'image de l'hôte de Matignon prenant un bain de mer alors que son No2 l'attendait en terrasse pour un petit déjeuner restera comme un modèle de coup médiatique. Pour la première fois depuis 2002, le président de l'UMP, qui n'a pas le moral en raison de ses difficultés conjugales, semble accuser le coup.
Au gouvernement, les deux rivaux -qui se vouvoient- s'épient et se jaugent. La course à l'échalote est quotidienne. Il suffit que l'un sorte une idée sur la réforme fiscale, l'immigration ou la modernisation de l'Etat pour que l'autre la reprenne.
A l'automne, la crise des banlieues oblige cependant les deux hommes à faire front commun, après quelques jours de flottement. Mais chacun tente de tirer les marrons du feu, Sarkozy, en incarnant le retour à l'ordre, Villepin, en imposant l'état d'urgence.
Si le président de l'UMP en bénéficie le premier en termes de popularité, le Premier ministre marque là encore des points. Il talonne désormais Nicolas Sarkozy dans les sondages.
Les hostilités ne sont cependant pas encore lancées. Le 6 décembre, les deux rivaux parviennent contre toute attente à un accord sur le principe d'un vote des militants pour choisir le candidat soutenu par l'UMP à la présidentielle. Chacun a besoin de temps: Sarkozy, pour ne pas entamer trop vite la dernière ligne droite, et Villepin pour avoir un bilan à présenter le cas échéant aux Français. L'année 2006 sera-t-elle celle du début de la guerre ouverte ?
Sources : NOUVEL OBSERVATEUR
Posté par Adriana Evangelizt